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Elle représente tout ce qui est généralement accepté pour le règlement d'une dette ou d'un achat de biens ou de services. L'évolution de la monnaie en tant que système de régularisation des transactions économiques d'une société constitue un pas en avant important par rapport aux premières formes d'échange basées sur le TROC, une transaction au cours de laquelle des biens et des services sont échangés contre d'autres biens ou services plutôt que contre de l'argent. Le troc est parfois utilisé aujourd'hui comme forme d'évasion fiscale et dans le commerce international.


Mots-clés
Finance

La monnaie a au moins trois rôles : elle sert de moyen d'échange, d'unité mesurant la valeur des biens et services, des dettes et des salaires, et de réservoir de valeurs. Ces trois rôles sont interreliés, bien que certains théoriciens, dont les keynésiens et les marxistes, soulignent que la monnaie doit avoir une valeur intrinsèque correspondant au travail, comme l'OR ou l'ARGENT, tandis que d'autres, comme les monétaristes, soutiennent que la caractéristique la plus importante de la monnaie reste sa qualité de moyen d'échange.

Dans nombre de sociétés anciennes, l'or et l'argent servaient de monnaie. Ils avaient une valeur intrinsèque, pouvaient aisément être transportés et divisés et étaient inaltérables. Les pièces d'or et d'argent étaient frappées par l'ÉTAT (voir MONNAIE). L'évolution de l'ACTIVITÉ BANCAIRE par les orfèvres européens du XVIIe siècle marque la transition au papier-monnaie. Les orfèvres émettent des traites avalisées par l'or qu'ils conservent dans leurs chambres fortes. Au cours des XVIIIe et XIXe siècles, les pays européens établissent des banques centrales pour réguler leur système monétaire. À la fin du XIXe siècle, la plupart ont monopolisé l'émission du papier-monnaie, garantie par une couverture en lingots d'or. De nos jours cependant, les monnaies des principaux pays ne reposent plus légalement sur une couverture-or (voir ÉTALON-OR).

Des cartes à jouer représentent le premier papier-monnaie du Canada : coupées spécialement et signées par le gouverneur, elles sont émises en 1685 pour pallier le manque chronique de pièces d'argent françaises et espagnoles alors utilisées en Nouvelle-France (voir MONNAIE DE CARTE). Les cartes à jouer n'ont aucune valeur intrinsèque, mais leur valeur inscrite est garantie par le gouvernement de la colonie. Pour payer les dépenses occasionnées par la guerre de Sept Ans, le gouvernement émet d'énormes quantités de papier-monnaie, dont la valeur n'est pas garantie, ce qui entraîne une INFLATION galopante.

Après la Conquête (1759-1760), les Anglais introduisent la livre sterling, et, pendant presqu'un siècle, les livres, shillings et pences constituent la monnaie officielle du Canada. En pratique, cela signifie qu'aux nombreuses espèces de monnaie déjà existantes correspond une valeur en livres sterling. La piastre espagnole vaut cinq shillings, soit quatre piastres espagnoles pour une livre, valeur fixée en premier lieu par les marchands d'Halifax. Des billets de banque sont imprimés, y compris une coupure de quatre piastres, pour se conformer à la valeur officielle de la livre, différente de celle de la livre britannique. La monnaie britannique ne prévaut jamais, et de nombreuses monnaies circulent au pays pendant la première moitié du XIXe siècle, sans oublier la monnaie provinciale de la Nouvelle-Écosse, les dollars américains, les piastres espagnoles, les pièces d'or américaines et les « billets de l'armée » utilisés par les troupes britanniques au cours de la Guerre de 1812. L'utilisation de la monnaie de l'armée habitue les Canadiens à l'idée d'un papier-monnaie sûr.

La décision de rejeter la monnaie britannique et d'adopter un système décimal semblable à celui des États-Unis date des 20 années précédant la Confédération. Une loi de 1858 exige que la comptabilité du gouvernement de la Province du Canada soit tenue en dollars plutôt qu'en livres. À la même époque, le gouvernement émet sa propre monnaie qui circule en même temps que les billets émis par la BANQUE DE MONTRÉAL et d'autres banques. Au cours des premières décennies suivant la Confédération, la majorité des Canadiens présument qu'un dollar est un dollar, qu'il soit émis par les gouvernements de Washington ou d'Ottawa, ou par une banque. Le système monétaire du Canada reste toujours équivalent à celui des États-Unis, exception faite de certaines différences. En 1870, le gouvernement du Dominion émet des SHINPLASTERS, soit des billets de 25 cents, pour neutraliser les effets de la surabondance de pièces d'argent américaines au pays, qui ne valent que 0,80 $ par rapport au dollar canadien de l'époque.

Le premier écart sérieux entre les dollars américain et canadien survient lors de la période de forte inflation qui suit la Première Guerre mondiale (voir TAUX DE CHANGE). Le dollar canadien chute à 0,84 $US en 1920, mais il se redresse vite et se stabilise à environ 1 $US durant la dernière moitié des années 20. Pendant la Crise des années 30, le $CAN chute encore à quelque 0,80 $US, son niveau le plus bas jusqu'à récemment, mais il se rétablit avant l'économie et atteint jusqu'à 1,04 $US au milieu des années 30. Pendant la Deuxième Guerre mondiale, le $CAN vaut environ 0,91 $US. De 1952 à 1962, on le laisse flotter plutôt que de lui attribuer une valeur fixe en $US. Il vaut ainsi souvent plus que le $US à cause de la multitude d'investissements américains au pays.

Le dollar traverse une crise au cours de la campagne électorale fédérale de 1962, et il se stabilise à 0,925 $US. En 1970, on laisse de nouveau le $CAN flotter et il surpasse rapidement le $US. Cette hausse est cependant trompeuse : l'élection du Parti québécois en 1976 provoque la chute du $CAN, qui descend jusqu'à 0,69 $US le 4 février 1986.

Il se redresse ensuite jusqu'à 0,87 $US, grâce surtout aux taux d'intérêt plus élevés qu'impose la Banque du Canada pour éliminer l'inflation. Cependant, la baisse des taux d'intérêt durant la récession et les nouvelles inquiétudes que suscite l'avenir du Québec font à nouveau reculer le dollar canadien face au dollars américain. En 1998, l'extension de la crise financière asiatique et la baisse consécutive des prix des exportations canadiennes le font littéralement plonger jusqu'à un plancher historique de 0,63 $ US vers la fin de l'été. C'est pourquoi, malgré le ralentissement de l'économie, la Banque du Canada relève son taux d'intérêt de 1 % pour rétablir la confiance internationale dans la devise canadienne. À la fin de 1998, avec des prix à l'exportation toujours bas, le dollar canadien vaut environ 0,655 $US.

Les années 70 raniment l'opinion selon laquelle l'inflation résulte essentiellement d'une trop grande quantité de monnaie, et l'on tente donc de restreindre la masse monétaire (voir POLITIQUE MONÉTAIRE). La masse monétaire (somme globale de monnaie dans l'économie) comprend le numéraire, les dépôts bancaires, les dépôts dans les établissements financiers, certains effets à court terme et parfois les cartes de crédit.

La Banque du Canada a plusieurs définitions opérationnelles de la masse monétaire, la plus restreinte étant la M-1, monnaie en circulation hors des banques à charte, soit le total de la monnaie détenue par les particuliers et les dépôts bancaires pouvant être retirés sans préavis. Cette définition ne correspond pas à la définition américaine de la M-l, qui comprend en plus les dépôts d'épargne avec chèques (soit l'équivalent de M-1B au Canada). Avant 1982, la Banque du Canada essaie de régulariser la masse de M-l (qui s'élève à l'époque à environ 30 milliards de dollars, dont 13 milliards en monnaie) pour restreindre la masse monétaire dans l'espoir de faire reculer l'inflation. Mais l'avènement des opérations bancaires informatisées rend difficile la tâche de déterminer si M-1 peut évaluer avec précision la masse monétaire existante. En 1993, la M-1 atteint 55,5 milliards de dollars, dont 24,4 milliards en numéraire.

La deuxième définition de la masse monétaire, M-2, plus large que la précédente, inclut M-1B, les dépôts à terme et l'épargne personnelle sans tirage de chèques, de même que certains dépôts à préavis dans des institutions financières par des compagnies avec ou sans privilège de chèques. La définition canadienne de M-2, qui atteint près de 346 milliards de dollars vers la fin de 1993, équivaut à la définition américaine. La définition la plus large de la masse monétaire est M-3. Elle englobe M-2 et les dépôts à terme non personnels, y compris les certificats de dépôt détenus par les entreprises. M-3 s'élève à 577 milliards de dollars à la fin de 1993. La valeur globale de la masse monétaire équivaut à M-3 plus les dépôts du gouvernement canadien dans les banques à charte.

Le système monétaire du Canada est, bien entendu, lié au système monétaire international, qui connaît une grave crise au début des années 80. Cette crise se manifeste par des taux d'inflation élevés, même par une hyperinflation dans un grand nombre de pays, des taux d'intérêt élevés, l'irrégularité des prix de l'or et de l'argent, et le problème presque insoluble de l'endettement du Tiers-Monde.

Le processus d'évolution de la monnaie, qui remonte à plusieurs milliers d'années, est toujours en marche. Il est difficile de prédire l'orientation exacte que prendra cette évolution, mais certains éléments des fonctions monétaires (réservoir de valeurs, unité de mesure de valeur et moyen d'échange) seront conservés.


Wampum, ceinture
Les autochtones utilisaient la ceinture wampum comme monnaie ou pour enregistrer les traités et régler les différends (avec la permission des Musées nationaux du Canada/Musée canadien des civilisations /575-620).

Monnaie, perles de verre
Les perles de verre étaient utilisées pour les échanges avec les Européens avant d'être converties en monnaie (photo de James Zagon/avec la permission du Musée de la monnaie, Banque du Canada).

Pièce d’or
Pièce d'or de la Nouvelle-France de 1724 (photo de James Zagon/avec la permission du Musée de la monnaie, Banque du Canada).

Cartes servant de monnaie
La monnaie de carte est inventée pour venir à bout d'une pénurie de monnaie en Nouvelle-France. À l'arrivée du navire du roi, la monnaie de carte est remboursée en espèces (avec la permission des Bibliothèque et Archives Canada/C-17069).

Pièce de un cent
Pièce d'un cent de 1858 (photo de James Zagon/avec la permission du Musée de la monnaie, Banque du Canada).

Billet de un dollar
Billet de un dollar, 1870. Ce sont les premiers billets émis par le nouveau gouvernement du Canada (photo de James Zagon/avec la permission du Musée de la monnaie, Banque du Canada).

Billet de 50 000 $
Billet de 50 000 $ (photo de James Zagon/avec la permission du Musée de la monnaie, Banque du Canada).

Pièce de cinq cents (en nickel)
L'origine du nom familier anglais de la pièce canadienne de cinq cents (nickel) vient du métal utilisé pour la fabriquer; pièce émise en 1955 (photo de James Zagon/avec la permission du Musée de la monnaie, Banque du Canada).

Billet de cinq dollars
Face d'un billet de cinq dollars de la Banque Royale du Canada (1943; photo de James Zagon/avec la permission du Musée de la monnaie, Banque du Canada).

Plue, pièce d’un
Pièce d’un plue de la Compagnie de la baie d’Hudson du district d'Eastmain (à droite) (photo de James Zagon/avec la permission du Musée de la monnaie, Banque du Canada).

Auteur D. MCGILLIVRAY rév ERIC BEAUCHESNE


Liens supplémentaires
Glossaire : Le secteur financier
Ce glossaire contient la définition de termes fréquemment utilisés dans le secteur financier. Par l'Agence de la consommation en matière financière du Canada.

Monnaie royale canadienne
Site officiel de la Monnaie royale canadienne. Découvrez le musée en ligne et d'autres présentations multimédias.

Radio-Canada.ca: Économie
Source de l'information sur l'économie canadienne. Par Radio-Canada.

Association des banquiers canadiens
Ce site de l’Association des banquiers canadiens propose une liste des banques nationales et internationales exploitées au Canada, une chronologie historique interactive, des renseignements précieux pour les clients et des ressources connexes. L’ABC est le principal organisme des banques canadiennes et la plus ancienne association sectorielle du pays.

Billets de banque
Ce site de la Banque du Canada retrace l'histoire des billets de banque au Canada et présente des renseignements actuels sur la monnaie de papier.Comprend également des astuces pour distinguer les billets de contrefaçon des billets authentiques canadiens.

Musée de la monnaie
Observez l'évolution de la monnaie à travers les âges et de par le monde au Musée de la monnaie de la Banque du Canada.

Caisse de Dépôt et Placement du Québec
Le site Web de la Caisse de Dépôt et Placement du Québec, le plus important gestionnaire de fonds institutionnels au Canada et une institution financière de premier plan au Québec.

Taux de change
Permet de connaître instantanément l'équivalent en dollars canadiens d'une somme en devise, et vice-versa. Par la Banque du Canada.

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