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Le surf des neiges consiste à descendre une pente enneigée sur un large ski plat. Contrairement au ski alpin, ce sport ne nécessite pas l'usage de bâtons et les deux pieds sont posés de biais sur une même planche. Sport d'hiver relativement nouveau, le surf des neiges gagne en popularité dans les années 1960; considéré d'abord comme la dernière mode du jour, il devient assez vite une discipline olympique officielle.


Origines
La « planche à neige » doit son origine au concept de la planche de surf. En Amérique du Nord, la première planche à neige commercialisée, le Snurfer, fait son apparition au plus fort de la vague de surf des années 1960. L'invention en est attribuée à Sherman Poppen, un ingénieur chimiste de Muskegon, au Michigan. En s'amusant un jour à faire de la luge avec ses filles derrière sa maison, il remarque que l'une d'elles descend la pente en se tenant debout sur sa luge. Dans la décennie qui suit, Poppen vendra plus d'un demi-million de Snurfers. Jake Burton, un courtier en placements de New York qui, durant son adolescence, adorait le Snurfer, modifie sa version originale en utilisant des matériaux plus légers et en y ajoutant des fixations, ce qui en accroît la manœuvrabilité et la maîtrise. Cependant, du fait de son poids, la planche ne peut être utilisée que sur des terrains très enneigés, car elle ne permet pratiquement pas d'effectuer des virages ailleurs que dans une poudreuse très épaisse.

La planche à neige connaît sa plus grande transformation entre les mains de Tom Sims, un héritier de la culture californienne du surf et de la planche à roulettes. Son intérêt pour la planche à roulettes l'ayant amené à en fabriquer, c'est de l'usine qu'il a fondée que sortira sa première planche à ski brevetée, nommée Flying Yellow Banana. Avec ses associés Jay et Jeff Grell, Sims fabrique une planche d'un poids plus proche de celui d'une planche à roulettes, et y ajoute des fixations hautes qui la rendent aussi manœuvrable qu'une planche de surf.

La planche à neige devient très populaire dans les années 1980. À l'instar de la culture dont il est issu, le surf des neiges est perçu comme un loisir pour les rebelles, les adolescents casse-cou qui exécutent des cascades dangereuses en apparence et imprudentes avec un équipement rudimentaire. Sur les pentes, les surfeurs des neiges sont plutôt accueillis avec hostilité par les skieurs, qui affirment qu'ils détruisent les pistes, coupent leur chemin en travers des pentes, gâchant ainsi leur descente. Pourtant, en fin de compte, les propriétaires de centres de ski n'ont d'autre choix que de laisser les surfeurs des neiges partager les pistes avec les skieurs. Au début, ce sont les plus petits centres et les moins fréquentés qui accueillent les surfeurs, mais au fur et à mesure que le sport devient mieux connu et que l'habileté de ses adeptes s'améliore, ces sportifs gagnent l'accès aux centres plus importants.


Compétitions

Au fur et à mesure que les athlètes deviennent plus habiles, de nombreuses compétitions locales et internationales s'adaptent pour leur permettre de montrer et d'affiner leur talent face à leurs pairs. Les épreuves de ces compétitions sont le big air (grand saut), le boardercross (course d'obstacles ou épreuve de cross), l'épreuve slopestyle (enchaînement de figures sur différents modules), le halfpipe (l'épreuve de demi-lune) et le slalom. Pour le grand saut, les compétiteurs effectuent des acrobaties aériennes. Dans l'épreuve de cross, plusieurs planchistes disputent une course difficile jusqu'à la ligne d'arrivée. Dans l'épreuve de demi-lune, ils font des figures et des sauts dans une structure aux parois hautes et arrondies qui ressemble à un demi-tuyau, d'où son nom. Dans le slopestyle, le parcours comporte des surfaces planes, des tremplins de saut et des bosses que les planchistes doivent franchir le plus rapidement possible. Enfin, dans le slalom, les surfeurs s'affrontent dans une course de descente. Les Championnats du monde de surf des neiges, les Jeux extrêmes d'hiver et, depuis 1998, les Jeux olympiques d'hiver, sont les événements sportifs les plus largement télédiffusés qui présentent des épreuves masculines et féminines de ce sport. Les Jeux extrêmes s'adressent aux professionnels et les prix en argent dépassent les 200 000 $. Tous les types d'épreuves sont disputés aux Championnats mondiaux et aux Jeux extrêmes d'hiver. Au début, par contre, la compétition olympique de surf des neiges ne comprenait que les épreuves de slalom et de demi-lune; la course d'obstacles a été ajoutée en 2006.


Le surf des neiges au Canada

La Fédération de surf des neiges du Canada (FSNC), fondée en 1991, a pour mission de réglementer ce sport de compétition au Canada. La FSNC ratifie, surveille et encourage tous les programmes canadiens de compétition concernant ce sport. Elle est reconnue comme la représentante officielle du surf des neiges au Canada par des organismes nationaux et internationaux comme l'Association canadienne de ski et de surf des neiges (CSSA), la Fédération internationale de ski (FIS), la Fédération internationale de surf des neiges (WSF) et l'Association olympique canadienne (AOC). L'Association canadienne des sports d'hiver (ACSH) représente le Canada auprès de la Fédération internationale de ski (FIS), l'organisme mondial de réglementation du ski et du surf des neiges.

C'est dans la controverse qu'en 1998 le surf des neiges fait son entrée aux Jeux olympiques. Le Canadien Ross REBAGLIATI remporte la première médaille d'or dans cette nouvelle discipline officielle. Grâce à son intrépidité et à son expérience, il ne se laisse pas démonter par le mauvais temps qui sévit aux première et deuxième manches, et il remporte la médaille d'or. Toutefois, trois jours plus tard, le Comité international olympique (CIO) annonce que l'athlète a subi un test qui s'est révélé positif à la marijuana et lui retire sa médaille. Rebagliati est catégorique : il n'a pas consommé de marijuana depuis 1997; il aurait plutôt été exposé à la fumée secondaire de cette substance lors d'une fête donnée par ses amis en son honneur, avant son départ pour Nagano. L'Association olympique canadienne en appelle de la décision et, cinq jours après avoir gagné sa médaille d'or, le Tribunal arbitral du sport valide sa victoire. La marijuana figure sur la liste des substances interdites de la FIS, mais pas sur celle du CIO, l'organisme régissant les Jeux olympiques; la médaille est donc restituée. (Rebagliati ne l'avait en fait jamais remise.) Les critiques du surf des neiges estiment que l'on devait s'attendre à ce genre de cirque dans un sport si étroitement lié à la jeunesse et à une culture non conformiste, et que ces événements ne font que confirmer ce que pensaient bien des gens au sujet de ce sport depuis son apparition dans les années 1960. D'autres, toutefois, ont loué l'attitude de Rebagliati dans les circonstances, ainsi que sa loyauté indéfectible envers ses amis, et ont affirmé qu'il s'agissait là des caractéristiques inhérentes à la culture du surf des neiges.

Malgré les critiques, ce sport est de plus en plus apprécié et pratiqué tant pour le plaisir qu'en compétitions internationales. Outre Ross Rebagliati (médaillé d'or aux Jeux olympiques de Nagano en 1998), de nombreux Canadiens se sont distingués aux classements de la Coupe du monde, dont Jasey-Jay ANDERSON (champion de la Coupe du monde FIS en 2001), Darren Chalmers (médaille d'or en Coupe du monde FIS en 1998 et 1999) et Mark Fawcett (médaille d'or en Coupe du monde en 1999 et 2000). Parmi les athlètes féminines dominantes, citons Natasza Zurek (médaille d'or en Coupe du monde FIS en 2001) et Alexa Loo (médaille d'or en Coupe d'Europe FIS en 2001).

Aux Jeux de Salt Lake City en 2002, les surfeurs des neiges canadiens ne parviennent pas à réitérer l'exploit accompli par Rebagliati à Nagano, en 1998; Jérôme Sylvestre se classe 6e au slalom géant parallèle masculin et Trevor Andrew, 9e à l'épreuve de demi-lune et Jasey-Jay Anderson, donné favori pour une médaille avant les Jeux, termine 29e au slalom géant parallèle masculin. Ce sont les Américains qui auront dominé ce sport à Salt Lake City. La victoire écrasante à l'épreuve de demi-lune, où Ross Powers, Danny Kass et Jarret Thomas remportent respectivement l'or, l'argent et le bronze, est une première internationale pour ce sport. L'Américain Chris Klug, quant à lui, s'étant remis d'une maladie du foie et d'une greffe subséquente, remporte le bronze au slalom géant parallèle.

Aux Jeux olympiques de 2006 à Turin, en Italie, la planchiste québécoise Dominique Maltais remporte la médaille de bronze à l'épreuve de cross. Elle est la deuxième athlète canadienne à gagner une médaille en surf des neiges aux Jeux olympiques. Maelle Ricker, de la Colombie-Britannique, se rend en finale à l'épreuve féminine de cette épreuve, mais rate sa chance de remporter une médaille, se classant quatrième après une grave chute. Le Canada ne remporte aucune médaille dans les épreuves masculines de surf des neiges en 2006.

Par contre, les Canadiens dominent la Coupe du monde de surf des neiges de 2008. Matthew Morison, de l'Ontario, remporte l'or, et Jasey-Jay Anderson, du Québec, le bronze. Les Canadiennes offrent aussi une bonne performance au championnat de 2008, où Kimiko Zakreski, de Calgary, remporte l'argent.

Au Championnat mondial de surf des neiges de 2009, qui se tient à Gangwon en République de Corée, le Canada termine troisième pour le total de médailles gagnées, Jasey-Jay Anderson remportant l'or et Matthew Morison, l'argent, dans l'épreuve masculine de slalom géant parallèle, et l'Ontarien Jeff Batchelor, l'argent dans l'épreuve de demi-lune. L'Autriche termine première, ayant gagné six médailles; la Suisse, quant à elle, en a gagné quatre. Les Canadiens se classent quatrièmes dans les épreuves de cross tant féminines que masculines. Tom Velisek et Maelle Ricker représentent le Canada en snowboardcross. Les résultats obtenus à la Coupe du monde et au Championnat mondial placent le Canada dans une bonne position pour les Jeux olympiques de 2010 à Vancouver.

Voir aussi JEUX OLYMPIQUES.

Auteur ADAM FAITHFULL Révision PATRICIA BAILEY


Bibliographie
Susanna Howe, Sick: A Cultural History of Snowboarding (1998); Paolo Codeluppi, Luciana Rota, Stefano Martignoni, Massimiliano Angeli, Extreme Snowboarding (1998); George Sullivan, Snowboarding (1997)


Liens supplémentaires
Athlètes olympiques canadiens
Le site Athlètes olympiques canadiens présente une base de données consultable de photographies d'athlètes canadiens qui ont participé aux Jeux olympiques depuis le début du XXe siècle. Par Bibliothèque et Archives Canada.

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