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Environnement naturel
La région des cultures subarctiques couvre une grande partie de la zone de forêts de conifères nordiques ou boréales de 5 millions de km2 qui s'étend depuis la toundra arctique jusqu'aux montagnes, aux plaines ou aux forêts à feuilles caduques du Sud, et à travers l'Amérique du Nord, du Labrador jusqu'à la mer de Béring. Les trois quarts de cette région parsemée de nombreux lacs et traversée d'un nombre considérable de cours d'eau s'étendent sur le Bouclier canadien, la baie d'Hudson et les basses-terres du fleuve Mackenzie. Le reste se compose à l'Ouest de chaînes de montagnes, de plateaux et des basses-terres le long du fleuve Yukon. Les hivers sont longs et rudes, mais le feuillage des forêts et la neige assurent un abri aux êtres humains et aux animaux. La température descend souvent jusqu'à - 40°C en hiver, mais peut monter à 30°C durant l'été.


Mots-clés
Autochtones

Les mammifères communs de la région sont l'orignal, le caribou, l'ours noir, le moufflon de Dall (montagnes du Nord-Ouest), le castor, le lièvre, ainsi que la marmotte, appelée aussi chien de prairie, et leur présence s'avère importante pour la subsistance et l'apport de matières premières. Certains de ces animaux fournissent les fourrures destinées au commerce, mais on vend également celles du carcajou, de la loutre, de la martre, du vison, de la belette, du rat musqué, du lynx, du loup, du coyote et du renard. En certains endroits, on trouve également le boeuf musqué, le bison et le wapiti. Les cours d'eau et les lacs regorgent de plusieurs espèces de poissons, parmi lesquelles on trouve le poisson blanc (corégone), le brochet, la truite de lac, l'omble et la barbotte dans le réseau hydrographique de l'Arctique ainsi que le saumon dans le Pacifique et, en quantité moindre, dans les cours d'eau et les lacs de la région de l'Atlantique. Des oiseaux aquatiques migrateurs traversent la région subarctique en grand nombre en certaines saisons.

Autochtones : la région subarctique


Principaux groupes de tribus et langues

La majorité des tribus de la région subarctique orientale parlent des langues appartenant à la famille algonquienne. Celles de la région subarctique occidentale, des langues rattachées à l'athapaskan. Les Algonquiens du nord de la région, dont les ATTIKAMEKS et les INNUS (MONTAGNAIS-NASKAPIS) du Québec et du Labrador, parlent des dialectes apparentés à la langue cri, alors que les dialectes des Algonquiens du sud appartiennent à la langue ojibwée. Les BÉOTHUKS de Terre-Neuve parlent une langue d'affinité incertaine. Les linguistes ont identifié plus de 20 langues différentes rattachées à l'athapaskan du Nord à l'intérieur de la région subarctique occidentale, y compris l'Alaska (voir AUTOCHTONES, LANGUES DES).


Montagnais, indiens
Construisant un canot d'écorces, dans le Nord du Québec, vers 1863 (photo attribuée à Alexander Henderson, avec la permission des Bibliothèque et Archives Canada/PA-148587).
La plupart des autochtones de la région subarctique ne sont pas politiquement constitués en tribus, mais on peut les diviser en groupes identifiés, membres de bandes voisines (populations régionales exploitant des territoires définis), parlant le même dialecte et unis par des liens de parenté et des traditions communes. À l'intérieur des deux principales familles linguistiques, des groupes voisins partagent souvent des modes de vie similaires. Le fait qu'on trouve une plus grande diversité linguistique et culturelle chez les Athapaskans que chez les Algonquiens s'explique peut-être par les variations géographiques de la région subarctique occidentale, plus nombreuses que dans l'Est.


Résumé historique

Les contacts avec les Européens transforment profondément les cultures de la région subarctique. Les conséquences de ces rapports varient suivant les époques et les endroits. Les premiers contacts survenus au XVIIe siècle provoquent d'importantes migrations de certains groupes de la région, comme les CRIS, et amènent un régime nouveau et différent de relations intertribales. Le XIXe siècle se caractérise par des rapports directs entre les autochtones et les Européens actifs dans la TRAITE DES FOURRURES. Ces relations entraînent des conséquences dont la gravité varie d'un groupe à l'autre. À Terre-Neuve, à la suite de la perte de leur habitat et de massacres par les Blancs, les Béothuks disparaissent complètement en 1829.

Par contre, leurs voisins innus (montagnais-naskapis) développent une économie basée sur le piégeage et l'instauration de liens commerciaux avec les Européens. Ils s'adaptent très bien aux nouvelles conditions imposées par les contacts avec les Européens : ceux-ci ont besoin d'eux pour prendre les animaux à fourrure mais n'ont pas un besoin immédiat de leurs territoires de chasse. D'autres groupes autochtones, comme les Cris, deviennent les intermédiaires dans le commerce des fourrures entre la COMPAGNIE DE LA BAIE D'HUDSON (CBH) et les Athapaskans de la région subarctique de l'Ouest. À partir de 1789, à la suite des expéditions d'Alexander MACKENZIE le long de la rivière de la Paix et du fleuve Mackenzie, la COMPAGNIE DU NORD-OUEST , une compagnie concurrente, crée des postes de traite qui lui permettent de développer des liens directs avec les Athapaskans. En 1821, ces postes sont rachetés par la CBH qui continue d'exercer une grande influence dans la région.

Le XXe siècle est témoin du développement des ressources industrielles du Nord et de l'arrivée de non-autochtones dans la région subarctique. Ces transformations incitent les autochtones de la région à exercer des pressions en faveur du règlement de leurs REVENDICATIONS TERRITORIALES et d'une prise en main accrue de leurs affaires.


Culture traditionnelle

Tous les autochtones de la région subarctique subsistent de chasse, de pêche, de piégeage et de cueillette de plantes sauvages. L'agriculture s'avère impossible dans ces régions (les récoltes fructueuses qu'on parvient à obtenir dans le Nord de nos jours ont commencé à être produites dans les zones avoisinantes uniquement après l'arrivée des Européens). Les hommes s'occupent surtout de chasser le gros gibier, tandis les femmes piègent le lièvre, pêchent, débitent la viande afin de la faire sécher et traitent les peaux. Certaines activités de chasse, comme le rabattage et la construction et la surveillance des enclos, nécessitent la participation de presque tous les membres adultes de la BANDE.

Comme le gibier est réparti de façon éparse à travers les immenses territoires des forêts boréales et n'est présent qu'en certains endroits, à certaines périodes de l'année, la densité de la population humaine de la région est l'une des plus basses au monde. Certains experts estiment que la population de l'ensemble de la région pouvait se situer autour de 60 000, alors que d'autres prétendent qu'elle atteignait un chiffre supérieur avant l'apparition des maladies d'origine européenne.

Les autochtones de la zone subarctique vivent en bandes régionales regroupant de 25 à 30 personnes. Chaque bande se déplace fréquemment d'un endroit à l'autre à l'intérieur d'un vaste territoire selon que les approvisionnements en gibier varient de saison en saison et d'année en année. La taille d'un groupe et la nature de son cycle économique annuel sont directement assujetties à la disponibilité des ressources de la région. Les TUTCHONIS, Athapaskans du plateau du Yukon, et d'autres tribus vivant à l'Ouest des Rocheuses se rassemblent le long des cours d'eau pendant l'été pour pêcher et sécher le saumon. Les CHIPEWYANS, Athapaskans vivant au nord du lac Athabaska, se déplacent jusqu'à l'extrémité de la toundra pour y suivre les troupeaux de caribous. Les Innus passent l'été le long de la côte de l'Atlantique, du golfe du Saint-Laurent ou de la baie James, et l'hiver à l'intérieur des terres.

L'accès à un territoire n'est pas réservé à l'usage exclusif d'une seule bande. Des bandes voisines bénéficient fréquemment de droits de chasse, particulièrement quand elles font face à des périodes de pénurie de nourriture ou quand certains territoires sont exploités en commun. Toutefois, certains sites comme les lacs et les cours d'eau qui regorgent de poissons sont exploités par la même bande année après année. Pendant l'été, au moment où la nourriture abonde, il arrive souvent que plusieurs bandes régionales vivent ensemble.

Avant l'arrivée des Européens, la majorité des bandes de la région subarctique n'ont pas de chefs officiels. Le peuple se range derrière ceux qui manifestent des qualités de chef et qui prennent l'initiative d'organiser certaines sphères d'activité, comme le commerce, la guerre ou la chasse collective, y compris les préparations nécessaires à ces activités. Outre le prestige et le respect qui leur sont conférés, leur autorité ne s'étend généralement pas au-delà de ces responsabilités. Toutefois, les marchands de fourrures européens tentent de mettre en place des chefs et de les doter de pouvoirs considérables ce qui leur permet de mieux contrôler la population autochtone rattachée aux postes de traite.

La plupart des femmes et des hommes d'âge adulte jouent un rôle dans le processus de décision qui concerne la bande. Les familles ou les particuliers qui sont en désaccord avec une décision particulière sont libres de se joindre à une autre bande ou à un autre camp ou encore de s'isoler pendant un certain temps. Les tribus de la région subarctique se font remarquer autant par la valeur qu'elles attachent à l'autonomie personnelle que par la souplesse de leur organisation sociale. Ces caractéristiques les aident à s'adapter aux possibilités et aux restrictions de leur environnement.

Les liens de parenté, essentiellement matrilinéaires chez les Athapaskans du bassin hydrographique du Pacifique, bilatéraux chez ceux du bassin hydrographique du Mackenzie et les deux à la fois chez les groupes de langues algonquiennes, servent à rapprocher les gens. Normalement, des personnes qui communiquent souvent entre elles utilisent des titres de parenté, correspondant en partie à la génération (par exemple, la personne la plus âgée devient grand-père ou grand-mère), pour s'adresser de l'un à l'autre ou s'y référer. Les relations de parenté déterminent souvent l'appartenance aux groupes et régissent les mariages. Des tribus vivant à l'Ouest du fleuve Mackenzie sont organisées en clans, dans certains cas, selon une double division (moitiés), comme les tribus de la côte ouest. Ces divisions servent avant tout à assurer hospitalité et protection aux membres d'un clan en visite appartenant à d'autres camps ou tribus, à remplir certaines obligations cérémonielles à l'égard de la division opposée (par exemple l'incinération des morts ou la réciprocité de certaines festivités) et à régulariser les mariages en satisfaisant à l'exigence de l'exogamie des clans.

Contraints de se déplacer pour chercher leur nourriture, les autochtones de la région subarctique possèdent une quantité limitée de biens personnels. Ils transportent peu de bagages et préfèrent fabriquer sur place les outils et les articles d'usage domestique dont ils ont besoin plutôt que de les emporter avec eux lors de leurs déplacements. Leur succès à la chasse dépend de la précision de leurs connaissances sur le comportement des animaux. On enseigne aux enfants à compter sur leurs propres moyens et à être débrouillards et observateurs. Ils apprennent à connaître les habitudes du gibier et à se retrouver au milieu de vastes régions à la topographie compliquée. Ils renforcent ces habiletés en écoutant pendant de longues heures des contes pratiques ainsi que des légendes mythologiques et en apprenant des chants pour la chasse et le piégeage ainsi que d'innombrables comptines. Ceux qui ont du succès à la chasse sont renommés pour avoir gagné le respect et la confiance des animaux.

Les autochtones des forêts du Nord fabriquent des MOCASSINS d'été, des jambières, des jupes, des vestes et des chemises à l'aide de légères peaux souples tannées qu'on débarrasse de leurs poils en les grattant après traitement avec la cervelle de l'animal. Seuls les Athapaskans du Pacifique portent la courte tunique à queue en V faite de peaux de caribou et abondamment ornée de piquants de porc-épic teints, de dentales et de perles de graines séchées (par la suite de perles de verre, perles du commerce). Cette chemise raffinée est parfois portée avec des jambières auxquelles sont attachés des mocassins. D'une manière plus générale, les autochtones de la région subarctique portent des vêtements relativement légers et construisent des feux là où ils s'arrêtent. Les tuniques de nuit pour l'hiver sont faites de peaux de lapin coupées en lanières, cordées et tissées ensembles.

L'équipement de chasse comprend des arcs, différents types de flèches et divers pièges, collets et assommoirs ingénieux ainsi que certains dispositifs comme des barrières dérivantes pour diriger le caribou. On pêche avec des filets tendus, des pièges, des lances, des hameçons et des lignes. On sèche les baies à l'automne ou encore on les dépose dans des paniers qu'on enfouit dans le sol. On les mélange souvent à du gras et du poisson, dans l'extrême Nord-Ouest, ou on les incorpore à de la viande séchée attendrie et de la graisse pour produire du PEMMICAN. Les femmes sont habiles dans la préparation de la viande. Elles la sèchent, tannent les peaux et les cousent, font la cuisine et fabriquent des contenants en peaux, en écorce de bouleaux ou de la vannerie à partir de racines de pruche tressées et font des filets à partir de petites branches de saule ou de babiche.

Les hommes fabriquent des RAQUETTES, des TOBOGGANS, des CANOTS D'ÉCORCE ainsi que des traîneaux et l'équipement nécessaire à la chasse. Ils doivent parcourir de longues distances pour assurer leur subsistance. Les raquettes sont indispensables aux déplacements en hiver. Les bagages plus lourds sont chargés sur les toboggans et, dans l'extrême Nord-Ouest, les traîneaux sont tirés par des chiens et des hommes. À l'origine, on dispose de très peu de chiens pour s'acquitter de cette tâche. Durant l'été, les gens se déplacent avec leurs bien le long des cours d'eau et sur les lacs en canots.

Compte tenu de leur existence nomade, les tribus des forêts du Nord construisent des abris de peaux qui se transportent facilement ou en confectionnent avec d'autres matériaux disponibles sur place, comme l'écorce. La conception des habitations varie surtout en fonction des traditions et des matières premières trouvées sur place, mais toutes sont chauffées et éclairées par un seul foyer. Elles n'abritent pas plus de deux familles. Chez les OJIBWÉS du Nord, les abris coniques ou à perches faîtières sont recouvertes d'écorce de bouleau. Nombre d'Athapaskans du bassin hydrographique de l'Arctique vivent à l'intérieur d'abris coniques recouverts de peaux, semblables aux tipis des Prairies. Chez les GWICH'IN et les HANS du Yukon tout comme chez ceux du Nord de l'Alaska, la tente conique est remplacée par une tente en forme de dôme ou hémisphérique. À l'intérieur du bassin hydrographique de l'Arctique (Mackenzie) ainsi que dans les montagnes du Nord-Ouest et la région du Plateau, on utilise des structures à double pans qu'on recouvre de peaux et de broussailles.

Dans les campements de pêche de la cordillère, on trouve des « fumoirs » non isolés qui ressemblent grossièrement aux cabanes de bois rond. De manière à assurer davantage de chaleur à l'intérieur des habitations d'hiver, on ne dépouille pas de leurs poils les peaux recouvrant les tentes coniques ou en forme de coupole qui, malgré leur volume, demeurent transportables. Certains Athapaskans du district du Mackenzie et de la cordillère, de même que les Indiens de la région subarctique orientale passent l'hiver à l'intérieur de constructions coniques en bois rond dont les interstices sont calfeutrés de mousse et le toit partiellement recouvert de terre et de neige. Les Hans de la région de Dawson, ainsi que plusieurs groupes d'Athapaskans, construisent des maisons creusées de forme rectangulaire qu'ils couvrent abondamment de tourbe pour les protéger du froid, tandis qu'à l'autre extrémité, au Sud de la Colombie-Britannique, des groupes comme les CHILCOTINS utilisent des maisons creusées semblables à celles du Plateau.

On déploie des efforts considérables pour entreposer les aliments et les pièces d'équipement destinés à une utilisation future à l'intérieur de fosses spécialement aménagées, de solides constructions coniques claquemurées et de cairns ou sur des plates-formes aménagées dans les arbres.

Des mythes et des légendes parlent d'une époque où les animaux étaient dotés d'une grande puissance et pouvaient revêtir des formes humaines. De nombreux habitants de la région subarctique racontent des récits concernant un « héros culturel », le premier être à s'approprier des pouvoirs. Dans leur interprétation, les pouvoirs et la connaissance se confondent. Ils prétendent qu'un individu doté de pouvoirs possède des connaissances inaccessibles au commun des mortels. Le héros témoigne de la connaissance personnelle et de l'assurance qui sont reconnues comme des qualités importantes pour survivre et qui lui permettraient de l'emporter sur les méchants sorciers et de vaincre les animaux mythiques dangereux, pour ainsi transformer le monde en un endroit plus sûr dans lequel vivraient les humains. Les héros des Algonquiens et les personnages de filou sont les Nanabush et les Wisahkecahk. Dans la culture des Athapaskans, le héros prend de nombreux noms, mais est souvent associé aux oiseaux migrateurs et au soleil, capables de voler dans le ciel. Les croyances sur l'interdépendance des humains et de la nature formulées dans le mythe aidaient les autochtones subarctiques à donner un sens à leur environnement.

Les chefs religieux utilisent leur pouvoir au profit des autres, bien que, dans certains cas, ils apportent le malheur. Dans plusieurs tribus algonquiennes, ces CHAMANS, ou sorciers, dirigent la cérémonie de la TENTE TREMBLANTE , cérémonie au cours de laquelle on implore, à l'intérieur d'un tipi spécial, les esprits éloignés d'individus ou d'animaux pour la guérison ou pour des prophéties. Dans d'autres tribus, les chamans officient sous une couverture ou revêtent un vêtement particulier, symbole de leur fonction. Chez les Athapascans de l'Ouest, les sorciers, hommes et femmes, font payer très cher leurs services, font valoir des privilèges exclusifs ou prennent des libertés parmi leur peuple, ce qui fait que certains d'entre eux sont craints et respectés. Chez les Naskapis certains hommes et certaines femmes prédisent l'avenir grâce à la scapulomancie, mode de divination qui s'inspire de la forme des rainures que présente une omoplate de caribou chauffée par le feu.

Les CASTORS de la rivière de la Paix ont des prophètes qu'ils appellent rêveurs. Ces gens ont fait l'expérience de la mort et se sont envolés comme des cygnes vers un paradis immatériel situé au-delà des cieux. Dès lors, ils guérissent et dirigent des danses religieuses inspirées de chants rapportés de leurs périples célestes. Comme dans plusieurs autres tribus de la région subarctique, ils chantent au rythme d'un petit tambour tenu à la main. Toutefois, la majorité des personnes ont, jusqu'à un certain degré, le pouvoir de soigner. Parallèlement au chamanisme, à la divination et à la guérison, il existe un ensemble de croyances et de pratiques, d'interdits (tabous), d'obligations et de rituels mineurs. Parmi ces coutumes, on note les cérémonies particulières ayant lieu avant et après avoir tué des animaux.


métier à tisser et courroie de portage
Le métier à tisser les sangles était utilisé par la population subarctique. La courroie de portage passée sur le front aide à porter de lourdes charges (oeuvre de Gordon Miller).

Chasseurs de caribous migrateurs
Chaque printemps, les Chipewyans suivent les caribous migrant des forêts jusque dans les terres stériles dépourvues d'arbres (avec la permission de Lazare and Parker/National Wildlife Federation).

Collet
Lorsqu'un animal passe sa tête dans le noeud coulant, il déclenche le collet. Le dessin du bas montre comment les peaux sont tendues sur un cadre et grattées à l'aide d'un outil en os (oeuvre de Gordon Miller).

Naskapi, manteau
Le style élaboré de ce manteau reflète l'influence des textiles européens (avec la permission du Pitt Rivers Museum de Oxford).


Changements culturels

Le contact avec les Européens représente un énorme défi pour les tribus de la région subarctique. Beaucoup d'autochtones deviennent rapidement dépendants d'articles commerciaux tels que les armes, les couteaux, les haches, les marmites, les vêtements ainsi que de la nourriture, étant donné qu'ils doivent abandonner la chasse qui leur fournit viande et peaux pour piéger des espèces animales dont les peaux sont recherchées sur les marchés européens. Les bandes s'établissent dans les régions des comptoirs de traite où les marchands s'efforcent de les contrôler. Les chefs responsables du commerce qui négocient avec les Européens acquièrent une importance aussi grande que les premiers chefs chargés d'organiser la chasse.

Le commerce des fourrures a un impact important sur l'écologie de la région subarctique. De nombreuses espèces de gibier et d'animaux à fourrure s'éteignent. Des maladies d'origine européenne telles que la variole, la tuberculose, la rougeole et la grippe causent la mort d'un grand nombre d'autochtones (voir AUTOCHTONES, SANTÉ DES). D'autres tribus sont victimes de la famine pendant les périodes de maladie ou de rareté du gibier.

Les autochtones adoptent plusieurs éléments du CHRISTIANISME, mais conservent un grand nombre de leurs propres traditions spirituelles, mélangeant parfois les deux. La capacité d'assimiler des idées et des techniques nouvelles est une caractéristique de la culture des autochtones de la région subarctique.

À notre époque, le développement des ressources premières à grande échelle et la colonisation du Nord par de nombreux étrangers mettent en danger l'économie des autochtones basée sur le piégeage des animaux et la chasse nécessaire à leur subsistance. En 1975, le Grand Conseil des Cris signe la CONVENTION DE LA BAIE JAMES ET DU NORD QUÉBÉCOIS en retour d'indemnités visant à atténuer les impacts sociaux et les bouleversements écologiques causés par l'aménagement hydroélectrique de cette région. De nombreux Cris continuent à chasser et à piéger sur leurs terres, utilisant leurs droits à des prestations gouvernementales pour subvenir aux coûts du transport et des systèmes de communication modernes. Les autochtones de la région subarctique occidentale du district du Mackenzie, politiquement organisés au sein de la NATION DÉNÉE, essaient d'obtenir leur autonomie gouvernementale à l'intérieur du contexte national canadien.

Auteur ROBIN RIDINGTON


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