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Territoire et environnement naturelLa zone culturelle du Plateau tire son nom du plateau de Colombie. Au Canada, cette région comprend le haut-plateau qui s'étend entre la chaîne côtière de la Colombie-Britannique et les Rocheuses. Les experts ont suggéré toute une série de frontières pour limiter au nord la région culturelle du Plateau. En 1932, Diamond JENNESS qualifie cette région de « cordillère » et en repousse la frontière nord jusqu'au territoire des TAHLTANS . D'autres spécialistes choisissent le territoire des SÉKANIS ou celui des PORTEURS comme ligne de démarcation. Aujourd'hui, de l'avis unanime des anthropologues, tous ces peuples doivent être inclus dans la zone culturelle subarctique, et c'est plutôt la limite septentrionale du territoire des Shuswaps qui doit constituer la frontière nord du Plateau.
Le Plateau se caractérise par des étés chauds et secs et des hivers froids. Ce climat crée un environnement favorable au cerf de Virginie, au caribou, à l'ours noir et au grizzli, à l'orignal et au mouflon de montagne, de même qu'à de plus petits animaux tels le coyote, le renard, le lynx, le loup, le raton laveur, le porc-épic, la martre, la belette, le castor, la marmotte et le lièvre. Les principales rivières accueillent les migrations annuelles du SAUMON DU PACIFIQUE et d'autres poissons, qui constituent la principale source de subsistance.
Autochtones : le Plateau
Canot kootenayLe canot kootenay-salish, dont les extrémités se prolongent sous l'eau, était conçu pour traverser les rapides des rivières du Sud de la Colombie-Britannique (avec la permission de Lazare and Parker/National Wildlife Federation).
Principaux groupes tribaux et linguistiques
Les familles linguistiques représentées dans cette région culturelle du Canada sont les langues athapascanes (le NICOLA-SIMILKAMEEN, maintenant disparu), le salish (le salish du continent, comprenant le shuswap, le lillooet, le thompson et l'okanagan; voir SALISH DU CONTINENT), et le KOOTENAY (voir AUTOCHTONES, LANGUES DES).
Résumé historique
Les archéologues posent comme principe qu'il y a de 9000 ans à 10 000 ans, peu de temps après la fonte des glaciers de la plus récente période glaciaire, le Plateau de la Colombie-Britannique était peuplé d'autochtones qui ont émigré vers le nord après avoir quitté des régions plus au sud de ce même Plateau, où les glaciers avaient disparus plus tôt (voir PRÉHISTOIRE). Il s'y développe progressivement une culture adaptée aux montagnes boisées, aux collines couvertes de sauge et de cactus et aux ressources fluviales de la région. C'est avant tout l'abondance des ressources naturelles du Plateau qui attire les non-autochtones dans cette région. Ainsi, l'attrait des fourrures mène d'abord l'explorateur Alexander MACKENZIE à rencontrer les Shuswaps du Nord, en 1793, et entraîne David THOMPSON dans le territoire des Kootenays, en 1807. En 1808, Simon FRASER explore le fleuve qui porte désormais son nom. Les Indiens du Plateau offrent l'hospitalité à tous ces explorateurs. Un jour, un chef prend Fraser par le bras et lui indique de serrer la main des 1200 Amérindiens rassemblés à Lytton pour le rencontrer. Des postes de traite des fourrures ont été construits dans diverses régions du Plateau avant les années 1820. L'introduction des armes à feu et des outils métalliques facilite la chasse aux animaux à fourrure, dont les populations se mettent bientôt à décroître. À la même époque, des épidémies de rougeole, de grippe et de variole s'abattent sur les campements autochtones, tuant des milliers de personnes. C'est l'or qui attire ensuite la nouvelle vague de non-autochtones qui envahissent le Plateau. La découverte d'or en bordure du fleuve Fraser en 1857 attire en effet près de 30 000 prospecteurs d'origines ethniques des plus diverses (voir RUÉES VERS L'OR). Il n'est donc pas étonnant que la violence éclate immédiatement. Pour tenter de ramener la paix et de protéger les territoires autochtones contre de nouveaux empiétements, le nouveau gouverneur de la Colombie-Britannique, James DOUGLAS, ébauche une politique des droits des autochtones. Selon lui, la meilleure façon de régler le problème de la propriété des terres est d'éteindre les droits fonciers des autochtones au moyen de traités et en leur offrant des indemnités. Les autochtones vivront alors dans des RÉSERVES INDIENNES. Dans le Plateau canadien, aucun TRAITÉ INDIEN n'est signé et aucune indemnité n'est versée, même si on procède à l'arpentage et, en 1858, au partage des réserves. Plusieurs grandes réserves établies durant l'époque coloniale seront réduites en 1871, après la Confédération. Avant la fin des années 1890, tous les autochtones du Plateau sont tenus de vivre dans de petites réserves dispersées.
Culture traditionnelle
L'information sur le mode de vie qui prévaut à l'intérieur du Plateau avant l'arrivée des Européens est incomplète. Au moment où l'on réalise les premières études détaillées sur les peuples de la région, à la fin des années 1880 et au début des années 1900, le mode de vie traditionnel a déjà subi de profondes transformations. Le résumé qui suit, tiré des oeuvres des premiers ethnographes James TEIT, Franz BOAS, George Mercer DAWSON et Charles HILL-TOUT ainsi que des travaux de recherche de spécialistes contemporains, témoigne des lacunes de nos connaissances sur le mode de vie traditionnel du Plateau.
Migration
Dans cette région, des groupes de personnes apparentées travaillent et se déplacent ensemble au printemps, à l'été et à l'automne. Ils rejoignent d'autres groupes pour passer l'hiver dans des villages relativement permanents. La société du Plateau est à plusieurs égards égalitaire et communautaire, bien que les décisions importantes soient laissées aux hommes. Chaque village a son chef ou son notable qui voit à l'organisation des activités économiques (par exemple, le chef du saumon s'occupe de la pêche). On prend le conseil de ces hommes au sérieux, mais tous les adultes mâles participent à des réunions au cours desquelles on discute des préoccupations générales du groupe. Dans certaines régions du Plateau, les aînés de l'ensemble de la communauté forment un conseil. Le chef invitent les autres hommes à discuter des problèmes auxquels la bande est confrontée. C'est souvent l'avis des aînés où de ceux qui ont le plus d'expérience qui est accepté.
Division du travail
Les tâches sont réparties en fonction du sexe. Les hommes sont responsables de la chasse, du piégeage, de la pêche et de la fabrication d'outils et d'armes d'os, de bois et de pierre. Les femmes préparent les repas et transforment la nourriture pour l'entreposage d'hiver, font la cueillette des plantes, voient à l'entretien de la maison et prennent soin des jeunes enfants. Les rôles sont peu spécialisés. Les hommes qui acquièrent des habiletés physiques et spirituelles durant leurs années d'adolescence deviennent les « professionnels » de la chasse à l'ours et à la chèvre de montagne. On attend de tous les hommes qu'ils soient des chasseurs de cerf compétents. Le territoire et ses ressources, à quelques exceptions près, appartiennent à la communauté. Certains particuliers sont propriétaires de leur propre zone de pêche au saumon, mais d'autres zones appartiennent collectivement aux résidents ou à des groupes du village. Les territoires de chasse et de cueillette de racines éloignés sont généralement réservés à tous ceux qui parlent la même langue, et on permet parfois à d'autres gens de les utiliser. Le partage obligatoire et l'égalitarisme économique constituent l'ethos fondamental de la société. Certains groupes de Shuswaps et de Lillooets ont un système héréditaire en vertu duquel certains chasseurs assument l'intendance des régions qu'ils connaissent bien.
Nourriture
Les membres d'un village se partagent la nourriture. Dans les zones de pêche au saumon, on installe une pêcherie à fascines ou un filet pour capturer le poisson destiné à tout le village. Les hommes harponnent les poissons pour les besoins de leur propre famille. Étant donné que l'économie du Plateau est basée sur la chasse, la pêche et la cueillette, activités saisonnières et aléatoires, on consacre beaucoup de temps et d'efforts à fumer et à sécher la nourriture avant de l'entreposer. Toute la communauté, enfants et adultes, participent à ces activités.
Barrage à saumonsDans le centre de la Colombie-Britannique, v. 1866 (photo de F. Dally, avec la permission des Bibliothèque et Archives Canada/C-65097).
La nourriture n'est pas toujours abondante. Parfois les migrations de saumon échouent, certains animaux sont introuvables ou les cueillettes de racines et de baies sont infructueuses. Il faut alors parcourir de plus longues distances et travailler plus fort pour survivre. Chaque printemps, afin d'assurer une bonne récolte, on célèbre par une cérémonie spéciale la première montaison de saumon et l'apparition des fleurs de baies.
Transport
Les autochtones du Plateau se déplacent en pirogues faites de genévrier rouge ou de peuplier ou en canots d'écorce de pin blanc ou de bouleau. L'hiver, ils utilisent des RAQUETTES de différentes formes se prêtant aux divers états de la neige et du terrain. Au début, les chiens leur servent d'animaux de bât et pour la chasse au chevreuil. Dans les années 1730, l'introduction du CHEVAL, en provenance du sud, améliore considérablement la mobilité des autochtones du Plateau. Au Canada, les Kootenays sont vraisemblablement le premier peuple autochtone du Plateau canadien à obtenir des chevaux.
Maison semi-souterraineLes maisons semi-souterraines sont les habitations d'hiver des peuples du Plateau. Il n'y a qu'une seule entrée aménagée sur le dessus et elle n'est accessible que par une échelle (Oeuvre de Gordon Miller).
Habitation
On trouve trois principaux types de maison dans la région du Plateau : la maison semi-souterraine, l'abri recouvert de joncs de scirpe et le TIPI. La maison semi-souterraine consiste généralement en une fosse surmontée d'un toit conique fait de perches recouvertes de broussailles et de terre. L'architecture varie d'une région à l'autre. La fosse peut être circulaire ou carrée, le toit conique, pyramidal ou presque plat et l'entrée peut consister en une ouverture (qui permet également à la fumée de s'échapper) pratiquée au centre du toit ou en une porte percée dans un des côtés du toit. Des tunnels servent parfois d'entrée ou permettent de communiquer avec plusieurs maisons semi-souterraines. Celles-ci servent surtout durant l'hiver, mais de récentes découvertes laissent croire qu'elles sont également utilisées à d'autres périodes de l'année. Les abris recouverts d'écorce, de joncs de scirpe ou d'herbe sont utilisés partout dans la région du Plateau. Ils sont construits suivant trois principaux plans au sol : rectangulaire, aux côtés parallèles et aux extrémités arrondies, ou rectangulaire à une extrémité arrondie. Durant l'hiver, on isole la base de ces abris d'un remblai de terre et de neige. Un ou plusieurs feux ouverts sont placés au centre de l'abri. Chez les Kootenays, on se sert de tipis recouverts de peaux en plus des autres types d'habitation. La structure de base de leur tipi est faite de quatre perches principales et renforcée de quinze autres perches. On recourt également à des appentis de perches et de broussailles pour servir d'abris dans les campements temporaires. On trouve aussi une SUERIE pour les hommes et une pièce d'isolement, réservée aux femmes pendant leurs menstruations. Sur le Plateau, on délaisse les habitations de style traditionnel au milieu et vers la fin du XIXe siècle, bien qu'en certains endroits, on les utilise jusqu'au début du XXe siècle.
Croyances
Les bandes du Plateau entretiennent des rapports profonds avec les choses inanimées qui peuplent leur environnement. Elles attribuent des pouvoirs spéciaux à tout ce qui les entoure, y compris les roches et les arbres. Cette relation spirituelle avec la nature imprègne tous les aspects de la vie quotidienne (voir AUTOCHTONES, RELIGION DES). Durant son adolescence, chaque individu subit un apprentissage spécial lui permettant de recevoir le pouvoir d'un gardien spirituel issu de la nature. L'esprit descend sur la personne quand celle-ci est en état de transe. Il lui explique comment utiliser son don et lui transmet une « chanson pour appeler le pouvoir ». Les chamans, qui suivent une formation plus longue et plus intense, reçoivent des pouvoirs spéciaux qui les rendent capables de guérir les malades ou de jeter des sorts. Ils sont à la fois craints et respectés. Ils utilisent leurs pouvoirs transmis par l'esprit protecteur dans leurs rituels de guérison (voir CHAMAN). La Danse d'hiver du gardien spirituel, la plus importante des cérémonies chez la plupart des peuples du Plateau aux États-Unis, est également observée au Canada, surtout par les Okanagans. Il est probable que cette danse ait aussi été pratiquée jadis par les Shuswaps, les Thompsons et les Lillooets, mais de façon légèrement différente. Certains Okanagans du Canada participent encore aux danses d'hiver tenues aujourd'hui en Colombie-Britannique et aux États-Unis. Le chaman est l'hôte de la Danse d'hiver, au cours de laquelle il communique en public avec ses puissances spirituelles. Après une ou plusieurs nuits de danse, et au cours desquelles sont administrés des soins aux malades, l'hôte ou l'hôtesse offre des présents aux invités. D'autres groupes salish du Plateau observent des rituels semblables, ponctués de chants offerts aux esprits, à n'importe quel moment de l'année. Chez les Kootenays, on célèbre une cérémonie destinée à unir le pouvoir d'un esprit à son possesseur afin de prédire l'avenir ou de retrouver des objets perdus. Cette cérémonie, tout comme la DANSE DU SOLEIL, fait croire à l'existence de liens entre les Kootenays et les Indiens des Plaines. Depuis les années 80, certains groupes de Shuswaps observent aussi la Danse du Soleil.
Vêtements
Les autochtones du Plateau portent des vêtements confectionnés de peaux d'animaux tannées ou tissées avec des herbes ou de l'écorce de broussailles assouplie. Le port des MOCASSINS est courant. Ils sont le plus souvent en peau de chevreuil et parfois en peau de saumon. Les vêtements d'hiver sont confectionnés avec les épaisses peaux d'animaux à fourrure. Certains groupes décorent leurs vêtements de coquilles de dentale, d'ocre, de piquants de porc-épic, de graines ou de perles faites à la main. Les articles utilitaires comme les nattes et les paniers tissés sont également ornés de jolis motifs. Le tatouage et le perçage des oreilles et du nez sont des coutumes que l'on trouve chez certains groupes.
Chansons
Les chansons occupent une place importante dans la vie traditionnelle du Plateau. Elles servent à s'approprier des pouvoirs magiques et religieux. Elles sont parfois accompagnées du son de flûtes en os d'oiseau, de hochets fabriqués avec des sabots de cerf, de bâtons frappés sur des planches, mais surtout de tambours en bois recouverts de peau. La chanson du jeu de bâtonnets demeure très en vogue aujourd'hui. On la chante quand deux équipes adverses s'engagent dans un match de paris.
Littérature orale
L'importante littérature orale du Plateau, à laquelle on consacrait jadis les longues soirées d'hiver, ne sert plus qu'à meubler les pages des livres. Le filou-créateur est le personnage surnommé le Coyote dans un cycle complexe de contes, souvent truffés d'épisodes amusants et paillards.
Changements culturels
Les dirigeants de la Compagnie de la baie d'Hudson et les premiers missionnaires tentent d'introduire l'alphabet et le calendrier chez les habitants du Plateau, mais c'est un missionnaire catholique, le père LE JEUNE, qui connaît le plus de succès. Les efforts déployés récemment pour enseigner aux autochtones à écrire les diverses langues parlées dans la région du Plateau ont moins de succès que le travail de Le Jeune au tournant du siècle, au moment où il réussit à alphabétiser plus de 2000 Salish du continent.
Christianisme
Pendant un certain temps, toutes les bandes du Plateau embrassent le CHRISTIANISME, mais on assiste aujourd'hui à un retour aux religions anciennes. Depuis la création des RÉSERVES INDIENNES à la fin du XIXe siècle, les autochtones du Plateau jouent un rôle prépondérant dans les luttes menées pour faire valoir les REVENDICATIONS TERRITORIALES des autochtones en Colombie-Britannique. En 1906, le dirigeant shuswap, Basil David, fait partie d'une délégation qui se rend Angleterre pour présenter au roi des revendications territoriales. En 1915, à Spences Bridge, sur le Plateau canadien, plusieurs Salish du continent, avec l'aide de l'ethnographe James Teit, créent l'influente organisation autochtone Allied Tribes of British Columbia, qui demeure active pendant 12 ans.
Problèmes contemporains
Depuis le début des années 70, quelques jeunes autochtones du Plateau tentent de réinterpréter de façon réfléchie les coutumes traditionnelles, ce qui entraîne l'émergence d'un mouvement PANAMÉRINDIANISTE qui se répand de plus en plus. Durant les dernières années de la décennie 70, on assiste à la création de puissants conseils de bandes autochtones du Plateau canadien, structurés en fonction de critères linguistiques définis et regroupant plusieurs bandes. Les bandes et les conseils préconisent avec vigueur l'instauration de l'autonomie gouvernementale des autochtones, le développement économique des terres de réserves, les possibilités d'accès à l'éducation pour les autochtones, la survivance de leur culture et de leur langue et enfin, le règlement équitable des revendications territoriales qui les opposent depuis longtemps aux gouvernements provincial et fédéral.
Auteur
DOROTHY KENNEDY et RANDY BOUCHARD
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Four Directions Teachings
Les aînés et les enseignants de la culture et de la tradition représentant différents peuples des Premières-Nations, soit les Pieds-Noirs, Cris, Ojibwés, Mohawks et Mi'kmaqs partagent leurs connaissances à propos de leur culture. Des graphiques virtuels donnent vie à la tradition orale. Ce site offre de plus les biographies des participants, leurs transcrits et des ressources exhaustives d'apprentissage pour les enseignants et les élèves. En anglais, avec sous-titres français.
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