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La question des écoles de l'Ontario porte sur l'utilisation du français dans les écoles primaires de la province. C'est le premier grand débat scolaire axé sur la langue plutôt que sur la religion. Les anglophones, tant catholiques que protestants, s'opposent ici aux francophones catholiques. Décrété matière obligatoire en 1885, l'anglais devient, en vertu d'un autre règlement de 1890, la langue d'enseignement dans les écoles ontariennes, sauf où cela s'avère impossible. En 1910, les Franco-Ontariens, devenus alors plus nombreux, fondent l'Association canadienne-française d'éducation de l'Ontario afin de promouvoir les intérêts du français. Ils se heurtent à l'opposition de l'ORDRE D'ORANGE qui réclame l'enseignement « en anglais seulement », et à celle des catholiques irlandais dirigés par l'évêque FALLON de London.
Règlement 17
Une commission présidée par l'inspecteur général des écoles ontariennes, F.W. Merchant, confirme que la qualité de l'éducation et de l'enseignement de l'anglais dans les écoles bilingues est inadéquate et il recommande une meilleure formation des enseignants et l'introduction en souplesse de l'anglais comme langue principale d'enseignement. Le gouvernement, plus préoccupé par la politique que par l'éducation, met plutôt l'accent sur la limitation du français. En 1912, le gouvernement conservateur de l'Ontario, dirigé par le premier ministre James WHITNEY, adopte le règlement 17 qui limite aux deux premières années du primaire l'usage du français comme langue d'enseignement et de communication. En 1913, le règlement est modifié afin de permettre une heure d'étude par jour du français.
Escalade du conflit à l'échelle nationale
Pendant la Première Guerre mondiale, la question des écoles de l'Ontario prend l'allure d'un conflit national. Elle joue un rôle dans les tensions entourant la crise de la CONSCRIPTION de 1917 et éloigne davantage les Canadiens français, tant du Québec que de l'Ontario, du gouvernement conservateur fédéral du premier ministre Robert BORDEN. Du côté fédéral, le COMITÉ JUDICIAIRE DU CONSEIL PRIVÉ décide que le règlement 17 est constitutionnel parce que la langue ne fait pas partie des garanties des écoles confessionnelles. Toutefois, il déclare inconstitutionnelle la commission établie par le gouvernement afin d'appliquer sa politique à Ottawa. Un compromis politique intervient, une fois les tensions de la guerre disparues. Le sénateur Belcourt, porte-parole de l'Association canadienne-française d'éducation de l'Ontario, et la Unity League of Ontario, laquelle représente des Ontariens anglophones influents, militent en faveur de la conciliation. Une autre commission, qui réunit Merchant, le juge Scott (un orangiste) et Louis Cot (un avocat francophone), reconnaît que le règlement 17 a surtout servi à favoriser la défense de la langue française et à perpétuer une scolarisation de niveau inférieur. Incapable de faire respecter le règlement 17, le gouvernement conservateur provincial de Howard FERGUSON accepte, en 1927, la recommandation que le bien-fondé de l'usage du français dans chaque école soit étudié par un comité ministériel. C'est ainsi que Ferguson, un des principaux partisans du règlement 17 pendant les années de guerre, en préside l'abolition. La nouvelle politique favorise un enseignement bilingue de meilleure qualité grâce, entre autres, à la reconnaissance de l'École normale de l'U. d'Ottawa, et permet d'obtenir de meilleurs taux de rétention scolaire chez les élèves Franco-Ontariens.
Les années 60 et 70
Durant les années 60, les inquiétudes suscitées par le séparatisme québécois incitent l'Ontario à accorder pour la première fois des garanties législatives en matière d'éducation en français. En 1968, Bill Davis, alors ministre de l'Éducation dans le gouvernement conservateur de John Robarts, dépose un projet de loi reconnaissant aux Franco-Ontariens le droit à l'enseignement en français, tant au niveau primaire que secondaire. Cette loi atténue les risques de critiques en intégrant les écoles secondaires françaises aux écoles publiques, mais la controverse se manifeste à bien des endroits où l'on débat du besoin d'installer les étudiants francophones dans un édifice distinct pour protéger leur culture. Voir aussi ÉCOLES DU MANITOBA, QUESTION DES; ÉCOLES DU NOUVEAU BRUNSWICK, QUESTION DES; ÉCOLES DU NORD-OUEST, QUESTION DES.
Auteur
MARILYN BARBER
Bibliographie
Robert M. Stamp, The Schools of Ontario, 1876-1976 (1982) et Minorities, Schools and Politics (Canadian Historical Readings#7, 1969); Peter Oliver, « The Ontario Bilingual Schools Crisis, 1919-29 », Journal of Canadian Studies vol. 7, no 1 (1972).
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