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Le terme Ojibwé (Ojibway, Chippewa) vient de Outchibou qui était le nom donné au XVIIe siècle à un groupe qui vivait au nord de Sault Ste. Marie, en Ontario, et qui faisait partie d'une série de groupes qui entretenaient des liens étroits mais qui avaient leur appellation propre. Le nom Ojibwé désigne plus tard tous ces groupes qui occupent un territoire situé entre le Nord-Est de la baie Géorgienne et l'Est du lac Supérieur. Ces peuplades qui se rassemblent près de la ville actuelle de Sault Ste. Marie sont aussi appelées Saulteurs ou Saulteaux. Bien que les groupes identifiés comme Ojibwés dans les registres français du XVIIe siècle représentent environ 4500 personnes, les mouvements de population au cours de l'histoire, alliés à l'attribution ultérieure du nom Ojibwé à certains groupes voisins, contribuent à l'augmentation de la population ojibwée et du territoire qu'ils occupent. Les Ojibwés parlent une langue algonquienne du centre, très proche de l'ALGONQUIN, de l'OUTAOUAIS, du CRI et du potawatomi.
À l'arrivée des Européens, les Ojibwés vivent de chasse, de pêche et de cueillette, demeurent dans des habitations d'écorce de forme conique ou ronde, portent des vêtements faits de peaux d'animaux et voyagent dans des CANOTS D'ÉCORCE de bouleau en été et en RAQUETTES en hiver. De 150 à 300 personnes se rassemblent dans des villages d'été qui sont politiquement autonomes et semblent porter des noms totémiques. Un conjoint acceptable est un cousin croisé, c'est-à-dire l'enfant du frère de la mère ou celui de la soeur du père. La religion de l'Ojibwé est animiste, la nature étant habitée par de nombreux esprits, bons et mauvais, dont certains doivent être l'objet d'un traitement particulier. Ils pratiquent notamment le culte de l'ours et la recherche de la vision en vue d'obtenir l'aide d'un gardien. Un CHAMAN guérit les malades et célèbre les rites de la TENTE TREMBLANTE pour communiquer avec les esprits. Vers le début du XVIIIe siècle, chez les Ojibwés vivant plus à l'ouest, un groupe de religieux organisé dirige la MIDEWIWIN ou la Grande société de médecine. La TRAITE DES FOURRURES avec les Européens marque profondément la vie des Ojibwés. Au début, ils reçoivent des articles de commerce français des Nipissings et des Algonquins en échange des fourrures, mais après la dispersion des HURONS et des Algonquiens voisins au milieu du XVIIe siècle, les Outaouais et leurs alliés ojibwés deviennent les intermédiaires des bandes plus à l'ouest. Les Ojibwés participent à la FÊTE DES MORTS célébrée occasionnellement par plusieurs bandes et au cours de laquelle des fourrures et des articles de commerce sont distribués. L'expansion vers l'ouest de la traite des fourrures menée par les Français et l'établissement par les Anglais de la COMPAGNIE DE LA BAIE D'HUDSON à la baie James et à la baie d'Hudson, attirent certains Ojibwés dans de nouvelles régions, d'abord temporairement pour y chasser et faire la traite des fourrures et, plus tard, pour y demeurer en permanence. Entre 1680 et 1800, quatre groupes distincts d'Ojibwés apparaissent, chacun représentant une différente adaptation à son environnement et à la présence des Blancs. Ceux qui s'établissent au sud du lac Supérieur, dans le Wisconsin et le Minnesota, en délogeant, souvent par la force, les Dakotas, sont connus sous le nom de Chippewas du Sud-Ouest. Le milieu plus rude des forêts de conifères du Nord de l'Ontario et du Manitoba est exploité par les Ojibwés du Nord. Après 1780, certains s'installent au Manitoba, en Saskatchewan et dans l'État du Dakota du Nord, et deviennent les Ojibwés des Plaines ou Bungi. D'autres encore, maintenant connus sous le nom d'Ojibwés du Sud-Ouest, déménagent dans le centre Sud de l'Ontario et dans la péninsule inférieure du Michigan. Si la plupart des Ojibwés vivent toujours de chasse, de pêche et de cueillette, certains, surtout ceux établis dans le Sud de l'Ontario, deviennent agriculteurs. Aujourd'hui, les Ojibwés habitent des réserves situées dans ces quatre régions. Avant 1760, la plupart des Ojibwés appuient les Français, mais ils deviennent les alliés des Anglais pendant la guerre de l'Indépendance américaine et la guerre de 1812. La traite des fourrures marque la vie sociale et économique de tous les groupes d'Ojibwés. Les objets traditionnels sont remplacés par les produits européens et certaines ressources naturelles sont épuisées. Chez les groupes établis plus au nord, des familles détiennent des territoires de piégeage et de chasse. Dans le Sud-Est d'abord et, plus tard, dans les régions plus isolées, les Ojibwés deviennent chrétiens, au moins de nom. La plupart ne signent pas de traités avec le gouvernement avant 1850, après quoi chaque communauté ou BANDE demeurant dans une réserve élit un chef et un conseil. Les Ojibwés qui comptaient quelque 10 000 personnes au moment de l'arrivée des Blancs comptent, selon le recensement de 1996, environ 140 000 personnes inscrites. Il y a aussi une importante population de MÉTIS. De considérables différences socio-économiques existent entre les communautés ojibwées et au sein de celles-ci. Elles sont fonction de leur aptitude à exploiter les ressources naturelles et d'accéder aux marchés canadiens. On a récemment relancé l'art et l'artisanat, et plusieurs artistes ojibwés jouissent d'une réputation internationale. Voir aussi AUTOCHTONES : LES FORÊTS DE L'EST et les articles généraux sous la rubrique AUTOCHTONES.
« Shawwanossoway »Portrait d'un grand sorcier ojibwé réalisé par Paul Kane en 1845, huile sur papier (avec la permission de la Stark Foundation d'Orange, au Texas).
Récolte de riz sauvageLes Ojibwés font la récolte du riz sauvage à la fin de septembre. La personne placée à l'arrière de l'embarcation rame pendant que les autres ramassent le riz (avec la permission des Bibliothèque et Archives Canada).
Huttes à perches faîtièresCes huttes construites par la population subarctique sont rapidement assemblées grâce à des perches faîtières sur lesquelles on tend de l'écorce ou des peaux (oeuvre de Gordon Miller).
Wigwam d'écorceOjibwés au lac Winnipeg, au Manitoba, en 1884 (avec la permission de la Commission géologique du Canada/595).
Ojibwée, hutteHutte wayish-ky, à Sault Ste. Marie, en Ontario. Esquisse d'Anna Jameson, le 31 jullet 1837 (Metropolitan Toronto Reference Library, avec la permission de J.D. Bain.)
Auteur
CHARLES A. BISHOP
Bibliographie
J. Helm (dir.), Handbook of North American Indians, vol 6: Subarctic (1981); B.G. Trigger (dir.), vol 15: Northeast, (1978).
Liens supplémentaires
Norval (dit Oiseau-Tonnerre de cuivre) Morrisseau
La galerie de l’artiste Norval (dit Oiseau-Tonnerre de cuivre) Morrisseau. Page de CyberMuse, un site du Musée des beaux-arts du Canada.
Four Directions Teachings
Les aînés et les enseignants de la culture et de la tradition représentant différents peuples des Premières-Nations, soit les Pieds-Noirs, Cris, Ojibwés, Mohawks et Mi'kmaqs partagent leurs connaissances à propos de leur culture. Des graphiques virtuels donnent vie à la tradition orale. Ce site offre de plus les biographies des participants, leurs transcrits et des ressources exhaustives d'apprentissage pour les enseignants et les élèves. En anglais, avec sous-titres français.
Danses Indigènes
Le projet internet Danses Indigènes est un vaste dialogue sur la culture, l'histoire et les connaissances traditionnelles des Autochtones.
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