Zamboni

En 1949, un Américain, Frank J. Zamboni, construit à partir de pièces des surplus de guerre le modèle A, la première resurfaceuse à fonctionner efficacement. Son invention révolutionne le resurfaçage de la glace, une activité qui, jusque‑là, s’avérait forte consommatrice de temps et de main‑d’œuvre et nécessitait qu’un « gratteur » racle la glace accumulée sur la patinoire avant qu’une équipe ne ramasse les copeaux puis vaporise la glace pour la nettoyer avant de finalement enlever l’eau sale à l’aide de racloirs en caoutchouc. Après toutes ces étapes, on vaporisait encore de l’eau sur la glace qu’on laissait geler. Avec l’invention de la machine de Zamboni, le processus devient beaucoup plus rapide, permettant aux patineurs de revenir sur la patinoire dans un délai relativement court.

Le modèle A de 1949 conquiert rapidement les faveurs d’une sportive de premier plan : dès 1950, la patineuse artistique olympique Sonja Henie demande à Zamboni de lui construire une machine à temps pour qu’elle puisse se produire à Chicago. Elle achète finalement deux modèles B, tandis que les Ice Capades et le jardin d’hiver de Pasadena, en Californie, en acquièrent également un chacun. Zamboni obtient un brevet pour la conception de sa resurfaceuse en 1953 et continue à y apporter des améliorations. En 1954, les Bruins de Boston commandent le modèle E, devenant la première équipe de la LNH à utiliser une machine Zamboni. Aujourd’hui, on utilise des Zamboni dans la plupart des arénas de la LNH.

Bien que la société Zamboni soit installée à Paramount en Californie, elle est également dotée d’une importante unité de fabrication à Brantford en Ontario, lieu de naissance de Wayne Gretzky.

Fabricants canadiens de resurfaceuses

Bien que les Canadiens désignent généralement les resurfaceuses de toutes marques sous l’appellation de « zambonis », ce terme ayant été quasiment lexicalisé, il n’en demeure pas moins qu’un grand nombre de ces machines utilisées sur les patinoires canadiennes sont fabriquées par un concurrent de la société Zamboni, Resurfice Corporation, une entreprise basée à Elmira en Ontario. Créée en 1967 par un soudeur, Andrew Schlupp, la société qui dispose de revendeurs dans 12 pays fournit, sous la marque Olympia, des resurfaceuses partout au Canada, aux États‑Unis et dans le monde. Bien que Zamboni fournisse ses machines à la LNH, plusieurs équipes, notamment les Canucks de Vancouver, utilisent plutôt des Olympia. Resurfice a également été le fournisseur officiel des Jeux olympiques d’hiver 2010 à Vancouver en Colombie‑Britannique.

En 2016, la société Machines ICETECH lance la production de l’Okay Elektra, une resurfaceuse électronique, à Terrebonne au Québec. L’Université Concordia à Montréal acquiert l’une de ces nouvelles machines.

Faits amusants sur les resurfaceuses Zamboni au Canada

En 1999, le Canada peut s’enorgueillir d’avoir remporté le concours de « conducteur de Zamboni de l’année » organisée sur Internet par l’entreprise pour marquer son 50e anniversaire. Après plus d’un million de votes, c’est Jimmy « Iceman » MacNeil de Brantford en Ontario qui reçoit le plus de voix. On le choisit ensuite comme conducteur principal d’une tournée pancanadienne en soutien aux programmes de perfectionnement de l’Association canadienne de hockey. En 2001, avec son frère, il pilote une Zamboni dans 69 villes et 10 provinces, partant de St. John à Terre‑Neuve‑et‑Labrador pour terminer son périple à Calgary en Alberta. (Bien entendu, le transfert entre les villes des pilotes et de la resurfaceuse s’effectue sur des remorques, les Zamboni ayant une vitesse maximale d’environ 5 km/h.)

Cette tournée ne constitue pas l’unique occasion où l’on a pu voir des Zamboni sur les routes canadiennes. En février 2017, un agriculteur, Marko Kardum, tente d’utiliser une Zamboni pour déblayer la neige à Central Saanich près de Victoria en Colombie‑Britannique. La police le laisse partir après un avertissement, en l’informant qu’aucune assurance ne couvre l’utilisation sur route d’une resurfaceuse (Marko Kardum avait acheté la sienne pour 300 $, au départ pour déplacer du fumier). Mais l’utilisation la plus canadienne d’une Zamboni est sans doute due à un Albertain, Jesse Myshak, qui a conduit la sienne dans un Tim Hortons offrant le service au volant à Stony Plain. Il avait acheté sa resurfaceuse pour inonder la patinoire installée dans sa cour; toutefois elle avait besoin de réparations et il l’a donc amenée jusqu’à un atelier des environs. Lorsque les réparations ont été terminées, il a simplement décidé de rentrer à la maison en conduisant sa Zamboni, s’arrêtant en chemin pour commander un chocolat chaud!