William Lyon Mackenzie (né le 12 mars 1795 à Dundee, en Écosse, et décédé le 28 août 1861 à Toronto, en Ontario) est journaliste, homme politique, membre de l’Assemblée législative et premier maire de Toronto. Il est aussi l’un des dirigeants des Rébellions de 1837. William Lyon Mackenzie est l’une des grandes figures politiques d’avant la Confédération.

Premières années et carrière

William Lyon Mackenzie est élevé en Écosse par sa mère, veuve, comme sécessionniste presbytérien et gère un magasin général avec elle en 1814. Après la faillite de l’entreprise, il semble avoir déménagé pour se trouver un emploi. Il passe du temps à Londres, en Angleterre, où il écrit probablement pour des journaux.

Arrivé au Haut-Canada par bateau, en 1820, William Lyon Mackenzie est marchand à Dundas pendant quelques années avant de déménager à Queenston. En mai 1824, il publie le premier numéro du Colonial Advocate, qui devient immédiatement un organe important du mouvement réformiste. Le mouvement réformiste préconise un gouvernement responsable et s’oppose au régime colonial, qui règne sur le Haut-Canada à cette époque. À titre de réformiste radical, William Lyon Mackenzie préfère le système politique américain au modèle britannique. Pour être plus près de l’Assemblée, il déménage son entreprise à York, à Toronto, à l’automne 1824. Son style direct et énergique, et ses dénonciations enflammées du Pacte de Famille (une oligarchie politico-économique) contribuent à sa popularité, et il est facilement élu à la chambre d’Assemblée en 1828 pour représenter le comté de York.

Carrière politique

Les attaques acerbes de William Lyon Mackenzie contre l’oligarchie locale lui attirent des représailles sous forme de poursuites en diffamation, de menaces et d’agressions physiques. Son imprimerie est même saccagée en 1826, sa presse, ruinée et ses caractères d’imprimerie, jetés dans le lac. Les attaques cinglantes de William Lyon Mackenzie contre ses adversaires le font aussi expulser de l’Assemblée à maintes reprises, quoique ses électeurs ruraux continuent de le réélire. En 1832, il se rend en Angleterre pour présenter au gouvernement impérial les griefs de ses partisans. On l’écoute avec bienveillance, ce qui provoque la fureur des conservateurs du Haut-Canada. En 1834, lorsque les réformistes obtiennent la majorité au conseil municipal de Toronto, nouvellement formé, il est élu premier maire de la ville. À la fin de 1834, il est élu de nouveau à la chambre d’Assemblée. Toutefois, William Lyon Mackenzie est défait aux élections de 1836 et, plein d’amertume, entreprend la révolte armée à l’automne 1837.

Rébellions de 1837

Le 5 décembre 1837, convaincu que la population l’appuierait spontanément, il dirige une expédition désordonnée qui descend la rue Yonge en direction de Toronto. Les rebelles planifient de marcher jusqu’à la maison du lieutenant-gouverneur sir Francis Bond Head et même peut-être jusqu’à l’hôtel de ville. Cependant, le plan échoue en raison d’une gestion désorganisée et d’un manque de discipline. S’approchant de Toronto, ses troupes sont dispersées par quelques coups de feu des gardes loyalistes. Le 7 décembre, les troupes loyalistes, sous le commandement de Francis Bond Head, marchent sur la taverne Montgomery, vers le nord, et défont facilement les rebelles. William Lyon Mackenzie s’enfuit aux États-Unis et tente de continuer la rébellion à partir de l’île Navy, sur la rivière Niagara. Il déclare un gouvernement provisionnel et émet une proclamation qui demande une réforme démocratique de type américaine. La milice canadienne bombarde l’île et coule le navire de ravitaillement des rebelles, le Caroline. Ses compagnons rebelles, Samuel Lount et Peter Matthews, sont capturés et exécutés pour trahison après avoir plaidé coupables à des accusations de participation à la rébellion.

Exil

William Lyon Mackenzie s’établit à New York, où il fonde le journal Mackenzie’s Gazette. Il est toutefois déclaré coupable d’avoir enfreint les lois américaines de neutralité. Emprisonné pendant un an, il tombe malade et s’endette davantage. Il passe les dix années suivantes aux États-Unis et finit par obtenir un emploi de correspondant au New York Daily Tribune. Pendant son exil, il écrit plusieurs livres, notamment The Sons of the Emerald Isle (1844), The Lives and Opinions of Benjamin Franklin Butler and Jesse Hoyt (1845) et The Life and Times of Martin Van Buren (1846).

William Lyon Mackenzie revient au Canada en 1849 après avoir obtenu le pardon du gouvernement. Indomptable, il se hâte de reprendre sa carrière journalistique et politique; élu député de Haldimand, il déploie l’énergie qui le caractérise jusqu’en 1857, date de sa retraite. Il publie à l’occasion une satire politique intitulée Mackenzie’s Weekly Message. Homme ardent et attaché à ses principes, l’Écossais meurt à sa résidence de la rue Bond, qui est aujourd’hui un lieu historique et un musée de Toronto.

Controverse et héritage

Charles Lindsey, le beau-fils de William Lyon Mackenzie, publie la biographie officielle de ce dernier en 1862. Plus récemment, son héritage est entouré de controverses. Il est considéré par certains comme une personne qui a échoué en politique et par d’autres comme un héros politique. Ses critiques le décrivent comme un maire inefficace, incapable d’éliminer la dette de Toronto ou de rassembler le conseil divisé. Les détracteurs citent son manque de gestion cohérente comme une lacune fatale.

Toutefois, malgré l’échec des Rébellions de 1837, William Lyon Mackenzie aide à définir les éléments nécessaires à une société démocratique dans une nation émergente. Dans sa biographie, parue en 2002, l’ancien maire de Toronto, John Sewell, soutient que les idéaux démocratiques radicaux de William Lyon Mackenzie, y compris un processus électoral équitable, des audiences publiques sur les questions politiques et la participation du public au processus démocratique demeurent pertinents au XXIe siècle, puisqu’ils encouragent un public plus engagé en politique. Cependant, des rapports sur les excentricités de William Lyon Mackenzie, y compris son tempérament explosif, sa petite taille et sa perruque rousse, nuisent, à certains moments, à son héritage politique à titre de dirigeant luttant pour un gouvernement responsable et réceptif dans le Haut-Canada.

En littérature canadienne, William Lyon Mackenzie fait une apparition comme personnage dans le poème 1838, de Dennis Lee, et dans la pièce de théâtre de 1976 de Rick Salutin, intitulée 1837: The Farmers’ Revolt,produite par le Theatre Passe Muraille, à Toronto.