Vive la Canadienne

« Vive la Canadienne ». Avant que les Canadiens n'aient adopté « Ô Canada » comme hymne national (v. 1910), « Vive la Canadienne » remplissait fréquemment cette fonction au Québec. Selon Ernest Gagnon, dans Chansons populaires du Canada (Québec 1865), cette vieille mélodie française est issue de « Par derrièr' chez mon père ». Marius Barbeau croit plutôt qu'elle dérive de « Vole mon coeur vole » qui diffère un peu de la précédente. F.-A.-H. LaRue, qui publia les paroles de « Par derrièr' chez mon père » dans Le Foyer canadien, vol. I (Québec 1863), en présente aussi une variante française, « Les Trois princesses ». Les paroles de « Vive la Canadienne » auraient pour auteur un canotier. C'est du moins ce que révèle Barbeau dans Alouette (Montréal 1946) sans toutefois apporter plus de précision. En août 1840, la mélodie sans texte, arrangée pour piano, parut dans le Literary Garland sous le titre « The Canadian / a French air ». Charles Grobe s'inspira de cette chanson dans ses Variations brillantes sur Vive la Canadienne, mélodie nationale canadienne, op. 1130 (113?), pour piano (Ditson 1859). La Canadienne, fantaisie pour violon et piano de Jules Hone (Boucher, 3e éd., s.d.), est basée sur cette chanson. Oscar Martel a composé pour violon Variations sur « Vive la Canadienne ». Cet air figure également dans la suite pour piano Quadrille sur cinq airs canadiens d'Antoine Dessane (1854, Léger Brousseau, Crémazie 1855) et son titre est aussi celui d'une opérette en trois actes d'Omer Létourneau (Vive la Canadienne, 1924). Vers 1939, un arrangement de Charles O'Neill devint la marche officielle du Royal 22e régiment. La chanson fut enregistrée sur 78t. par Joseph Saucier, Éva Gauthier et Édouard LeBel; plusieurs chorales l'ont gravée par la suite sur micr., notamment la Chorale de l'Université de Moncton (Col. FL-234).