Vieux Croyants

Également appelés Vieux Ritualistes, les Vieux Croyants sont les descendants de membres conservateurs de l'Église orthodoxe russe qui ont refusé d'adhérer à une réforme imposée au milieu du XVIIe siècle par le patriarche Nikon. À l'exception de quelques assemblées des États-Unis, les quelque cinq millions de Vieux Croyants d'ex-URSS, d'Europe, d'Australie et d'Amérique du Sud et du Nord ne sont affiliés d'aucune façon aux autres ÉGLISES ORTHODOXES. Le Canada compte environ 500 Vieux Croyants, dont la plupart vivent en Alberta. L'Église Vieille Orthodoxe nomme un « évêque du Canada » en 1908, mais la première arrivée massive d'immigrants vieux croyants a lieu de 1924 à 1928, soit pendant la première vague de réfugiés russes après la révolution. Tout ce qui reste de cette vague est la communauté située près de Hines Creek, en Alberta, laquelle a construit la première église vieille orthodoxe connue dans l'hémisphère occidental. Le nombre de ses membres a diminué depuis la Deuxième Guerre mondiale parce que la jeune génération se disperse. En 1989, l'Office national du film a produit le film The Old Believers: Staroveri, réalisé par John Paskievich.

Entre 1973 et 1975, deux autres paroisses sont fondées dans le Nord de l'Alberta par des Vieux Croyants de Sibérie et de Mandchourie qui arrivent de l'Oregon après être passés par l'Amérique du Sud. Il n'en reste plus qu'une, située près de Lac La Biche. Celle-ci compte environ 500 personnes qui observent les traditions abandonnées par les autres chrétiens orthodoxes, y compris certaines règles vestimentaires et alimentaires établies à Byzance et dans la Russie médiévale. Chaque maison constitue une unité économique indépendante qui tire sa subsistance de l'agriculture et de la forêt; on y parle le russe.

Les Vieux Croyants ont les mêmes dogmes que l'Église orthodoxe russe. Ils refusent toutefois d'utiliser les livres liturgiques imprimés pendant ou après le patriarcat de Nikon et d'admettre dans la liturgie l'usage de toute autre langue que le slavon liturgique. D'autres différences sont d'ordre iconographique et rituel, comme l'obligation de faire le signe de la croix avec deux doigts au lieu de trois et le baptême par triple immersion totale.