Vêtement, industrie du

Au Canada, l'industrie du vêtement se compose d'entreprises qui confectionnent des vêtements de consommation courante, des vêtements industriels de même que des uniformes. Ces entreprises coupent et cousent les tissus, transforment les fibres en vêtements et assurent la finition pour la vente. Parmi les principales branches de cette industrie, on trouve les vêtements pour hommes, femmes et enfants, les articles en FOURRURE, les sous-vêtements, les gants, les chapeaux et casquettes, la bonneterie et les articles tricotés.

La mécanisation de la confection débute en 1775 avec l'invention de la machine à coudre. En 1846, Elias Howe en obtient les brevets aux États-Unis. La production en série y commence pendant la guerre de Sécession, lorsqu'on a besoin d'un grand nombre d'uniformes militaires bleus ou gris afin de distinguer les alliés et les ennemis. Au Canada, la nouvelle industrie de production prend forme avec l'amélioration croissante des machines et l'arrivée au pays de travailleurs américains qualifiés.

Les tailleurs sur mesure et les couturières confectionnaient des vêtements au Canada dès l'époque de Samuel de Champlain, mais lorsque les méthodes de production en grandes quantités sont mises au point aux États-Unis, ils les adoptent rapidement, et les artisans locaux deviennent alors chefs d'entreprise. Leurs usines se situent à Montréal, à Toronto et à Winnipeg, où abondent une MAIN-D'OEUVRE IMMIGRÉE et une main-d'oeuvre féminine locale.

La première entreprise de confection au pays qui fait sur place toutes les opérations, de la coupe à la couture, est la maison de haute couture pour hommes Livingstone and Johnston (fondée à Toronto en 1868), connue plus tard sous le nom de W.R. Johnston & Co. Elle devient une filiale de Tip Top Tailors, qui par la suite est associée à Dylex Ltd., un conglomérat dont le siège social se situe à Toronto et qui opère à la grandeur du Canada dans les activités de FABRICATION et du COMMERCE DE DÉTAIL.

Le mouvement syndical dans l'industrie du vêtement remonte à 1911. L'Union internationale des ouvriers et ouvrières du vêtement pour dames (UIOVD), dont le siège est à New York, fonde alors une section locale à Toronto. Dans les années 20, en raison de la formation de syndicats à Toronto, une grande partie de l'industrie déménage à Montréal, faisant de cette ville un grand centre du vêtement. Cette répartition de la production prévaut encore. En 1985, l'industrie du vêtement compte 2497 usines, dont 1628 se trouvent au Québec, surtout à Montréal ; 632 en Ontario, principalement à Toronto et quelques-unes à Kitchener, à Hamilton et à Waterloo ; 97 au Manitoba, particulièrement à Winnipeg ; 10 en Saskatchewan ; 26 en Alberta, surtout à Edmonton ; et 77 en Colombie-Britannique, en particulier à Vancouver. On en dénombre quelques-unes dans les provinces de l'Atlantique. Plusieurs usines appartiennent à des groupes d'autochtones, qui les exploitent eux-mêmes. Plusieurs fabricants ont établi des succursales dans des pays en développement et dans des pays en bordure du Pacifique.

En 1983, l'industrie du vêtement n'avait pas connu de grève générale depuis 49 ans, car l'UIOVD préférait la médiation et l'arbitrage. Actuellement, on compte d'autres syndicats importants : dans le secteur du vêtement pour hommes, les Travailleurs amalgamés du vêtement d'Amérique (TAVA) ; dans le secteur du vêtement pour dames, les Travailleurs unis du vêtement d'Amérique (TUVA) ; et dans les secteurs mixtes de la production, Allied Clothing and Textile Workers.

En 1985, les Canadiens ont dépensé près de 9,6 milliards de dollars en vêtements, sans compter le TEXTILE, la CHAUSSURE et les vêtements de tricot. La même année, l'industrie du vêtement employait près de 113 000 personnes dans des entreprises de 20 employés ou plus. Elle comptait aussi des milliers de personnes qui travaillaient dans de petites entreprises au Québec, en Ontario et au Manitoba. La grande majorité des usines canadiennes employaient moins de 50 personnes, mais 281 comptaient plus de 100 employés. Le salaire horaire moyen était de 6,63 dollars, mais à Toronto, la moyenne s'élevait à 7,25 dollars. Toutefois, ces moyennes peuvent être trompeuses, car au Québec, les apprentis figurent dans une classe à part dans les statistiques, mais sont inclus dans les moyennes nationales. Actuellement, la moyenne nationale se situe à près de 7,00 dollars l'heure, avec une moyenne toujours plus élevée à Toronto.

L'industrie du vêtement entre dans une nouvelle phase de HAUTE TECHNOLOGIE. Les usines adoptent rapidement l'équipement à commande numérique ou commandé par ordinateur et la ROBOTIQUE. La rapidité avec laquelle les usines se modernisent est directement liée à la disponibilité de mécaniciens de machines à coudre et de techniciens qualifiés pour travailler avec cet équipement sophistiqué. Un nouveau programme destiné à former des techniciens a été mis sur pied au George Brown College, à Toronto. Actuellement, les méthodes traditionnelles de coupe et de couture font place aux méthodes au LASER, à la coupe au jet d'eau commandée par ordinateur et aux machines à coudre à têtes multiples commandées par des micropuces.

Au Canada, plus de 90 p. 100 des entreprises dans cette industrie sont de propriété canadienne, mais 75 compagnies américaines ainsi que plusieurs compagnies britanniques et asiatiques possèdent des usines au Canada. Les usines de vêtements utilisent surtout l'électricité et consomment peu d'énergie. En 1985, l'industrie canadienne du vêtement a produit près de 337 millions de pièces avec des effectifs de 113 000 travailleurs. Les entreprises canadiennes détenaient 80 p. 100 du marché en termes de dollars, mais seulement 58 p. 100 en termes de vêtements, sans compter l'industrie textile et celle des tricots. Le marché canadien réel était d'environ 581 millions de pièces. Les importations représentaient 42,7 p. 100 du marché, soit 1,75 milliard de dollars (avant les frais de douane), et les exportations représentaient seulement 5 millions de pièces, pour une valeur de 330 millions de dollars.

Le gouvernement fédéral subit constamment des pressions afin de restreindre les importations et de diminuer les quotas. En même temps, il doit prendre en considération la façon dont les pays exportateurs réagiraient aux quotas fixés par le Canada ainsi qu'à ses propres exportations, en plus des répercussions que ces mesures auraient sur la balance des paiements. Il est aussi important de sauvegarder les emplois dans ce secteur industriel, le deuxième au pays. Le gouvernement a donc créé l'Office canadien pour un renouveau industriel, dont la division du vêtement a reçu une subvention de 250 millions de dollars afin de rendre l'industrie plus compétitive sur les marchés internationaux, et ce, avant que des droits de douanes et d'autres mesures protectionnistes ne soient limités ou supprimés en vertu d'accords commerciaux internationaux. L'Accord de LIBRE-ÉCHANGE proposé, par exemple, aura un impact profond dans l'industrie. En effet, les compagnies canadiennes de vêtements seront alors en concurrence avec celles des pays en développement, mais elles auront beaucoup de difficulté, puisque les lois sur les normes industrielles en vigueur dans les provinces productrices établissent des salaires minimums, une durée de travail maximale et des avantages sociaux qui sont de 2 à 10 fois plus élevés que ceux fixés par les normes de ces pays. En conséquence, les vêtements importés, confectionnés dans des conditions qui sont illégales au Canada, représentent une menace réelle pour l'avenir des compagnies canadiennes. Le gouvernement tente de parer à ce problème en fixant un système de quotas et en réglementant les importations. Malgré ces mesures, en 1985, les importations de vêtements au Canada représentaient 1,75 milliard de dollars, tandis que les exportations totalisaient 330 millions de dollars.

Les industries du textile et du vêtement au Canada se classent au deuxième rang, derrière l'industrie des ALIMENTS ET DES BOISSONS, quant au nombre d'employés. À notre époque de haute technologie, certains considèrent que l'on pourrait sacrifier ces industries. Néanmoins, divers pays européens regrettent d'avoir délaissé ce secteur et tentent maintenant de rétablir cette industrie qui se classe traditionnellement parmi les cinq premiers secteurs d'emploi dans bien des pays industrialisés. L'industrie du vêtement stimule, entre autres, les usines textiles de même que les magasins de détail, qui emploient plus de 200 000 personnes.

Certaines branches de l'industrie tentent de relever le défi technologique en se dotant d'associations manufacturières complexes, comme la Dress Guild et la Sportswear Guild, et en publiant des revues nationales, comme Style, de Maclean Hunter, et Canadian Apparel Manufacturer. On a mis sur pied de solides programmes de formation qui décernent des diplômes en production et en design dans divers collèges communautaires : le collège Holland à l'Île-du-Prince-Édouard, le Collège LaSalle à Montréal, les collèges George Brown, Seneca et Sheridan à Toronto, le Red River à Winnipeg, le Grant MacEwan à Edmonton et le Capilano à Vancouver. Un nouveau programme menant à un diplôme universitaire en gestion de production de vêtements est offert à la Ryerson Polytechnic University, à Toronto. Des cours d'éducation continue sont offerts aux universités Concordia et McGill à Montréal ainsi qu'à l'U. du Manitoba à Winnipeg.