Thunder Bay

Thunder Bay, ville de l'Ontario; population 108 359 (recens. 2011), 109 160 (recens. 2006); constituée en 1970 par la fusion des villes de Fort William et Port Arthur et des cantons adjacents de Neebing et McIntyre. Elle est située dans le Nord-Ouest de l'Ontario, sur le côté Ouest d'une baie du LAC SUPÉRIEUR qui porte le même nom. Le port de Thunder Bay constitue le terminus occidental canadien de la voie maritime du Saint-Laurent vers les Grands Lacs. De petites étendues de terre agricole se trouvent près de la ville, mais les rochers, les lacs et les forêts du BOUCLIER canadien dominent l'aspect physique et l'économie de l'arrière-pays. Les communautés environnantes, dont l'économie repose sur le tourisme et sur certains types d'exploitation des ressources, se tournent vers Thunder Bay pour de nombreux services.

Peuplement et croissance

Il y a 10 000 ans, les chasseurs américains suivent les hordes de caribous dans cette région à l'époque où les glaces de la glaciation du Wisconsin se retirent vers le Nord. Des armes et des outils en pierre fabriqués localement, des artéfacts en cuivre et des poteries provenant de ces groupes et de leurs descendants ont été identifiés sur de nombreux sites archéologiques de la région. À l'époque du premier contact européen, au XVIIe siècle, la population locale est formée de tribus d'OJIBWÉS, et le nom de la baie fait référence à l'OISEAU-TONNERRE qui fait partie de leur folklore.

En 1679, Daniel DULHUT construit le Fort Caministigoyan près de la rivière Kaministiquia, que les négociants en fourrures et explorateurs français comme Jean-Baptiste LA VÉRENDRYE (1731) utilisent jusqu'à l'abandon de la route de la Kaministiquia vers l'ouest au profit du GRAND PORTAGE. En 1803, les Européens s'installent en permanence à Thunder Bay, au moment de la construction du FORT WILLIAM par la Compagnie du Nord-Ouest.

De 1805 à 1821, Fort William est l'établissement le plus important à l'intérieur de l'Amérique du Nord, en tant que centre de l'empire de la traite des fourrures de la Compagnie du Nord-Ouest. Son importance diminue quand la Compagnie du Nord-Ouest fusionne avec la Compagnie de la baie d'Hudson en 1821. L'établissement subsiste cependant jusqu'en 1870, lorsqu'il fusionne avec le port de Prince Arthur, situé à quelques kilomètres au nord-est, à la limite est de la ROUTE DAWSON.

De meilleures installations portuaires et la découverte d'argent permettent au port de surpasser son voisin plus ancien, mais en 1875, ce dernier connaît un second souffle avec le début de la construction du chemin de fer transcontinental à Fort William. L'hostilité et la méfiance mutuelles suscitées par cet événement durent presque un siècle. En 1884, le port devient la ville constituée de Port Arthur. Fort William est constitué en 1892, et les deux localités reçoivent leur charte municipale en 1907. Elles se développent de façon similaire, mais séparément jusqu'en 1970, lorsque les pressions du gouvernement provincial les constituent en ville unique sous le nom de Thunder Bay.

Paysage urbain

Thunder Bay occupe les plaines inondables du cours inférieur des rivières Kaministiquia, Neebing et McIntyre, l'ancien littoral du lac Supérieur au nord-est et les plus hautes terres des collines de Port Arthur. Au sud, s'élèvent le mont McKay et les Nor'Westers, une chaîne de plateaux aux versants abrupts. À l'est, environ 25 km de l'autre côté de la baie, se trouve la péninsule de Sibley, avec le Nanibijou (le géant endormi), une imposante formation rocheuse longue d'environ 33 km et aux falaises verticales qui émergent à plus de 300 mètres au-dessus du lac.

La fusion a engendré une ville avec deux centres-villes, chacun ayant son ancien quartier résidentiel adjacent et des développements de banlieue séparés. Des tentatives de revitalisation des deux centres-villes par une rénovation urbaine et le développement de quartiers de boutiques protégés des intempéries ont connu un succès limité, mais ces deux quartiers souffrent encore sur le plan économique de la concurrence des centres commerciaux de la banlieue. Depuis la fusion, d'importants développements domiciliaires s'étendent dans les deux cantons ruraux englobés. La zone industrielle se concentre le long des quais et dans les quartiers de Westfort et d'Intercity. Créé au milieu des années 1970 pour favoriser l'établissement de nouvelles industries légères, le parc industriel Balmoral attire cependant plus d'entreprises commerciales, dans les domaines des services et du commerce de détail.

Population

Dans la ligne de la nature frontalière de leurs économies, la population pionnière des localités de Lakehead de la fin du XIXe est surtout masculine et fluctue brutalement en fonction du changement des offres d'emplois dans la construction de chemins de fer, la navigation et l'exploitation des mines d'argent. À la fin des années 1890, les deux villes comptent chacune 3 000 habitants. Elles connaissent une croissance rapide jusqu'en 1914, Fort William en tête. Lors de la fusion, chacune compte près de 50 000 habitants et, depuis, la croissance a ralenti.

Les premiers colons sont surtout anglo-saxons, et cette communauté détient les pouvoirs économique et politique de la ville jusqu'à la Deuxième Guerre mondiale. Fort William compte d'importantes concentrations d'UKRAINIENS et d'ITALIENS, tandis que les Finlandais constituent le principal groupe d'immigrants de Port Arthur et de McIntyre. Les POLONAIS, les Scandinaves, les SLOVAQUES, les GRECS, les ALLEMANDS et les HOLLANDAIS ont aussi une forte représentation culturelle. Depuis les années 60, il y a peu d'immigration en provenance directe d'Europe, mais des CHINOIS et des ASIATIQUES DU SUD s'implantent dans cette localité en nombre croissant au cours des années 70. L'International Friendship Gardens rappelle la mosaïque ethnoculturelle de la ville contemporaine, soutenue par la Thunder Bay Multicultural Association.

Économie et main-d'oeuvre

L'économie de Thunder Bay repose encore essentiellement sur l'exploitation des ressources naturelles, leur transformation et leur transport. L'industrie forestière, qui englobe l'exploitation des terres boisées, les usines de pâtes et papiers et les usines de transformation du bois, est le secteur qui offre le plus d'emplois. Les produits forestiers, le charbon, le minerai de fer, la potasse et le soufre sont exportés à partir du port de Thunder Bay, mais les céréales, qui représentent 70 p. 100 de l'activité du port, sont les plus importantes. Le commerce céréales a souffert d'un changement de structure des échanges commerciaux internationaux et de la concurrence des ports de la Côte Ouest, ce qui a entraîné la fermeture de plusieurs silos dans les années 90. Le port continue d'expédier de 8 à 13 millions de tonnes de céréales par an. Il reste toutefois l'une des installations de manutention de céréales les plus grandes du monde avec 9 terminaux-élévateurs en mesure de nettoyer et d'entreposer 1,4 million de tonnes de céréales.

Parmi les industries secondaires, on trouve la construction d'automotrices, la réparation de navires ainsi que l'assemblage et la modification de matériel spécialisé pour les industries primaires. Les services administratifs et publics emploient une grande partie de la main-d'oeuvre, alors que l'industrie du tourisme constitue le deuxième employeur en importance après la foresterie et dessert plus d'un million de touristes par an. Des terrains de camping à l'intérieur de la ville ainsi que dans les parcs provinciaux de la région avoisinante attirent les touristes pendant l'été alors que deux centres de ski alpin et deux centres de ski de fond proches de la ville attirent les amateurs de sports d'hiver. Les plaisanciers disposent d'une marina avec des services complets et son parc adjacent au bord de l'eau, aménagés sur un ancien terrain industriel. Grâce au tourisme, au gouvernement, aux services de santé et d'éducation, qui créent une diversité économique, la ville maintient une certaine prospérité durant les périodes de fluctuation que subit l'industrie des ressources naturelles. La croissance de plusieurs petites sociétés de produits biotechnologiques, qui, au même titre que le Centre régional des sciences de la santé de Thunder Bay et l'école de médecine de l'Université Lakehead doivent contribuer de manière significative au volet des services de santé de l'économie de la ville constitue un développement prometteur.

Transport

Fort William était le véritable centre de la route de la traite des fourrures vers le nord-ouest. La ville prend une nouvelle importance en 1885 avec l'achèvement du CANADIEN PACIFIQUE et l'augmentation constante du volume de grain de l'ouest, qui arrive à Lakehead en route vers l'est. Avec l'achèvement de la section Manitoba - Port Athur du CANADIAN NORTHERN RAILWAY (1902), Thunder Bay devient l'un des plus grands ports céréaliers du monde. Le port de Lakehead bénéficie de l'ouverture de la VOIE MARITIME DU SAINT-LAURENT (1959) et du terminal Keefer, quai pour la manutention des marchandises pour le transport océanique (1962). Malgré une interruption d'activité due au gel et des changements de structure dans le commerce international qui favorise les expéditions de la Côte Ouest, il demeure l'un des ports les plus achalandés du Canada.

Le Canadien Pacifique, le Canadien National et Via Rail relient Thunder Bay au réseau de chemin de fer national, même si le service passager disparaît en 1990. Comme la ROUTE TRANSCANADIENNE est l'unique route est-ouest qui traverse la région, tout le trafic routier d'un côté du Canada à l'autre doit passer par Thunder Bay. AIR CANADA et WestJet sont associés à des transporteurs régionaux tels que Bearskin Airlines pour offrir des services aériens régionaux et nationaux. Les vols de Northwest Airlines permettent des correspondances vers les États-Unis en passant par Minneapolis. Les transporteurs aériens détenus par les Autochtones, tels que Wasaya Airways et North American Charters 2000, fournissent des services importants aux communautés des Premières nations situées au nord et à l'ouest de Thunder Bay.

Administration et politique

Le gouvernement municipal actuel est dirigé par un conseil élu tous les trois ans, comprenant un maire (élu par les citoyens) et douze conseillers municipaux (cinq élus par les citoyens, un de chacune des sept sections électorales). Dix départements et cinq bureaux ou commissions appliquent les décisions du conseil. Thunder Bay Hydro assure la vente et la distribution de l'électricité dans la ville et la municipalité possède Thunder Bay Telephone (ou TBayTel), le plus grand système téléphonique indépendant au Canada. Le conseil municipal est aussi représenté auprès de divers organismes locaux comme la Commission de Conservation de la région de Lakehead et la Commission du port de Lakehead. Les écoles publiques et privées y ont leurs bureaux administratifs et leur pouvoir s'étend aux municipalités rurales voisines.

Vie culturelle

Thunder Bay est devenu le centre régional de la vie culturelle dans le Nord-Ouest de l'Ontario. Situé au centre-ville, le Thunder Bay Community Auditorium est considéré comme l'une des plus belles salles de concert d'Amérique du Nord. Les productions culturelles sont assurées par l'orchestre symphonique, la chorale masculine de Fort William de même que par des ensembles de musique multiculturelle et par nombre d'artistes du show business contemporain. Il existe une compagnie de théâtre professionnelle, le Magnus Theatre, ainsi que diverses troupes d'amateurs. Thunder Bay est également le site d'un des casinos caritatifs de la province de l'Ontario.

La Thunder Bay Art Gallery est un centre national d'exposition de l'ART INUIT et autochtone. Il existe aussi plusieurs galeries privées ou dirigées par des artistes qui exposent des oeuvres d'art locales. On fait revivre l'histoire de la région au Thunder Bay Historical Museum et au Fort William Historical Park, une réplique d'un poste de traite des fourrures du XIXe siècle, ainsi qu'au Founders' Museum qui prend la forme d'un village des pionniers du Nord-Ouest de l'Ontario au début des années 1900. La diversité culturelle de la ville est soulignée par les activités de divers groupes ethniques et un festival multiculturel annuel.

L'éducation postsecondaire est offerte par le Confederation College of Applied Arts and Technology et l'U. LAKEHEAD. Le campus de l'Université Lakehead partage une école de médecine avec l'Université Laurentienne de Sudbury. Destinée à répondre aux besoins du Nord de l'Ontario, elle reçoit une accréditation en 2004.

Deux hebdomadaires (dont un en finnois) et un quotidien y sont publiés. Il y a également sept stations de radio locales, dont une appartient à la Société Radio-Canada (SRC). La région est desservie par des stations de télévision affiliées à CTV et à SRC qui appartiennent à la même compagnie qui les exploite, TV Ontario, et de nombreux canaux par câble. Les industries culturelles, comme la production de films, la production musicale, l'édition de livres et d'art graphique prennent racine dans la ville.

Les équipes sportives de la ville ont remporté des titres nationaux au hockey et en saut à skis. Les équipes de curling de Al Hackner (1982) et de Heather Houston (1989) ont gagné les championnats du monde. Des athlètes locaux ont remporté des médailles aux Jeux Olympiques, aux Jeux du Commonwealth et aux Jeux Panaméricains. Parmi eux, Curt Harnett qui a gagné des médailles en cyclisme lors de trois éditions des Jeux Olympiques. La ville a été l'hôte des Jeux d'hiver de l'Ontario (1976); du championnat de patinage artistique canadien (1980); de plusieurs rencontres de saut à skis pour la Coupe du Monde; des Jeux d'été du Canada (1981) qui ont donné à la ville un complexe multisportif de 7,5 millions de dollars; enfin, du championnat féminin de curling du Canada (1996). En 1995, les les Jeux nordiques mondiaux ont eu lieu à Thunder Bay.