Les Territoires du Nord-Ouest se trouvent au nord-ouest du centre du Canada. Ils sont délimités à l’est par le Nunavut, à l’ouest par le Yukon et au sud par le coin nord-est de la Colombie-Britannique, ainsi que par toutes les frontières septentrionales de l’Alberta et de la Saskatchewan. À l’origine, le nom s’appliquait au territoire acquis en 1870 de la Compagnie de la Baie d’Hudson et de la Grande-Bretagne : la Terre de Rupert et le Territoire du Nord-Ouest. En 1880, la Grande-Bretagne a également transféré au Canada l’archipel Arctique, au nord de la partie continentale, étendant ainsi le territoire. L’acquisition des Territoires du Nord-Ouest est principalement due à la volonté du gouvernement canadien, dirigé par Sir John A. MacDonald, de fonder une nation britannique en Amérique du Nord et de se protéger contre l’incursion potentielle des colons américains.

Terre et ressources

Les Territoires du Nord-Ouest comprennent trois régions principales : l’archipel Arctique au nord, l’Arctique continental et la région de la vallée du Mackenzie. L’Arctique continental, parfois appelé Barren Lands, se trouve au nord-est de la limite forestière et la région de la vallée du Mackenzie, à l’ouest.

Archipel Arctique

L’archipel Arctique, la deuxième plus grande région de l’Extrême-Arctique au monde, est constitué de 94 îles principales dont certaines font partie des Territoires du Nord-Ouest. L’île Banks, le nord-est de l’île Victoria, l’ouest de l’île Melville et les îles Parry font partie du territoire.

La glace est éternelle dans les îles situées les plus au nord-ouest et elle recouvre toutes les mers avoisinantes la majeure partie de l’année, limitant ainsi grandement la navigation. La partie sud-est de l’archipel n’est pas aussi froide, cependant, en raison de sa proximité des eaux libres de l’Atlantique Nord et grâce à son altitude plus élevée, elle reçoit plus de précipitations qu’ailleurs dans l’Arctique qui, de manière générale, fait partie des régions les plus sèches du Canada.

L’archipel diffère des deux autres régions des Territoires du Nord-Ouest par ses étés qui restent frais; en juillet, en raison des eaux froides environnantes, la température moyenne n’est que de 10 °C dans presque toute la région. Le fort contraste entre les longues journées de l’été et les courtes journées (voire inexistantes) de l’hiver reflète la latitude élevée. Le climat rigoureux et le pergélisol entraînent un faible développement des sols. La végétation limitée est celle de toundra, allant de petits buissons aux herbes, mais certaines régions en sont même dépourvues. Aulavik, le premier parc national du territoire, a été créé dans l’archipel en 1922, sur l’île Banks.

L’Arctique continental

Le bouclier canadien constitue l’Arctique continental. Les roches les plus anciennes du Canada (3,96 milliards d’années) ont été trouvées à l’est du Grand lac de l’Ours. Les couches de glace du pléistocène ont poli sa surface, érodant les matériaux de surface jusqu’au substratum rocheux. À certains endroits, la fonte des glaces a laissé des blocs de roche, du sable et des graviers. Dans l’ensemble, la surface de basse altitude est rocheuse et légèrement ondulée, parcourue par un labyrinthe déconcertant de rivières et de lacs irréguliers.

Tout comme dans l’archipel, il n’y a pas vraiment de véritable sol. La végétation est de type toundra, habituellement composée de nombreux arbustes. Dans les endroits abrités, comme le long des cours d’eau intérieurs, des arbres rabougris peuvent prolonger les terres boisées au sud et à l’ouest.

Du point de vue climatique ainsi que géographique, l’Arctique continental se trouve entre l’archipel Arctique et la vallée du Mackenzie, avec des températures hivernales plus froides et des températures estivales plus chaudes en raison de sa situation continentale. Par exemple, le lac Baker, situé à l’ouest de la baie d’Hudson, enregistre des températures diurnes maximales moyennes de -27 °C en janvier et de 16 °C en juillet, avec des précipitations totales moyennes de 268 mm.

Région de la vallée du Mackenzie

Du point de vue géologique, cette région va du Bouclier canadien sur sa frontière orientale jusqu’à des formations sédimentaires plus jeunes des ères paléozoïque et mésozoïque en succession à l’ouest. Le Grand lac de l’Ours (31 328 km2) et le Grand lac des Esclaves (28 568 km2) sont situés à la limite du bouclier qui, dans cette région, dépasse souvent une altitude de 300 mètres. Cette division de la végétation correspond à une division culturelle des peuples autochtones, les Inuits vivant dans l’Arctique et les Dénés, dans la région subarctique. Le développement économique plus avancé et la population plus nombreuse dans la vallée du Mackenzie subarctique distinguent également cette région de l’Arctique continental. Une bonne partie de la région de la vallée du Mackenzie consiste en un prolongement étroit vers le nord des plaines Intérieures continentales, avec quelques collines s’élevant à quelques centaines de mètres au-dessus du niveau moyen. À l’ouest, elle se transforme soudainement en terrain montagneux de la région de la Cordillère, avec des sommets supérieurs à 2 700 m. La région est parcourue par le fleuve Mackenzie et ses affluents, dont le bassin de drainage (1,8 million de kilomètres2) et le réseau (4 241 km) sont respectivement le plus grand et le plus long au Canada.

Contrairement aux deux autres régions des Territoires du Nord-Ouest, seule la partie la plus septentrionale se trouve dans la zone de pergélisol continu. Presque tout le territoire se trouve dans la zone discontinue où le pergélisol est étendu, voire omniprésent.

La haute vallée du Mackenzie se trouve dans la zone transitionnelle de la FORÊT BORÉALE qui abrite principalement des épinettes et des mélèzes. La basse vallée du Mackenzie est située dans la zone septentrionale de la forêt boréale qui abrite une grande variété d’arbres, dont le bouleau gris, le pin gris, le sapin baumier et le peuplier faux-tremble. De vastes espaces sont mal drainés, particulièrement dans les plaines, en raison du pergélisol et de la glaciation continentale. Il en résulte des tourbières réticulées et des fondrières.

L’amplitude de la température est plus élevée dans la vallée du Mackenzie que dans les deux autres régions. Par exemple, à Fort Good Hope, la température diurne maximale moyenne est de -25 °C en janvier et de 21 °C en juillet. Les précipitations, dont les chutes de neige, sont beaucoup plus élevées qu’ailleurs dans l’Arctique.

Le parc national Wood Buffalo, chevauchant la frontière de l’Alberta, est le plus grand parc national du Canada (44 802 km2). Il a été créé en 1922 pour protéger le seul troupeau de bisons des bois à l’état sauvage, et il abrite également plusieurs milliers de bisons des plaines. En été, les grues blanches en voie de disparition viennent y faire leur nid.

Peuple

La présence des premiers non-Autochtones dans les Territoires du Nord-Ouest est due à l’expansion vers le nord de la traite des fourrures à la fin du XVIIIe et au début du XIXe siècle, au moment où des postes étaient installés dans la vallée du Mackenzie. Les missions sont arrivées à la fin du XIXe siècle, et la Gendarmerie royale du Canada (GRC) et d’autres représentants du gouvernement fédéral s’y sont installés au XXe siècle. Cependant, la police était déjà présente dans les Territoires du Nord-Ouest depuis bien plus longtemps, notamment lors de la création de la Police à cheval du Nord-Ouest en 1873, pour rétablir l’ordre dans la région. Par sa présence croissante dans les Territoires du Nord-Ouest, le gouvernement voulait « dompter » cette civilisation frontalière, et notamment, intégrer la population autochtone.

Dans les années 1930, le développement de l’exploitation des ressources minérales et des transports ont marqué le début d’une influence non autochtone plus importante. L’isolement des régions arctiques en rendait l’accès plus difficile, et les postes de traite des fourrures n’y ont été établis qu’au XXe siècle. Ce n’est qu’après la Première Guerre mondiale que des établissements permanents ont été établis dans les îles de la Reine-Élisabeth. En 2012, la population du territoire s’élevait à 43 300 habitants, par comparaison à 37 360 en 2001. Statistique Canada constate que cette croissance de la population est probablement due à une meilleure collecte de renseignements pour les Territoires du Nord-Ouest plutôt qu’à un réel accroissement démographique.

En raison de la faible population totale, les politiques externes et les conditions économiques ont d’importantes répercussions sur le taux de croissance des Territoires du Nord-Ouest. Depuis 1966, la croissance a été irrégulière, reflétant le transfert administratif d’Ottawa à Yellowknife, la cession du territoire en 1999 pour la création du Nunavut et l’intérêt variable suscité par l’exploitation des ressources minérales. Cependant, le taux de natalité demeure l’un des plus élevés au Canada (environ 1,97 enfant par femme), ce qui crée une certaine pression par rapport à l’emploi.

Centres urbains

Les petits centres urbains les plus peuplés des Territoires du Nord-Ouest sont situés dans la région de la vallée du Mackenzie, la capitale, Yellowknife, étant la plus grande ville. D’abord centre aurifère, elle est devenue la capitale territoriale en 1967. Bien que la plupart des établissements soient beaucoup plus petits que Yellowknife, ils sont importants pour diverses raisons. Fort Smith était le principal centre administratif avant que Yellowknife ne devienne la capitale, et il reste toujours important pour la région. Hay River est un centre de transport et de pêche. Behchokò est la plus grande communauté dénée des Territoires du Nord-Ouest et un centre administratif pour les Tlichos. Inuvik est le principal centre administratif et de transport de l’Arctique de l’Ouest. Fort Simpson, autrefois le centre de la traite des fourrures, est situé à la confluence de la rivière Liard et du fleuve Mackenzie.

Main d’œuvre

En 2006, le nombre de personnes employées dans les Territoires du Nord-Ouest s’élevait à 23 445. La plupart d’entre eux occupaient un poste dans le secteur des services et principalement dans l’administration publique (22 pour cent), dans la vente au détail (9 pour cent) et dans les services de santé (9 pour cent). Au sein du secteur de production des biens, l’exploitation minière et la construction étaient les plus grands employeurs, chacun comptant pour environ 7 pour cent des résidents employés.

Langue et ethnicité

Les peuples autochtones représentent environ la moitié de la population des Territoires du Nord-Ouest. Trois communautés principales, les Dénés, les Inuits/Inuvialuits et les Métis, forment la majorité de la population autochtone. De plus petits groupes tribaux se trouvent au sein de la communauté dénée, principalement les Chipewyans, les Tlichos, les Couteaux-Jaunes, les Esclavesdu Sud, les Esclaves du Nord, les Gwich’in et les Dénés du Sahtu. Onze langues officielles sont parlées dans les Territoires du Nord-Ouest : le chippewyan, le cri, l’anglais, le français, le kutchin, l’inuinnaqtun, l’inuktitut, l’inuvialuktun, la langue des Esclaves du Nord, la langue des Esclaves du Sud et le tlicho.

Histoire

Avant que les Européens ne s’installent dans la région maintenant connue sous le nom de Territoires du Nord-Ouest et commencent à faire du commerce avec la population autochtone, de petits groupes de peuples autochtones y habitent (comme les Inuits et les Dénés). Ces groupes, dont les Inuits souvent nomades qui se trouvaient dans les régions septentrionales éloignées, vivent depuis des générations dans des conditions climatiques difficiles, subvenant à leurs besoins grâce à la chasse et à la pêche. L’arrivée des colons et des commerçants européens avait modifié ces modes de vie traditionnels, mais les peuples autochtones n’ont jamais disparu du territoire.

Exploration

Les premiers explorateurs européens connus qui rendent visite aux Territoires du Nord-Ouest d’aujourd’hui sont les Vikings qui naviguent jusqu’à l’Arctique de l’Est à partir de leurs établissements du Groenland (vers 1000 av. J.-C.). En 1576, Martin Frobisher est le premier d’une série d’explorateurs européens à rechercher le passage du Nord-Ouest, mais au début du XVIe siècle, les conditions de glaces difficiles et les limitations des bateaux empêchent d’aller plus loin.

En 1770–1771, Samuel Hearne, de la Compagnie de la Baie d’Hudson, entreprend une remarquable expédition par voie terrestre, de Churchill jusqu’à la rivière Coppermine, en passant par l’Arctique continental. Bien que la Compagnie ait emprunté la route de la baie d’Hudson, ses intérêts se trouvent plus loin à l’intérieur des terres, sur le continent.

En 1789, Alexander MacKenzie, de la Compagnie du Nord-Ouest, se rend plus au nord, partant du Fort Chipewyan sur le lac Athabasca afin de suivre le cours d’eau qui allait être connu sous le nom de fleuve Mackenzie jusqu’à son embouchure. Peu de temps s’écoule avant que des postes de traite des fourrures ne soient établis le long de son parcours et dans les régions tributaires, puis repris par la Compagnie de la Baie d’Hudson.

L’exploration ultérieure de l’archipel Arctique dans la première partie du XIXe siècle mettait l’accent sur la relance des recherches d’un passage du Nord-Ouest et sur des tentatives d’atteindre le pôle Nord à la fin de ce siècle, un voyage qu’accomplit enfin l’américain R.E. Peary en 1909. En 1845, la disparition de l’expédition de Sir John Franklin entraîne l’ajout de nombreux renseignements cartographiques par les expéditions de recherche et inclut la traversée du mystérieux passage en 1853 par Sir Robert McClure (bien que la première traversée par bateau ait été effectuée en 1903-1904 par Roald Amundsen).

Plus tard, des expéditions britanniques et américaines longeant la côte est de l’île d’Ellesmere explorent la partie est des îles de la Reine-Élisabeth. Au début du XXe siècle, l’explorateur norvégien Otto Sverdrup découvre la plupart des autres îles au nord-ouest, et Vilhjalmur Stefansson en achève la découverte entre 1913 et 1918.

Établissement

Lorsque les Territoires du Nord-Ouest sont acquis par le gouvernement canadien en 1870, ils sont déjà habités par une population de 150 000 Autochtones. Les postes de traite des fourrures étaient les seuls noyaux de l’établissement non autochtone, et ce, jusqu’à une période relativement récente. À la fin du XIXe siècle, des missions sont établies près des postes situés le long du fleuve Mackenzie. La pression provenant des Canadiens-anglais, ainsi que les changements causés par le développement croissant, poussent de nombreux Métis plus loin au nord tout au long des années 1870 et 1880 et après la Rébellion de la rivière Rouge menée par Louis Riel en 1869–1870. Ce déplacement, ainsi que la colère causée par l’échec du gouvernement de prendre en considération les voix des Premières nations et des Métis, entraîne l’échec de la Rébellion du Nord-Ouest de 1885, la pendaison de Riel et la réinstallation de nombreuses personnes dans le nord du Canada.

Dans ces petits établissements, au tournant du siècle, la présence du gouvernement fédéral était représentée par la GRC, les stations de radio du Corps royal canadien des transmissions et d’autres organismes. Les sites stratégiques de transport de l’eau, comme Fort Smith et Tuktoyaktuk offraient d’autres avantages qui ont attiré un certain établissement. Les nouveaux arrivants préféraient la vallée du Mackenzie à l’Arctique en raison de sa plus grande accessibilité et de ses ressources plus diversifiées. En 1921, le gouvernement fédéral signe également son dernier traité numéroté, le traité 11, avec les peuples autochtones vivant au nord du Grand lac des Esclaves. Le traité 11 découle de l’enthousiasme suscité par la découverte de pétrole à Fort Norman en 1920. Le gouvernement envoie une commission de traité dans la basse vallée du fleuve Mackenzie afin d’ouvrir le territoire, pour pousser et faciliter l’exploration des ressources. Comme pour les autres traités numérotés, le traité 11 garantissait certains droits, comme le droit des Autochtones à la chasse et au piégeage, mais le gouvernement fédéral ignorait souvent ces droits et les considérait comme assujettis à la réglementation gouvernementale.

L’exploration des ressources minérales qui commence dans les années 1930, à l’aide des pilotes de brousse et de leurs avions améliorés, ainsi que le nombre croissant de chasseurs européens entraînent une importante affluence de nouveaux arrivants, même dans l’Arctique continental. L’entre-deux-guerres voit la montée de maladies et le déclin des modes de vie traditionnels parmi les populations autochtones, car c’est à cette période que la nouvelle industrie minière attire des colons dans la région. La disponibilité du gibier de chasse est perturbée, coïncidant avec la diminution du financement fédéral accordé aux Territoires du Nord-Ouest pendant la grande dépression.

Développement

Au cours des dernières décennies, les événements politiques internationaux et nationaux, un changement social généralisé, de très fortes demandes en ressources ainsi que l’accès à une technologie améliorée ont entraîné un changement et un développement important dans les Territoires du Nord-Ouest. Dès la Deuxième Guerre mondiale, les hostilités internationales ont des répercussions sur les établissements de la vallée du Mackenzie, avec le projet du pipeline Canol et, dans la partie sud de l’Arctique de l’Est jusqu’aux aéroports de la ligne d’étapes du Nord-Est. La guerre froide a entraîné la construction de stations de radar de la ligne DEW (voir Ligne de radars avancés) dans toute la région arctique et a contribué au premier établissement permanent dans les îles de la Reine-Élisabeth, dans le cadre du projet conjoint de stations météorologiques dans l’Arctique (voir Stations météorologiques de l’Extrême-Arctique).

Après la Seconde Guerre mondiale, les conditions économiques dans les Territoires du Nord-Ouest commencent à se détériorer, car les prix de la fourrure ont diminué et la Compagnie de la Baie d’Hudson a commencé à fermer des postes. Les communautés inuites s’installent alors autour des stations militaires pour des raisons de sécurité et d’accès aux ressources. Les conditions sont déplorables. Le gouvernement réagit en déplaçant les Inuits de manière à satisfaire le mieux ses besoins administratifs et pour faciliter la prestation de services. Ce processus entraîne l’affaiblissement des liens d’amitié et une diminution plus importante de la chasse au gibier traditionnelle. Dans certains cas, les Inuits à qui l’on demande de déménager se font tromper par le gouvernement qui ne tient pas ses promesses en ce qui concerne la non-séparation des familles et le lieu de réinstallation. Au cours des dernières années, les Inuits de cette région ont commencé à demander une reconnaissance du rôle unique qu’ils ont joué dans la protection de la souveraineté du Canada.

En 1953, le gouvernement fédéral assume des responsabilités accrues pour le territoire, avec la création du ministère du Nord canadien et des Ressources nationales (maintenant appelé le ministère des Affaires indiennes et du Nord canadien). D’importantes améliorations sont apportées aux services de santé, au logement, aux établissements d’enseignement et aux communications, afin qu’ils soient au même niveau que ceux du sud du Canada. Récemment, ces responsabilités ont en grande partie été déléguées au gouvernement territorial.

Les services gouvernementaux sont maintenant plus nombreux dans les établissements du Nord, et sont parfois la meilleure source d’emplois locaux. Par conséquent, la plupart des résidents du Nord vivent maintenant dans des établissements permanents pendant presque toute l’année. La demande pour les minéraux et les combustibles, parallèlement aux améliorations de la technologie de l’industrie minière et des transports, ont rendu les ressources du Nord plus attrayantes économiquement, et l’exploitation de ces ressources crée des emplois. Cependant, l’exploitation des ressources naturelles favorise une économie imprévisible, et menace davantage le mode de vie traditionnel des communautés autochtones.

Économie

L’économie des Territoires du Nord-Ouest repose sur l’extraction des ressources primaires. La fourrure sur laquelle l’économie reposait auparavant a perdu beaucoup d’importance. La pêche commerciale de la baleine a disparu au début du XXe siècle. Depuis les années 1930, les minéraux sont devenus l’assise économique la plus importante pour les Territoires du Nord-Ouest, toutes les autres activités économiques, à part le secteur tertiaire, suivant loin derrière.

Agriculture

Dans les Territoires du Nord-Ouest, l’agriculture occupe une place négligeable. Au cours des années qui suivent la Première Guerre mondiale, il y a plusieurs petites tentatives d’agriculture, comme les jardins des missions et des hôpitaux. Des techniques d’agriculture perçues comme étant supérieures à celles du mode de vie traditionnel sont également enseignées aux enfants autochtones. Ces efforts, conjointement à la volonté de fournir une terre aux soldats qui rentraient au pays, encouragent le gouvernement canadien à étendre ses activités plus au nord. Bien que brefs, ces efforts ont des répercussions à long terme sur l’environnement du Nord, en raison du défrichage des terres et de l’introduction de nouvelles herbes et plantes. Cependant, en fin de compte, l’étroitesse du marché, la sécheresse estivale et la faible surface de terre arable constituent des obstacles majeurs à l’agriculture dans les Territoires du Nord-Ouest. Il est souvent moins coûteux de faire venir des produits agricoles du Sud, en raison de l’amélioration des transports. De nos jours, seuls quelques jardins maraîchers sont exploités dans la vallée de la rivière Hay.

Exploitation minière

L’exploitation minière fait partie intégrante de l’économie des Territoires du Nord-Ouest. Au fil des ans, l’exploitation minière dans la région est principalement passée des métaux communs et précieux (comme l’uranium, l’or, le plomb et le zinc) aux diamants. Par exemple, les diamants du Lac de Gras, à 300 km au nord de Yellowknife, ont beaucoup attiré l’attention dans les années 1990. En effet, la découverte de la première cheminée kimberlitique en 1990, un genre de rocher en cône contenant souvent des diamants, a entraîné l’une des plus grandes ruées au monde dans cette région l’année suivante.

Actuellement, quatre mines sont exploitées dans les Territoires du Nord-Ouest. Trois d’entre elles produisent des diamants et l’autre, du tungstène. En 2010, la valeur totale de la production minérale dans les Territoires du Nord-Ouest s’élevait à plus de 2 milliards de dollars, par rapport à environ 6,8 millions en 2000, ce qui équivaut à une augmentation de presque 200 pour cent. Deux des mines de diamants ont été créées pendant cette période de 10 ans, contribuant en grande partie à l’augmentation de la valeur de la production.

L’exploitation minière emploie environ 3 000 personnes, soit environ 14 pour cent de la main-d’œuvre des territoires. Elle est une source importante d’emplois dans les activités de services connexes comme l’exploration minière.

Énergie

Le chauffage est une dépense majeure pour les résidents du Nord, en raison des hivers longs et rigoureux et du coût du transport. Pour la plupart des établissements, les besoins énergétiques sont comblés par le mazout et les centrales thermiques. L’énergie hydroélectrique est inexistante sur presque tout le territoire. Les ressources hydroélectriques potentielles des Territoires du Nord-Ouest ont été estimées à environ 2 473 mégawatts (MW), la plupart se trouvant dans la région de la vallée du Mackenzie. (En comparaison, la puissance installée des exploitations hydroélectriques au Québec, l’un des plus gros producteurs d’énergie hydroélectrique au Canada, s’élevait à 35 829 MW en 2012.) La série de rapides sur la rivière des Esclaves près de la frontière albertaine a fait l’objet d’étude d’installation de centrale hydroélectrique potentielle, mais un projet d’une telle envergure aurait des répercussions graves sur la faune et son habitat. Les centrales hydroélectriques suivantes sont actuellement exploitées : le système hydroélectrique du lac Snare, l’installation hydroélectrique Bluefish et la centrale hydroélectrique de Taltson.

Trois sociétés fournissent de l’électricité dans la région : la Société d’énergie des Territoires du Nord-Ouest (NTPC), Northland Utilities Enterprises Ltd. (NUL) et Imperial Oil Ltd. qui vend du gaz naturel à NTPC à des fins de distribution à Norman Wells, un champ de pétrole dans les Territoires du Nord-Ouest.

Le gaz naturel est produit dans trois endroits : à Normal Wells, à Inuvik (Ikhil) et à Cameron Hills. Quant au pétrole, il est produit à Norman Wells et à Cameron Hills.

Il y a une quête perpétuelle de sources supplémentaires de pétrole et de gaz naturel dans les Territoires du Nord-Ouest. Dans les années 1970, beaucoup de personnes ont fait part de leurs préoccupations par rapport aux perturbations environnementales causées par les projets de pipeline dans la vallée du Mackenzie et dans l’Arctique. L’enquête sur le pipeline de la vallée du Mackenzie a entraîné le report du projet jusqu’à ce que les revendications territoriales autochtones et les problèmes environnementaux soient résolus. De façon similaire, en 1995, l’exploration extracôtière a repris après la levée d’un moratoire de 25 ans sur l’octroi de droits qui avait été instauré en attente de la résolution des revendications territoriales. Ces dernières demeurent une question importante avec l’exploitation continue des ressources.

Chasse, pêche et piégeage

Pour les peuples autochtones, la ressource naturelle la plus importante de la région était le caribou migrateur de la toundra qui se rassemblait en très grand nombre dans cette région les étés. Au XXe siècle, le nombre de caribous a considérablement diminué en raison des changements relatifs à la pression de chasse et de l’abondance des loups. Cette diminution a eu d’importantes répercussions sur les résidents locaux, entraînant la migration des Inuits du Caribou du lac Ennadai vers les communautés de la côte ouest de la baie d’Hudson, au Nunavut. En 1985, le nombre de caribous était de nouveau important et la plupart des troupeaux étaient en croissance.

Dans la première moitié du XXe siècle, les Inuits vivaient traditionnellement des animaux marins (p. ex. les baleines, phoques, poissons) ainsi que du piégeage (renard arctique). La chasse à la baleine pratiquée de façon commerciale par les non-Autochtones, a presque exterminé ces mammifères aux environs de 1910, et les communautés autochtones continuent de chasser, bien que de façon plus limitée (p. ex. dans le delta du Mackenzie). Les peaux d’ours polaire et la fourrure de renard constituent encore aujourd’hui une certaine source du revenu pour les Inuits.

Un grand nombre d’habitants des plus petites communautés continuent de gagner leur vie, au moins en partie, grâce à la chasse, au piégeage et à la pêche. En 2008, 39 pour cent des résidents âgés de plus de 15 ans chassaient ou pêchaient dans les Territoires du Nord-Ouest, dont 45 pour cent de la population autochtone. Six pour cent ont participé à des activités de piégeage.

Outre la valeur de la fourrure provenant de la chasse (830 900 $ en 2009), la viande constitue une grande partie de l’alimentation locale. Depuis 1974, le gouvernement territorial aide les personnes qui souhaitent vivre de la terre en élaborant divers programmes d’aide en matière d’agriculture.

La pêche commerciale est principalement pratiquée dans le Grand lac des Esclaves. La prise la plus importante est le Grand Corégone, bien que l’on pêche également le brochet et la truite grise.

Tourisme

Le tourisme apporte de plus en plus d’avantages économiques aux Territoires du Nord-Ouest. Les visiteurs s’y rendent en empruntant la route du Mackenzie et la route de Dempster à l’ouest. Des camps de pêche sportive à la mouche et de pleine nature se trouvent à Yellowknife et à Fort Smith, entre autres. Les cinq parcs nationaux des Territoires du Nord-Ouest, Aulavik, Nááts’ihch’oh, Nahanni, Tuktut Nogait et Wood Buffalo, attirent les visiteurs malgré l’importante distance qui les sépare du sud du Canada. Les parcs Nahanni et Wood Buffalo sont des sites du patrimoine mondial de l’UNESCO.

Artisanat

Les gravures et les sculptures inuites se sont forgé une réputation internationale, et elles représentent une importante source d’emploi. En 2008, environ neuf pour cent de la population âgée de plus de 15 ans des Territoires du Nord-Ouest produit de l’artisanat, dont un grand pourcentage de la population des petites communautés autochtones de Kakisa et de Trout River (environ 40 pour cent et 48 pour cent respectivement).

Transports

Dans les Territoires du Nord-Ouest, le transport est confronté à de très grandes distances, à un climat rigoureux et à une population peu nombreuse et très dispersée. Vu ces conditions, il est remarquable que les Territoires du Nord-Ouest soient si bien desservis, et les coûts de services élevés sont justifiés.

Le transport commercial par voie d’eau est toujours assuré en été sur le Mackenzie. Une flotte moderne de remorqueurs à moteur diesel et de chalands est appareillée à Hay River, avec une base secondaire à Tuktoyaktuk, à l’embouchure du Mackenzie, le seul port abrité fiable dans les eaux peu profondes de la côte ouest.

Les communautés côtières, de Tuktoyaktuk vers l’est aussi loin que la presqu’île de Boothia, sont desservies par un remorqueur et un chaland à double usage, bien qu’il soit fréquent que la courte saison sans glace limite le service à une seule escale. Les communautés arctiques de l’est sont desservies par des bateaux en provenance de Churchill, Montréal et Halifax qui offrent un service annuel régulier jusqu’aussi loin au nord que Resolute, incluant quelques expéditions sous escorte d’un brise-glace à Winter Harbour, sur la presqu’île Melville.

Depuis la Seconde Guerre mondiale, un réseau routier limité a été étendu vers le nord, jusqu’à la vallée du Mackenzie. Les routes sont principalement toutes saisons et en gravier, et elles sont reliées grâce à de nombreux services importants de traversiers. Les routes Mackenzie et Yellowknife relient Hay River et Yellowknife au réseau routier du nord-ouest de l’Alberta. Un prolongement de route partant de Hay River rejoint Fort Resolution et Fort Smith. Ce prolongement procure le seul accès routier au parc national de Wood Buffalo. Un prolongement de la route vers le nord, dans la vallée du Mackenzie, prend fin à Wrigley, au nord de Fort Simpson. La route Liard, qui a été ouverte en 1984, relie Fort Simpson à Fort Liard et rejoint la route de l’Alaska. Inuvik et d’autres communautés du delta du Mackenzie sont maintenant reliées à Dawson, au Yukon, par la route de Dempster, permettant presque d’atteindre les rivages de l’océan Arctique par la route. Le pont de Deh Cho, qui enjambe le fleuve Mackenzie près du Fort Providence, a été inauguré le 30 novembre 2012. Il a été construit pour permettre aux régions avoisinantes d’être moins dépendantes des services de traversiers, particulièrement la région de North Slave. L’on espère également que le pont favorisera les activités commerciales à longueur d’année, au lieu des tendances strictement saisonnières des années précédentes.

Des routes saisonnières d’hiver existent également sur les lacs gelés, permettant d’atteindre de nombreuses communautés et mines isolées. Les traverses de glace doivent être reconstruites chaque année et ne sont opérationnelles qu’environ trois à quatre mois par année.

L’ancien Chemin de fer du Grand lac des Esclaves, maintenant une filiale de la division Peace River du CN, s’étend sur 696 km au nord, de Grimshaw, en Alberta, jusqu’à Hay River. C’est le seul chemin de fer des Territoires du Nord-Ouest. Ce dernier a également contribué à ce que Hay River devienne le principal centre de transport fluvial grâce aux avantages que présente le transbordement, remplaçant l’ancienne route entièrement maritime de la rivière des Esclaves passant par Fort McMurray, en Alberta. L’avion est souvent le seul moyen de transport utilisable dans les Territoires du Nord-Ouest, particulièrement dans l’Arctique. Des aérodromes desservent la plupart des communautés des Territoires du Nord-Ouest de plus de 100 habitants. Un service aérien régulier assure le transport entre des villes du sud du Canada et les plus grandes communautés, aussi loin au nord que Resolute.

Gouvernement et politique

Gouvernement provincial

À partir de 1905, lorsque les régions qui sont maintenant devenues l’Alberta et la Saskatchewan ont obtenu le statut de province et ont donc été retranchées des Territoires du Nord-Ouest, et jusqu’à la Seconde Guerre mondiale, le gouvernement des Territoires du Nord-Ouest était dirigé par un commissaire et un conseil nommés, entièrement composé de hauts fonctionnaires basés à Ottawa. À partir de 1951, des membres élus ont graduellement rejoint les rangs du conseil auparavant entièrement nommé, jusqu’à ce qu’il devienne un organisme entièrement élu en 1974. Pendant la période précédant ce changement, le commissaire était un sous-ministre du ministère fédéral responsable de l’administration du Territoire du Yukon et des Territoires du Nord-Ouest. Cette fonction s’ajoutait à d’autres responsabilités importantes. En 1966, le gouvernement fédéral a créé des circonscriptions électorales fédérales dans certaines parties des Territoires du Nord-Ouest.

En 1967, le siège du gouvernement territorial a été transféré à Yellowknife, et le commissaire y a déménagé avec le noyau de ce qui est devenu un service public territorial. Aujourd’hui, la Loi fédérale sur les Territoires du Nord-Ouest renferme une constitution écrite et elle définit les pouvoirs du gouvernement territorial. Il n’y a pas de partis politiques dans le territoire. Le conseil territorial est constitué de 19 membres élus par les citoyens des circonscriptions. Après une élection, les membres désignent deux personnes parmi eux : une personne deviendra président, l’autre, premier ministre. Bien qu’il ne soit plus le chef du gouvernement, le commissaire demeure le représentant du gouvernement fédéral dans les Territoires du Nord-Ouest, nommé par le ministre des Affaires indiennes et du Nord canadien et agissant à titre de premier dirigeant. Le rôle du commissaire est similaire à celui d’un lieutenant-gouverneur provincial. Bien que l’Assemblée territoriale des Territoires du Nord-Ouest agisse en grande partie à titre d’Assemblée législative provinciale, elle ne bénéficie pas du même niveau de contrôle. Par exemple, seul le gouvernement fédéral peut modifier la Loi sur les Territoires du Nord-Ouest. Les Territoires du Nord-Ouest dépendent également grandement des transferts fédéraux. En 2012-2013, par exemple, ces derniers comptaient pour 73 pour cent du revenu du gouvernement territorial, juste derrière ceux du Nunavut (82 pour cent) et égaux à ceux du Yukon (72 pour cent). En comparaison, la même année, les transferts fédéraux comptaient pour 34 pour cent du revenu de l’Île-du-Prince-Édouard, faisant d’elle celle qui dépend le plus du gouvernement fédéral, mais elle en dépend encore bien moins que les territoires.

La discussion entourant la séparation de la région qui est maintenant le Nunavut des Territoires du Nord-Ouest avait déjà commencé dans les années 1950, et elle émanait de la volonté des habitants du Nunavut, principalement des Inuits, d’avoir leur propre territoire et gouvernement. En fin de compte, en 1981, le gouvernement territorial a tenu un plébiscite, et la majorité des habitants a voté en faveur de la division des Territoires du Nord-Ouest. La séparation, et donc la création du Nunavut, n’a été établie qu’en 1999.

Les accords sur les revendications territoriales et les ententes sur l’autonomie gouvernementale ont toujours été des questions importantes pour le gouvernement territorial. Jusqu’à ce jour, trois accords sur des revendications territoriales ont été signés : la Convention définitive des Inuvialuit (1984), l’Entente sur la revendication territoriale globale des Gwich’in (1992) et l’Entente sur la revendication territoriale globale des Dénés et Métis du Sahtu (1993). En outre, un traité combiné sur les revendications territoriales et l’autonomie gouvernementale a été signé (l’Accord tlicho, en 2003) ainsi qu’un droit foncier : l’Entente sur les droits fonciers issus de traités de la Première nation de Salt River (2002).

Magistrature

La magistrature territoriale comprend une Cour d’appel qui regroupe tous les juges d’appel de l’Alberta, un juge d’appel de la Saskatchewan et les quatre juges de la Cour suprême des Territoires du Nord-Ouest. La Cour territoriale compte quatre juges résidents (trois à Yellowknife, un à Hay River et un à Inuvik) et 52 juges de paix vivant dans diverses communautés du territoire. Juges et juges de paix sont nommés par le commissaire sur les conseils du Comité consultatif sur les nominations à la magistrature des Territoires du Nord-Ouest. Les quatre juges de la Cour suprême des Territoires du Nord-Ouest sont d’office juges dans le Territoire du Yukon, et inversement. Des juges suppléants de la Cour suprême servent au gré des besoins. Les séances se tiennent à Yellowknife et à d’autres endroits du territoire, selon un circuit régulier.

Représentation fédérale

Les Territoires du Nord-Ouest élisent un membre au Parlement du Canada (le siège pour la circonscription de l’Arctique de l’Ouest est actuellement occupé par Dennis Bevington, du NPD; il est député depuis les élections fédérales de 2006) et ils ont également un représentant au Sénat (le représentant du Sénat est Nick G. Sibbeston, du Parti libéral, nommé par Jean Chrétien en 1999).

Gouvernement municipal

À des fins d’administration, les Territoires du Nord-Ouest sont divisés en cinq régions. La décentralisation et la déconcentration des pouvoirs ont récemment accru l’importante de ces régions. En fait, dès les années 1980, une demande en faveur de la décentralisation du gouvernement et de la reconnaissance des identités autochtones locales a ouvert la voie à la création éventuelle du Nunavut en 1999. Malgré le succès de certaines de ces demandes, la mise en place d’un gouvernement municipal qui prendrait les décisions locales a été entravée par la faible population, l’éloignement et les ressources économiques locales limitées de bon nombre des communautés.

Il y a une ville dans les Territoires du Nord-Ouest, Yellowknife, et un village, Fort Simpson. Par ailleurs, il y a quatre municipalités, quatre gouvernements communautaires, trois communautés à charte et 11 hameaux.

Santé

Jusqu’à ce que le gouvernement fédéral crée le Service de santé du Nord en 1954, les soins médicaux dans le territoire étaient dispensés essentiellement par des organismes religieux.

En 1988, le gouvernement territorial contrôle la totalité des soins médicaux. Des hôpitaux modernes se trouvent à Yellowknife, à Hay River, à Fort Smith et Inuvik, et d’autres installations de moindre importance, dont 50 postes de soins infirmiers, sont répartis sur le territoire. Des soins dentaires sont offerts à Yellowknife, à Hay River, à Inuvik et à Fort Smith, et des dentistes et thérapeutes dentaires employés à temps plein par le gouvernement offrent des services partout dans les Territoires du Nord-Ouest.

Éducation

Jusqu’à la fin de la Seconde Guerre mondiale, l’éducation est principalement prise en charge par les missions religieuses, les étudiants étant habituellement pensionnaires dans des résidences proches, dans quelques centres plus grands. Après la Seconde Guerre mondiale, l’éducation a fait l’objet de réformes dans les Territoires du Nord-Ouest, avec la création d’un système scolaire publique. À partir de 1959, le gouvernement fédéral a lancé un programme d’envergure de développement de l’éducation qui a été transféré au gouvernement territorial en 1969. Bien que la politique d’éducation pour tous les enfants, même pour ceux habitant dans des régions éloignées, ait été mise en œuvre avec de bonnes intentions, de nombreux enfants ont été enlevés de leur terre traditionnelle et placés dans de grandes écoles centralisées. Pendant de nombreuses années, aucun effort n’a été déployé pour enseigner aux enfants leurs langues ou leurs traditions, étant donné que l’on pensait que leur intégration dans l’ensemble de la société canadienne entraînerait un peuple plus indépendant.

L’établissement de commissions scolaires de division a permis aux Territoires du Nord-Ouest d’avoir plus de contrôle sur l’éducation. La première commission scolaire de division a été formée dans la région du Baffin en 1985, et en 1991, des commissions scolaires de division étaient établies dans toutes les régions à l’exception de Yellowknife. En 2013, ces commissions scolaires de division sont le conseil scolaire de division de Beaufort-Delta, le conseil scolaire de division de Sahtu, le conseil scolaire de division de Dehcho et le conseil scolaire de division de South Slave. L’octroi d’autonomie gouvernementale limitée aux Tlichos a placé l’éducation de cette tribu sous la responsabilité de l’agence de services communautaires. Un membre de chaque conseil scolaire communautaire élu à l’échelle locale est sélectionné pour faire partie de la commission scolaire de division de la région. Yellowknife est représenté par des commissions scolaires publique et catholique, fondées respectivement en 1933 et en 1951. Les membres de ces commissions sont élus lors des élections municipales.

Les commissions et commissions de division ont le pouvoir par rapport à l’éducation de la maternelle à la 12e année. Les commissions scolaires de division sont financées par le gouvernement territorial. Les deux commissions de Yellowknife sont presque entièrement financées par le gouvernement territorial, le reste provenant des taxes municipales.

En 2011-2012, il y avait 49 écoles dans les Territoires du Nord-Ouest, avec 8 509 étudiants inscrits et plus de 800 enseignants. Cela représente une diminution d’environ 13 pour cent par rapport à 2003-2004, le nombre d’étudiants s’élevant alors à 9 727. Les Territoires du Nord-Ouest ont élaboré leur propre programme éducatif de la maternelle à la 9e année. Le programme du niveau secondaire de deuxième cycle est le même que celui de l’Alberta, bien que les Territoires du Nord-Ouest aient conçu leur propre programme pour les cours additionnels dispensés dans les écoles secondaires du Nord.

Le ministère territorial de l’Éducation, de la Culture et de l’Emploi s’efforce de faire en sorte que l’éducation devienne un processus interactif, les étudiants, les familles et les communautés participant ainsi activement au système scolaire. Deux programmes autochtones, le Déné Kédé et l’Inuuqatigiit, apportent une perspective dénée et inuite aux écoles de l’Arctique de l’Ouest et de l’Est. Des enseignants spécialisés en langue autochtone et un nombre de plus en plus élevé d’enseignants autochtones formés par l’entremise de programmes communautaires de formation des enseignants jouent un rôle actif, s’assurant que la langue et la culture locales sont intégrées aux programmes scolaires.

L’établissement d’un réseau de collèges communautaires a permis d’intégrer les priorités locales à l’éducation des adultes et à l’éducation permanente. Le Collège de l’Arctique a été créé en 1984, avec un campus à Fort Smith et un à Iqaluit, puis il s’est rapidement développé, ayant maintenant un campus dans chaque région des Territoires du Nord-Ouest. En 1986, à la suite de la Loi sur le Collège de l’Arctique, le collège est considéré comme une entité juridique indépendante du gouvernement territorial, avec le mandat de dispenser l’éducation des adultes et l’éducation postsecondaire. À partir de 1987, il a été convenu que les centres d’apprentissage communautaires dans tout le Nord rejoindraient le réseau de collèges, un processus qui a pris fin en 1990.

En 1995, le Collège de l’Arctique est divisé en deux : le Collège Aurora dans l’Arctique de l’Ouest et le Collège de l’Arctique du Nunavut dans l’Arctique de l’Est. L’établissement de ces collèges fait partie d’une stratégie globale pour consolider l’éducation des adultes et l’éducation postsecondaire dans tout le Nord. Les deux collèges mettent de plus en plus l’accent sur les besoins communautaires.

Vie culturelle

Les peuples autochtones des Territoires du Nord-Ouest souhaitent fortement préserver leur culture et leur patrimoine. Des instituts culturels autochtones ont été créés dans plusieurs communautés et beaucoup d’autres ont lancé des programmes pour recueillir le savoir des aînés, enseigner le savoir-faire traditionnel aux enfants et préserver leur langue. Des festivals de musique et d’art sont de plus en plus populaires dans plusieurs parties des Territoires du Nord-Ouest. Les Territoires du Nord-Ouest comptent beaucoup de musées communautaires, de sociétés historiques et de groupes de protection du patrimoine.

Les Jeux d’hiver de l’Arctique qui se déroulent tous les deux ans depuis 1970, comprennent divers jeux traditionnels, mais également certains sports plus généralement connus, attirant des compétiteurs des Territoires du Nord-Ouest, du Yukon, du Nunavut, de l’Alaska et du nord de l’Alberta.

Communications

Six journaux hebdomadaires sont publiés régulièrement dans les Territoires du Nord-Ouest, et un éditeur général se trouve à Yellowknife. En 1958, CBC/Radio-Canada a mis en place un programme, le Service du Nord, pour répondre aux besoins particuliers des habitants du Nord. Des émissions radiophoniques sont offertes dans les 10 langues et dialectes autochtones, ainsi qu’en anglais et en français, et les émissions proviennent des communautés locales et du réseau. Grâce à la technologie des satellites, il est possible de diffuser des émissions radiophoniques et télévisuelles dans les communautés les plus éloignées du Nord. Une grande variété de services de télécommunication publics et privés est offerte dans tous les Territoires du Nord-Ouest. CFYK-TV de CBC/Radio-Canada Nord est diffusée à partir de Yellowknife. Des services de téléphonie, de téléphonie cellulaire et d’Internet relient presque toutes les communautés.

Sites historiques

Des fouilles archéologiques en cours permettent d’en savoir plus sur les premiers peuples autochtones de la région subarctique et de l’Arctique. Chaque année, de nouvelles découvertes archéologiques permettent d’élargir les connaissances sur les premiers peuples autochtones de la région subarctique et de l’Arctique. De nombreux sites historiques sont associés au commerce de la fourrure dans la région subarctique et à la recherche du passage du Nord-Ouest et de l’expédition Franklin perdue dans l’Arctique. Ces sites sont maintenant protégés par la loi contre le vandalisme et le pillage.