Stefansson, Vilhjalmur

 Vilhjalmur Stefansson, explorateur de l'Arctique, ethnologue, conférencier et écrivain (Arnes, Man., 3 nov. 1879 - Hanover, N.H., 26 août 1962). Un des explorateurs canadiens de l'Arctique les plus connus, lauréat de nombreux prix, Stefansson ne craint pas la controverse et suscite, plus que tout autre à son époque, l'intérêt des Canadiens pour l'Arctique.

Fils d'ISLANDAIS immigrés au Dakota en 1880, après des études dans les universités de l'Iowa, du Dakota du Nord et de Harvard, il entreprend trois expéditions dans l'Arctique entre 1906 et 1918, au cours desquelles il parcourt plus de 32 000  km2. En 1910, il « découvre » dans l'île Victoria un groupe d'autochtones peu connus qu'il nomme les « Esquimaux blonds » (INUITS DU CUIVRE) et déclenche une controverse, qui met en doute son expertise scientifique, en suggérant que leur teint pâle et leurs traits européens pourraient découler de leurs rapports établis pendant plusieurs générations avec une colonie scandinave de Groenlandais, disparue au XVe ou XVIe siècle. Plus tard, des études scientifiques réfuteront cette théorie, ce qui n'aide pas à rehausser la réputation de Stefansson. Commandant de l'EXPÉDITION ARCTIQUE CANADIENNE (1913-1918), alourdie par des discordes internes, il découvre quelques-unes des plus grandes masses continentales encore inconnues, soit les îles Lougheed, Borden, Meighen et Brock, tout en dérivant dangereusement, mais délibérément, sur des bancs de glace.

Écrivain prolifique, dont le livre le plus célèbre est The Friendly Arctic (1921), il laisse un message simple en ce qui a trait au NORD canadien : l'Arctique n'est pas un morne désert de glace, mais une région habitable qui doit être développée. Les avions qui survolent le Pôle, les sous-marins à propulsion nucléaire qui font surface au pôle Nord et la perspective d'y utiliser de gigantesques pétroliers sous-marins relèvent de la vision de Stefansson : une Méditerranée polaire stratégique et commerciale qui, bien surveillée et exploitée par le Canada (et l'Empire britannique), pourrait faire du Dominion l'une des grandes puissances du XXe siècle. Pour certains, il est le « prophète du Nord », pour d'autres, un arrogant charlatan. Quand il quitte le Canada, il est en butte aux soupçons, en partie parce qu'il s'est fait des ennemis durant l'expédition arctique canadienne, mais aussi parce que les projets qu'il a entrepris par la suite, pour prouver ses théories, ont échoué. Son plan, mal préparé, d'élevage du renne dans le Nord canadien (1921-1925) est un fiasco. Sa revendication non autorisée de l' ÎLE WRANGEL, au nord de la Sibérie, pour le compte du Canada, crée un incident international (1921-1924) qui irrite l'URSS et les États-Unis, embarrasse la Grande-Bretagne et exaspère le gouvernement canadien qui considère que ses agissements nuisent aux revendications du Canada sur l'ARCHIPEL ARCTIQUE. De plus, les quatre membres de l'expédition de l'île Wrangel, y compris un jeune étudiant canadien, périssent tragiquement et, selon certains, inutilement. Stefansson, qui n'a pas participé à cette expédition, est alors perçu comme un fauteur de troubles dont les idées et la présence au Canada sont indésirables. À partir du milieu des années 20, il passe la plus grande partie de son temps aux États-Unis, où il est considéré comme l'un des principaux experts mondiaux de l'Arctique. Voir aussi ARCTIQUE, EXPLORATION DE L'.