Shirley Douglas, actrice, militante (Weyburn, Saskatchewan, 2 avril 1934). Fille de Irma, née Dempsey, et de l'ancien ministre baptiste Tommy Douglas, connu dans tout le Canada comme chef du premier parti socialiste en Amérique du Nord et le « père du régime d'assurance maladie ». Shirley Douglas s'initie au théâtre en observant son père, chef du Nouveau Parti Démocratique (N.P.D.), dont le charisme enthousiasmait les foules, petites ou nombreuses. Elle commence à chanter et à présenter des pièces de théâtre sur la scène de l'église Cavalry Baptist, maintenant le théâtre Weyburn's Signal Hill, dédié à la mémoire de son père.

La famille déménage à Regina à la suite de la victoire écrasante du NPD aux élections provinciales de 1944. À 16 ans, Douglas gagne le prix de la meilleure actrice du festival Dominion Drama, et son entrée au Regina Little Theatre. Elle poursuit sa formation, d'abord au Banff School of Fine Arts, puis au prestigieux Royal Academy of Dramatic Arts à Londres, en Angleterre. Elle commence à travailler au théâtre, au cinéma et à la télévision britanniques après avoir obtenu son diplôme en 1952. Elle interprète son premier rôle en 1955 dans le long métrage Joe Macbeth, une version dans l'univers mafieux moderne de la pièce de Shakespeare. En 1962, elle remporte le rôle de Mrs. Starch, la professeure de piano du très acclamé film Lolita de Stanley Kubrick.

En 1967, alors mère de trois enfants, Douglas quitte l'Angleterre avec sa famille et s'installe à Los Angeles. Tout en poursuivant sa carrière d'actrice, elle commence à s'engager intensément dans des mouvements extrémistes politiques du Mouvement de la défense des droits civiques américain.

En 1977, elle revient à Toronto où elle entreprend sa carrière canadienne. Elle est rapidement recherchée pour sa forte présence scénique, son style et sa voix stupéfiante. Au cours de la décennie qui suit, elle se produit partout au pays, depuis les petits théâtres alternatifs jusqu'aux compagnies plus prestigieuses telles Stratford. Elle apporte son appui à de nouvelles pièces des auteurs canadiens Sharon Pollock, Michel Tremblay et Brad Fraser , tout en interprétant des rôles du répertoire classique. Elle interprète une série de personnages féminins passionnés. En 1996, elle a l'occasion de jouer avec son fils, Kiefer Sutherland, dans la coproduction La Ménagerie de verre (The Glass Menagerie) au Centre national des Arts et au Royal Alexander Theater à Toronto. Elle obtient ensuite le rôle de l'indomptable matriarche May Bailey dans la série télévisée Wind at My Back en 1996. En 2000, elle remporte un Prix Gémeaux pour son interprétation dans le film Shadow Lake, réalisé pour la télévision en 1999.

Douglas demeure politiquement active et défend des causes collectives pour la paix dans le monde. Comme l'avait prédit son père, une privatisation des soins de santé s'annonce. Pour Douglas, il est impératif de contrer la négligence volontaire de ce système. Elle accepte des rôles et se produit plusieurs fois sur scène, et se fait remarquer dans les Monologues du vagin (The Vagina Monologues) en 2000. Mais son engagement comme porte-parole du Toronto Health Coalition et de la Coalition canadienne de la santé, son travail de lobbyiste, ses conférences et la création du groupe de soutien aux artistes Friends of Medicare commencent à prendre préséance sur ses autres activités.

En 2000, elle reçoit un doctorat honorifique de la Ryerson Polytechnic University et le prix Diamond du Variety Club, un organisme de charité international pour les enfants dans le besoin, pour son œuvre de bénévolat. Elle reçoit l'Ordre du Canada en 2003; en 2004 elle figure au Mur des célébrités du Centre national des Arts et en 2005, une étoile à son nom orne l'Allée des célébrités canadiennes.