Service féminin de l'Armée canadienne

Le Service féminin de l'Armée canadienne (CWAC), créé le 13 août 1941, vise à combler les besoins de main-d'oeuvre de l'armée et à fournir des groupes paramilitaires officiels de femmes volontaires en uniforme. À part les infirmières, les femmes n'étaient pas admises dans les FORCES ARMÉES canadiennes. Le CWAC est dissocié de la milice canadienne qu'il vient compléter jusqu'au 1er mars 1942, date à laquelle il est intégré aux forces de défense. Par la suite, les officiers du CWAC pourront occuper des postes de commandement et porter des titres et écussons militaires. Au départ, l'armée a besoin de femmes en uniforme pour les tâches de secrétariat, mais ne leur offre aucun poste de combattante, bien que la diversité et le nombre d'emplois possibles augmentent au point d'inclure des métiers techniques. Néanmoins, en 1945 tout comme en 1941, les membres du CWAC remplissent surtout les fonctions de commis ou de secrétaire en uniforme.

En 1941, le salaire de base des femmes soldats vaut les deux tiers de celui des soldats de grade équivalent. Les salaires versés aux militaires exerçant un métier sont passablement inférieurs à ceux des soldats, et les femmes soldats n'ont pas droit à des allocations pour les personnes à leur charge. Ces inégalités suscitent des plaintes à la fois des femmes militaires et civiles. En juillet 1943, le gouvernement relève leur solde de base pour qu'elle atteigne les quatre cinquièmes de celle des hommes de grade équivalent, égalise les salaires pour les métiers et accorde des allocations pour les parents et les frères et soeurs à charge, mais non pour les époux ou les enfants à charge. Même s'il subsiste des inégalités, les Forces armées se retrouvent à l'avant-garde comparativement à la plupart des entreprises privées pour ce qui est de réduire l'écart entre les salaires et avantages sociaux accordés aux femmes et aux hommes.

Une enquête réalisée en 1943 auprès de la population canadienne révèle qu'à peine 7 p. 100 des citoyens considèrent que l'engagement dans les Forces armées représente la meilleure façon pour les femmes de contribuer à l'effort de guerre. Cette attitude s'accompagne d'une réticence généralisée face à la suppression des barrières sexistes dans la main-d'oeuvre et la hiérarchie. Bravant cette opposition, 21 624 femmes servent dans le Service féminin de l'Armée canadienne avant son démantèlement en 1946. Près de 3000 d'entre elles sont stationnées au Royaume-Uni; à partir de mai 1944, des groupes choisis sont envoyés dans les zones opérationnelles en Europe afin de servir de personnel de soutien aux troupes d'assaut canadiennes. Lors de la capitulation de l'Allemagne en mai 1945, les membres du CWAC représentent 2,8 p. 100 des effectifs totaux de l'armée canadienne.

La colonelle Margaret Eaton dirige le CWAC d'avril 1944 à octobre 1945, avec le titre de directrice générale. Par la suite, ce poste est rabaissé progressivement en vue du démantèlement prochain. Les militaires de même que les femmes en général souhaitent que le corps féminin s'intègre à la FORCE DE RÉSERVE après la guerre, mais le Cabinet refuse son accord. C'est seulement en 1951, durant la GUERRE DE CORÉE, que le gouvernement décidera d'enrôler à nouveau les femmes dans les forces régulières.