Satellite

   Le lancement de Spoutnik 1, en 1957, marque le début de l'ère spatiale. En 1962, Alouette 1 permet au Canada d'y entrer à son tour. L'intérêt précoce du Canada pour la technologie de l'espace n'est pas fortuit. Avec sa population disséminée sur un immense territoire, le Canada ne peut compter sur les techniques terrestres traditionnelles (lignes téléphoniques, systèmes à micro-ondes) pour mettre en place des systèmes de COMMUNICATION viables. Comme la distance n'affecte pas les satellites de communication, ils peuvent, à partir d'un point donné, desservir une très grande région. Télésat Canada est créé en 1969 dans le but de construire et d'exploiter des COMMUNICATIONS PAR SATELLITEcommercialement rentables. Depuis lors, 11 satellites artificiels de la série Anik ont été lancés.

Satellites de télédétection

 Le Canada abonde en ressources naturelles, pour la plupart situées dans des régions isolées. L'identification, l'exploitation et la gestion de ces ressources (minérales, pétrolières, forestières et agricoles) sont grandement facilitées par les satellites, notamment ceux de la série américaine Landsat que le Canada utilise depuis 1972, et RADARSAT, approuvé par le gouvernement canadien en juin 1987 au coût de 620 millions de dollars. Le programme RADARSAT, dirigé par le Canada, a pour objet de concevoir, de construire et de mettre en service le premier satellite canadien d'observation de la Terre. Ce satellite transmettra régulièrement à la communauté scientifique canadienne et internationale des images synthétiques radar qui pourront servir notamment à l'observation de l'état des glaces et des conditions océaniques, à la gestion des ressources et à l'étude de l'environnement. RADARSAT I a été lancé à la fin de 1995 et sera en fonction pendant 5 ans. RADARSAT II a déjà été approuvé afin de poursuivre la collecte des données synthétiques radar dans le cadre du programme.

Les satellites météorologiques transmettent un grand nombre de données dont dépendent plusieurs secteurs d'activité, y compris l'exploration des ressources. En raison de ses dimensions et de sa situation géographique, le Canada est un pays où se développent des systèmes climatiques qui influent sur une grande partie de la planète, d'où l'importance de participer à la mise en place de systèmes d'information météorologique.

Depuis 1963, le Canada reçoit et analyse les données transmises par les satellites météorologiques américains. Actuellement, les satellites de la série NOAA, sur orbite polaire, et la série GOES de satellites géostationnaires fournissent une image détaillée du climat canadien. À l'est, le GOES est en orbite au-dessus de l'équateur, stationnaire à 75° de longitude Ouest, alors qu'à l'ouest, le GOES est à 135° de longitude Ouest. Si nécessaire, ces satellites peuvent transmettre des informations précises ayant trait à un endroit particulier du continent ou de l'océan, et cela, à quelques minutes d'intervalle. Par ailleurs, les satellites en orbite au-dessus du pôle nous renseignent sur les régions septentrionales du Canada à une fréquence moindre, environ toutes les 100 minutes, la période de leur orbite.

Depuis 1987, les données micro-ondes passives en provenance des satellites américains du DMSP (Defense Meteorological Satellite Program) sont transmises en temps réel et fournissent aux utilisateurs canadiens de l'information sur la glace des océans, la couverture de neige et les conditions météorologiques au large des côtes canadiennes.

Orbites

 Selon sa définition la plus simple, un satellite est un corps qui gravite autour d'un autre. Ainsi, la LUNE est un satellite de la Terre, et la Terre, un satellite du SOLEIL. Les objets introduits dans l'espace par les humains et qui continuent à tourner autour de la Terre ou d'une autre PLANÈTE sont désignés sous le nom de satellites artificiels. La trajectoire décrite périodiquement par le satellite est appelée orbite. Les orbites peuvent être relativement basses, à une altitude de 200 à 300 milles nautiques et une période de révolution de 90 à 100 minutes (premiers vols habités de la navette spatiale américaine ou du Shuttle). Les forces permettant à un satellite de se maintenir dans l'espace peuvent être comparées à celles qui font tourner un objet au bout d'une corde : la vitesse de mouvement imprimée à l'objet produit une force qui tend à le propulser loin de la source de poussée initiale. Tout comme la gravité, la corde à tendance à tirer l'objet vers le point d'attache. Les deux forces s'équilibrent, permettant à l'objet de conserver une trajectoire donnée (orbite).

Le temps nécessaire pour parcourir l'orbite augmente avec la hauteur de celle-ci. À une certaine altitude, le satellite met exactement 24 heures pour accomplir une révolution. Si le mouvement du satellite s'effectue dans le sens de rotation de la Terre et s'il demeure au-dessus de l'équateur (si son plan orbital est le même que celui de la Terre), il semblera immobile au-dessus d'un point sur l'équateur et sera alors appelé satellite géosynchrone ou géostationnaire. La plupart des satellites de communication sont stationnaires. Ce type de satellites évite à l'utilisateur de modifier la direction de son antenne.

Surveillance des pôles

 Les satellites géostationnaires ont un inconvénient : ils ne couvrent pas complètement les régions polaires. On peut remédier à cette lacune en utilisant des satellites à orbite inclinée par rapport à l'équateur. L'orbite polaire a une inclinaison égale à 90°. En plus de desservir adéquatement les zones polaires, ces satellites, en mouvement par rapport à la surface de la Terre, se déplacent au cours de leurs orbites successives en balayant régulièrement l'ensemble de la surface terrestre. Ces satellites mobiles s'avèrent donc très utiles pour la TÉLÉDÉTECTION, mais ils nécessitent l'installation au sol de systèmes d'antennes sophistiqués capables de les localiser et de les suivre.

Durée

 Un satellite peut demeurer en service pendant une durée variant de quelques mois à sept ou huit ans, voire davantage. Cette durée ne dépend que rarement de la qualité de l'équipement spécialisé qui se trouve à bord. En général, la quantité de carburant ou, dans certains cas, l'usure des piles solaires ou la perte de capacité des accumulateurs sont les facteurs limitant la durée d'utilisation. On se sert du carburant lorsqu'on veut corriger l'orbite du satellite ou changer sa position par rapport à la Terre, au Soleil, etc. Même les satellites dits géostationnaires peuvent s'éloigner de leur position initiale sous l'influence du Soleil, de la Lune, des planètes, des bombardements de particules, etc. On corrige la trajectoire en mettant en marche de petits réacteurs.

L'avenir

 La conquête de l'espace en est encore à ses premiers balbutiements, même si elle connaît de grands succès grâce aux technologies de pointe. Des concepts nouveaux et ambitieux, dont certains relèvent encore de la science-fiction, retiennent l'attention de la communauté scientifique, de l'industrie et des spécialistes des sciences sociales.