Robert Barclay

Robert Heriot Barclay, officier de marine, (Kettle [Kettlehill], Écosse, 18 sept. 1786 - Édimbourgh, 8 mai 1837). C'est en 1798 que Robert Barclay entreprend sa carrière dans la marine et se joint à l'équipage du vaisseau de 44 canons Anson en tant qu'aspirant de marine. Il a alors 11 ans. Au début de l'année 1805, il est transféré sur le légendaire vaisseau amiral de Lord Horatio Nelson, le Victory. En mars 1805, Barclay devient lieutenant à bord du Swiftsure et prend part à la bataille de Trafalgar, le 21 octobre 1805, qui conduit à la décisive victoire de la flotte britannique sur la flotte française. Après la bataille, une terrible tempête sévit, forçant le Swiftsure à libérer le Redoubtable, le navire français qu'il a capturé. Barclay sauve 170 de ses marins avant qu'il coule dans l'Atlantique.

Il se bâtit rapidement une solide réputation, pour son courage, mais aussi pour ses compétences en tant que sous-lieutenant du Diana, un vaisseau de 58 canons qui navigue dans la Manche. En novembre 1809, alors qu'il est au commandement d'un détachement de navires aux trousses d'un convoi français, Barclay perd un bras. Après s'être rétabli de sa blessure, il est envoyé en Amérique du Nord et attend en vain une promotion; il est plutôt envoyé sur la goélette Bream, le vaisseau de 32 canons Aeolus et le sloop (voilier à grand mât) Tartarus. De 1810 à 1812, il sert principalement sur le vaisseau de 36 canons Iphigenia. La Guerre de 1812 lui procure une dernière occasion de se distinguer en mer.

Barclay aux commandes sur le lac Érié

Au commencement de la guerre, le commandant en chef du poste nord-américain, l'amiral Warren, nomme Barclay, Robert Finnis et Daniel Pring « capitaines de corvettes » et les détache dans les Grands Lacs. Au départ, Barclay est envoyé à Halifax, en février 1813. Accompagné d'une poignée d'officiers, il se rend à Kingston et, le 5 mai 1813, devient commandant intérimaire de toute la force navale britannique des Grands Lacs. Bientôt, il est remplacé par le capitaine Sir James Lucas Yeo et prend alors le commandement de la force navale du lac Érié. Barclay n'est pas le premier choix de Yeo, mais lorsque le capitaine William Howe Mulcaster décline cette nomination (le lac Érié est d'une importance secondaire comparativement au théâtre plus critique que représente le lac Ontario), Yeo accepte d'offrir le poste à l'officier manchot.

Après un voyage difficile par voie terrestre en direction d'Amherstburg, Barclay prend le commandement du vaisseau de 16 canons Queen Charlotte et du petit escadron local. Alors que sa flotte surpasse celle des Américains en nombre, il dispose de peu de vivres et d'officiers expérimentés, et ne reçoit qu'un faible appui de Yeo, qui se soucie surtout des navires du lac Ontario. L'avantage numérique de Barclay ne dure pas, mais surtout il est incapable de donner l'assaut naval sur l'arsenal maritime américain en raison d'une barre de sable à l'embouchure du port. Barclay demande un appui terrestre. Si le major-général Francis de Rottenburg et ses hommes pouvaient détruire la base Perry, sur le lac Érié, à la hauteur de la Pennsylvanie, l'issue pour le contrôle du lac Érié pourrait être en faveur des Britanniques. Rottenburg refuse.

Le capitaine Oliver Hazard Perry, à la tête des adversaires de Barclay, dispose de suffisamment de matériaux industriels et de main-d'œuvre qualifiée, même s'il ne possède pas assez de marins expérimentés pour son escadron. Mais bientôt, Perry prend une avance considérable sur Barclay pour la construction de navires dans Presque Isle, où les vaisseaux de 20 canons de type brick, le Niagara et le Lawrence, sont rapidement construits. Au début du mois d'août, les Américains réussissent à mettre les bricks à quai en leur retirant les canons et en montant la coque sur des flotteurs. Cela donne un réel avantage aux Américains. Perry concentre ses forces et établit une base à Put-in-Bay dans les Bass Islands au cas où les opérations terrestres nécessiteraient une aide navale. Barclay, ne voyant aucun signe des navires américains en provenance des ports américains, lève le blocus qu'il a initié avant de traverser le lac pour se rendre à Dover, s'attendant à très peu de changement à son retour. Le 4 août, à son arrivée, il trouve le Lawrence ancré, de même que de plus petits vaisseaux. Le moment de l'affrontement approche et Barclay est en situation d'infériorité tant en hommes qu'en armes. Il met en service le Detroit et prépare son escadron. Le major-général Henry PROCTER le presse d'agir pour pouvoir réapprovisionner les forces britanniques postées à Long Point et dont la réserve en nourriture, produits de base et médicaments est terriblement basse.

Barclay et la défaite de la Bataille du Lac Érié

Le 9 septembre, par temps favorable, Barclay navigue d'Amherstburg à bord du Detroit à la rencontre des forces américaines. Le jour suivant, à midi, près des Bass Islands, la bataille s'engage. L'armement adéquat pour le Detroit a été perdu à York, et le vaisseau est équipé avec un assortiment de canons longue portée pris des remparts du Fort Malden et qui ont l'avantage de permettre une bataille sur une plus longue distance que ceux des vaisseaux américains. Mais c'est le seul avantage de Barclay. Le brick de Perry possède un meilleur armement et sa flotte comprend également six goélettes, alors que Barclay n'en a que trois. Après deux heures de tirs meurtriers, Barclay domine la bataille, mais l'avantage revient à Perry lorsque les vents changent et permettent aux Américains de se rapprocher rapidement des navires britanniques. Les deux vaisseaux amiraux sont sévèrement touchés. Presque tous les officiers supérieurs expérimentés sont morts ou sérieusement blessés, incluant Barclay; son unique bras est blessé et une partie de sa cuisse doit plus tard être enlevée à cause d'une blessure grave. Perry accepte la reddition de Barclay et s'éloigne de la flotte britannique. Les Américains comptent 27 morts et 96 blessés, la plupart sont des pertes subies sur le USS Lawrence. Les pertes britanniques et canadiennes s'élèvent à 41 morts et 94 blessés.

Barclay et la cour martiale

Cette défaite écrasante conduit Barclay en cour martiale où, blessé dans son orgueil, il est exonéré de manquement au devoir et remercié pour sa bravoure au combat. Procter est fortement critiqué pour avoir encouragé une bataille navale qui, avec le recul, n'était pas favorable à la victoire britannique. Barclay est confirmé commandant le 13 novembre 1813 et reçoit une admirable pension en plus de compensations monétaires dues à ses blessures. Tout de même, sa défaite ternit sa réputation. Sa carrière est au point mort après la guerre et, malgré quelques promotions obtenues par favoritisme politique, on se souvient surtout de lui comme de celui qui a été vaincu par Perry.