Richelieu, rivière

  La rivière Richelieu, qui mesure près de 130 km de long, prend sa source dans le lac Champlain, aux États-Unis, et coule vers le nord, drainant le Sud du Québec; elle se jette dans le fleuve Saint-Laurent, près du lac Saint-Pierre. On parle habituellement de la rivière en la séparant en deux parties, le Haut-Richelieu et le Bas-Richelieu. Dans sa partie méridionale, le Haut-Richelieu, la rivière passe par les villes de SAINT-JEAN-SUR-RICHELIEU, IBERVILLE, Chambly, Beloeil et Mont-Saint-Hilaire. Une série de rapides jalonne son cours de Saint-Jean à CHAMBLY. À partir de là, le Bas-Richelieu poursuit son parcours en traversant les localités sans doute plus pittoresques de Saint-Charles-sur-Richelieu, Saint-Denis et Saint-Ours. Enfin, le Bas-Richelieu s'étend jusqu'à l'embouchure de la rivière, là où elle rejoint le Saint-Laurent, à la hauteur de SOREL.

La rivière Richelieu occupe une place marquante dans l'histoire du Québec. À l'origine, la région est peuplée par des Iroquois, des Hurons et des Algonquins. Peu après son arrivée en 1608, Samuel de CHAMPLAIN remonte ses eaux. Au cours du régime français, la rivière, nommée d'après le cardinal de Richelieu, revêt une grande importance militaire. Les Français bâtissent de nombreux ouvrages fortifiés le long de ses rives, dont le fort Lennox de l'Îsle-aux-Noix, le fort Saint-Jean, le fort Sainte-Thérèse, le fort Saint-Louis (fort Chambly) et le fort de Richelieu à Sorel. Grâce aux terres fertiles de la vallée et aux ouvrages qui la défendent, les paysans canadiens-français s'y établissent. Après la conquête britannique en 1759-1760 et la guerre de l'Indépendance américaine, des militaires britanniques et des colons LOYALISTES viennent s'ajouter à la population locale. En envahissant les colonies de l'Amérique du Nord britannique, les troupes américaines dirigées par Benedict ARNOLD capturent les forts anglais le long du trajet. Durant les RÉBELLIONS DE 1837, plusieurs escarmouches se produisent le long de ses rives, dont les batailles de SAINT-DENIS et de SAINT-CHARLES.

Au XIXe siècle, le Richelieu acquiert une grande importance économique. En 1843, on termine l'aménagement du canal de Chambly, ce qui permet de contourner les rapides et d'acheminer plus directement par eau, entre les États-Unis et Montréal, des produits tels que des billots, de la pâte à papier, du foin et du charbon. Tout cela entraîne l'essor des centres régionaux de Sorel et de Saint-Jean, qui sont constitués en municipalités dans les années 1850. Toutefois, la construction de lignes de chemin de fer reliant les États-Unis à Montréal durant la même période finit par éliminer le transport sur la rivière, de sorte que, à la fin du XIXe siècle et au XXe siècle, la région change de vocation économique, le commerce cédant la place à l'industrie. Néanmoins, la vallée du Richelieu conserve des assises agricoles importantes, puisqu'on y cultive des produits parmi les meilleurs de la province, tandis que l'industrie y occupe une grande place La division régionale relevant d'Environnement Canada, Parcs Québec, s'occupe exclusivement de la vallée du Richelieu et procède à des fouilles archéologiques au FORT CHAMBLY et à Fort Lennox, et supervise les activités le long du canal de Chambly.