Réseau des rivières du patrimoine canadien

Les rivières font partie de nos vies et de notre patrimoine. Elles permettent une communion entre la nature et l'humanité.

Créé le 18 janvier 1984, le Réseau des rivières du patrimoine canadien (RRPC) est un programme coopératif mis sur pied et géré par les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux. Ce programme vise à accorder une reconnaissance nationale aux RIVIÈRES exceptionnelles du Canada et à assurer la gestion et la conservation à long terme de leurs valeurs naturelles, culturelles et récréatives.

Le RRPC repose sur le principe fondamental qu'il revient au gouvernement (généralement les gouvernements provinciaux dans le Sud, les gouvernements territoriaux et fédéral dans le Nord, et le gouvernement fédéral dans les PARCS NATIONAUX et sur les autres terres fédérales) de mettre en candidature et de gérer les rivières du patrimoine canadien.

Rivières du patrimoine

Le RRPC regroupe actuellement 40 rivières totalisant une longueur de plus de 11 000 km. Parmi elles, 37 sont des rivières désignées (c.-à-d. que la Commission des rivières du patrimoine canadien a accepté un plan de gestion pour elles). Ces rivières vont des rivières sauvages des Barren Lands aux rivières circulant dans des secteurs densément peuplés du sud du Canada. On trouve au moins une rivière du patrimoine canadien dans chaque province et chaque territoire.

Le RRPC est administré par la Commission des rivières du patrimoine canadien, qui est constituée de 14 membres : deux membres sont nommés par le gouvernement fédéral (l'un vient du MINISTÈRE DES AFFAIRES AUTOCHTONES ET DU DÉVELOPPEMENT DU NORD CANADIEN et l'autre de PARCS CANADA) et chacun des gouvernements provinciaux et territoriaux nomme un membre. Le Québec s'est retiré du processus en 2006. La participation au RRPC est volontaire. La Commission se réunit au moins une fois par année pour évaluer les nouvelles candidatures de rivières, établir les priorités de financement et celles du programme, discuter des nouvelles politiques et directives et les entériner. La désignation des rivières du patrimoine canadien est un processus de deux étapes : la mise en candidature et la désignation. La participation du public est un aspect essentiel de chacune de ces étapes.

Processus de mise en candidature

La coopération intergouvernementale et la participation du public sont les pierres angulaires du RRPC. La mise en candidature d'une rivière au RRPC doit venir du gouvernement dont elle relève. Le rôle des citoyens et des groupes d'intervention consiste à faire des démarches en faveur des rivières que le public estime les plus dignes de faire partie du Réseau.

Chaque participant au RRPC réalise des études à l'échelle de sa province ou de son territoire pour établir une liste de rivières du patrimoine canadien éventuelles. Une consultation publique a lieu au cours de cette étape pour aider les représentants du gouvernement à choisir les rivières candidates préférées.

Une fois que l'on a choisi une rivière particulière en fonction de ses valeurs naturelles, culturelles et récréatives, d'autres études et consultations publiques sont effectuées afin de documenter ses valeurs patrimoniales exceptionnelles; de déterminer si elle correspond aux critères du RRPC; d'établir le niveau d'appui public à sa mise en candidature au RRPC; et de déterminer le nombre et la complexité de ses utilisations conflictuelles, ainsi que la faisabilité d'une gestion efficace de la rivière et de son bassin-versant conformément aux principes directeurs du RRPC. S'il est décidé de proposer la candidature d'une rivière au RRPC, le gouvernement proposant cette candidature prépare et soumet un document de mise en candidature à la Commission. Ce document décrit de quelle façon les valeurs naturelles, culturelles ou récréatives de la rivière, ou une combinaison de ces valeurs, en font une rivière exceptionnelle. Il fournit en outre des renseignements sur les mesures qu'il faudra mettre en place pour assurer le maintien de ces valeurs.

Rivières mises en candidature

Rivière, province ou territoire, longueur
CHURCHILL, Saskatchewan, 487 km

COPPERMINE, Nunavut, 450 km

SAINT JOHN, Nouveau-Brunswick, 400 km

OTTAWA, Ontario, 590 km

Processus de désignation

Une fois que la Commission a accepté une candidature, le gouvernement qui l'a soumise dispose de trois ans pour préparer un plan de gestion. L'élaboration du plan de gestion repose sur la consultation publique et le consensus. En premier lieu, le plan de gestion est soumis à la Commission. Ensuite, le président informe le ministre responsable de Parcs Canada et le(s) ministre(s) des organismes gouvernementaux ayant soumis la candidature que les conditions de désignation sont remplies. Les ministres procèdent alors à la désignation officielle de la rivière, concrétisée par le dévoilement d'une plaque lors d'une cérémonie organisée à un endroit stratégique au bord de la rivière.

Les plans de gestion représentent le cœur du RRPC. Ils décrivent les mesures que l'on devra prendre pour assurer la protection des ressources exceptionnelles ayant suscité la mise en candidature d'une rivière. Ils définissent également la manière dont on présentera ces ressources, de même que les utilisations récréatives convenables pour la rivière, les principes d'intégrité écologique pertinents et la surveillance nécessaire.

Rivières du patrimoine canadien

Rivière, province ou territoire, année de désignation, longueur
DES FRANÇAIS, Ontario, 1986, 110 km

ALSEK, Yukon, 1986, 90 km

NAHANNI SUD, Territoires du Nord-Ouest, 1987, 300 km

CLEARWATER, tronçon en Saskatchewan, 1987; tronçon en Alberta, 2003, 326 km

BLOODVEIN, tronçon au Manitoba, 1987, 200 km; tronçon en Ontario, 1998, 306 km

MATTAWA, Ontario, 1988; prolongements, 2001, 76 km

ATHABASCA, Alberta, 1989, 168 km

SASKATCHEWAN Nord, Alberta, 1989, 49 km

KICKING HORSE, Colombie-Britannique, 1990, 67 km

KAZAN, Nunavut, 1990, 615 km

THELON, Nunavut, 1990, 545 km

SAINTE-CROIX, Nouveau-Brunswick, 1991, 185 km

Fleuve YUKON- tronçon Thirty Mile, Yukon, 1991, 48 km

SEAL, Manitoba, 1992, 260 km

SOPER, Nunavut, 1992, 248 km

ARCTIC RED, Territoires du Nord-Ouest, 1993, 450 km

GRAND, Ontario, 1994, 627 km

ROUTE FRONTALIÈRE DES VOYAGEURS, Ontario, 1996, 250 km

HILLSBOROUGH, Île-du-Prince-Édouard, 1997, 45 km

SHELBURNE, Nouvelle-Écosse, 1997, 53 km

BONNET PLUME, Yukon, 1998, 350 km

Haute-RESTIGOUCHE, Nouveau-Brunswick, 1998, 55 km

MARGAREE, Nouvelle-Écosse, 1998, 120 km

Fleuve FRASER, Colombie-Britannique, 1998, 1375 km

HUMBER, Ontario, 1999, 100 km

CANAL RIDEAU, Ontario, 2000, 202 km

THAMES, Ontario, 2000, 273 km

SAINTE-MARIE, Ontario, 2000, 125 km

DETROIT, Ontario, 2001, 51 km

MAIN, Terre-Neuve-et-Labrador, 2001, 57 km

Cowichan, Colombie-Britannique, 2003, 47 km

Missinaibi, Ontario, 2004, 501 km

Tatshenshini, Yukon, 2004, 45 km

Three Rivers, Île-du-Prince-Édouard, 2004, 73 km

Bay du Nord, Terre-Neuve-et-Labrador, 2005, 75 km

HAYES, Manitoba, 2005, 590 km

ROUGE, Manitoba, 2007, 175 km

Vision

Le RRPC a pour objectif d'établir un réseau de rivières du patrimoine canadien qui témoigne de la diversité des riches milieux riverains du Canada et qui célèbre l'importance des rivières dans la société et l'histoire du Canada. Le Réseau veut assurer pour l'avenir la conservation, au Canada, de rivières aux eaux pures et libres, comme elles l'ont été depuis la fonte des grandes nappes glaciaires du pléistocène.