Raymond Moriyama, CC, O. Ont, architecte, planificateur (né le 11 octobre 1929 à Vancouver, en Colombie-Britannique). Compagnon de l’Ordre du Canada et récipiendaire d’un Prix du Gouverneur général en arts visuels et en arts médiatiques, Raymond Moriyama est reconnu pour plusieurs bâtiments emblématiques au Canada et à l’étranger. Il est réputé pour sa sensibilité dans l’examen et le traitement de l’échelle humaine, pour son approche futuriste du design et pour son habileté à faire le lien entre architecture, nature et paysage.

Premières années et éducation

Les premières années de Moriyama impliquent un ensemble complexe de circonstances à travers lesquelles il développe une propension à l’action et une forte intuition. En raison de leur héritage japonais, sa mère, ses soeurs et lui sont envoyés dans un camp d’internement dans l’Ouest canadien durant la Deuxième Guerre mondiale. Malgré ces défis, l’influence de sa famille nourrit chez lui un sentiment de pardon et d’ouverture, munissant Moriyama d’une impression très claire de sa raison d’être, et ce dès un jeune âge. Durant ces années, son amour de la nature se développe et continue de grandir en lui.

Moriyama étudie à l’Université de Toronto et à McGill, et commence à pratiquer son métier d’architecte à Toronto en 1958. Ses premiers travaux sont liés à la famille Crothers, pour qui il réalise une gamme de projets dont le Used Equipment Centre, construit entièrement de ferraille. Le meilleur exemple de son travail durant cette période est peut-être le Japanese Canadian Cultural Centre à Toronto. Sa plus grosse commande en tant qu’architecte indépendant, avant son partenariat avec Ted Teshima, est le Centre des science de l’Ontario (1964) à Toronto.

Moriyama & Teshima

En 1970, Moriyama entre en partenariat avec Ted Teshima afin de fonder la firme Moriyama & Teshima. La reconnaissance envers leurs projets ne tarde pas à se manifester, puisqu’ils reçoivent la Médaille du Gouverneur général en architecture pour le Scarborough Civic Centre (1973), la Metropolitan Toronto Reference Library (1977) et Science Nord (1984), à Sudbury.

L’oeuvre de Moriyama varie en échelle, allant de la conception d’une cloche cérémonielle japonaise primée, la Goh Ohn Bell à Ontario Place, jusqu’à la planification de projets à long terme et sensibles à l’environnement, comme le vaste plan directeur de la Meewasin Valley, en Saskatchewan (1979) et la vision de 100 ans pour Niagara Falls.

L’un des projet de Moriyama ayant engendré le plus de publicité est l’ambassade du Canada à Tokyo, située sur un emplacement prestigieux adjacent aux terrains impériaux d’Akasaka et au parc commémoratif Takahashi. Les restrictions de conception reliées aux réglementations d’ombre projetée de Tokyo ont inspiré sa forme, qui rappelle un temple. L’ambassade comprend de grands espaces à l’intérieur qui permettent transparence et accessibilité et est aussi devenue un lieu de rencontre pour les Canadiens et les Japonais.

En 1995, Moriyama complète le Bata Shoe Museum à Toronto. Le projet est louangé pour ses qualités sculpturales et la magnifique interaction entre sa façade de calcaire incliné vers l’extérieur et son entrée de verre de deux étages en forme de pyramide. En 1996 se termine la construction d’un autre projet novateur : Casino Rama, le premier casino appartenant à des Autochtones, construit sur la réserve Rama au nord de l’Ontario.

Après avoir remporté une compétition internationale, Moriyama & Teshima font la conception du Musée national d’Arabie saoudite, qui ouvre ses portes dans la capitale, Riyadh, en 1999. Travaillant de paire avec plusieurs partenaires internationaux, la firme crée un bâtiment remarquable incorporant des cours invitantes, de l’eau ainsi qu’un mur renversant couvert de calcaire local.

Le Musée canadien de la guerre

Le Musée Canadien de la guerre à Ottawa, qui ouvre ses portes en mai 2005 (issu d’une collaboration avec Griffiths Rankin Cook Architects, maintenant GRC Architects), peut être vu comme un point culminant approprié pour la carrière de Moriyama. Ce projet phare est dévoué à l’exploration des thèmes de la mémoire, la régénération et la condition humaine. Le bâtiment affiche des géométries audacieuses et visuellement frappantes ainsi que des matériaux qui interagissent de façon artistique. L’expression horizontale de l’édifice sur le site est étudiée encore plus en profondeur à l’intérieur, où sont offerts des espaces expansifs remplis de lumière naturelle. Moriyama décrit la genèse du bâtiment ainsi que sa signification dans son livre In Search of a Soul (2006).

Retraite

Avec la décision de Raymond Moriyama et de son partenaire de longue date Ted Teshima de se retirer du milieu en 2003 (il sont maintenant associés émérites et agissent en tant que consultants pour la firme), c’est une nouvelle génération qui assume la direction. Les nouveaux associés incluent les fils de Raymond Moriyama, Ajon et Jason Moriyama, ainsi que Diarmuid Nash et Daniel Teramura.

Moriyama a affirmé que pour lui, l’architecture est « un processus d’enquête implacable qui doit se soucier des questions humaines, écologiques, techniques, économique et esthétique. », et son oeuvre incarne ce principe.

Prix

Raymond Moriyama est le récipiendaire de plusieurs prix et honneurs, dont le Sakura Award, lui ayant été remis en 2010 par le Japanese Canadian Cultural Centre à Toronto pour l’édifice construit par sa firme en 1958 et pour sa contribution, tout au long de sa vie, à la culture japonaise au Canada et à l’étranger. Il est membre de l’Ordre de l’Ontario, de l’Ordre du Canada et de l’Ordre du soleil levant (Japon). Ses autres prix incluent la Médaille d’or de l’Institut royal d’architecture du Canada, la Médaille de la Confédération du Canada ainsi qu’un Prix d’excellence pour l’ensemble de sa carrière de la Fondation des arts du Grand-Toronto. Il s’est mérité des Prix du Gouverneur général en architecture et a reçu des diplômes honorifiques de plusieurs universités. Des prix pour l’innovation matérielle, le design urbain ainsi que la conception d’éclairage viennent enrichir son répertoire.