Programme énergétique national

Le Programme énergétique national (PEN) est lancé le 28 octobre 1980 dans le cadre du premier budget libéral après les élections de 1980. Faisant suite à une augmentation de 160 p. 100 des prix mondiaux du pétrole en 1979-1980 et à l'impasse prolongée entre le gouvernement fédéral et l'Alberta quant à l'établissement des prix de l'énergie et au partage des recettes, le PEN est une tentative unilatérale du gouvernement fédéral de poursuivre trois objectifs : la sécurité énergétique, c'est-à-dire l'autosuffisance pétrolière, la redistribution de la richesse au profit du gouvernement fédéral et des consommateurs et l'accroissement de la propriété canadienne dans l'industrie pétrolière. Pour atteindre ces objectifs, le gouvernement adopte un large éventail de mesures d'envergure, notamment des subventions pour encourager le forage pétrolier dans les régions éloignées, des subventions aux consommateurs pour favoriser leur conversion au chauffage au gaz ou à l'électricité, de nouvelles taxes visant l'industrie pétrolière, un rôle élargi pour la société d'État PETRO-CANADA et une part gouvernementale de 25 p. 100 dans toute découverte de pétrole et de gaz dans les zones extracôtières ou dans le Nord. Ces mesures sont toutes promises dans l'expectative que les prix mondiaux du pétrole allaient augmenter indéfiniment. Or, quand l'hypothèse est apparue fausse (les prix commencent à baisser en 1982), ces politiques interventionnistes perdent toute leur raison d'être, et le PEN lui-même se révèle mal conçu dès le départ.

Le PEN, une des politiques les plus ambitieuses jamais envisagées au Canada, est démantelé par les progressistes-conservateurs après leur victoire électorale de 1984. Même s'il a effectivement réduit la dépendance du Canada en ce qui concerne le pétrole et atténué la mainmise étrangère sur l'industrie pétrolière, le PEN a laissé comme legs principal une méfiance des provinces de l'Ouest à l'égard du gouvernement fédéral.

Voir aussi POLITIQUE ÉNERGÉTIQUE.