Portugais

Les explorateurs portugais sont parmi les premiers Européens à toucher le sol canadien. On croit que Diogo de Teive (1452), Joao Vaz Corte-Real (1470), Joao FERNANDES et Pedro de Barcelos (1493) ont débarqué sur la côte est du Canada: il existe de plus des preuves indiscutables des explorations de Miguel et de Gaspar CORTE-REAL, qui se sont perdus dans les eaux de Terre-Neuve, respectivement en 1501 et en 1502. Les Portugais pêchent par la suite la morue dans les GRANDS BANCS DE TERRE-NEUVE, comme le prouvent de nombreux toponymes. Le nom de Labrador, probablement dérivé du portugais lavrador (« petit propriétaire terrien » ou « fermier »), montre que les Portugais connaissaient ce territoire. Toutefois, en cinq siècles de contacts épisodiques, un petit groupe seulement de pêcheurs portugais se sont établis sur la côte de l'Atlantique. Les Portugais de Nouvelle-France descendent de quelques familles, fondées par des immigrants venus en 1668 et plus tard.

L'immigration de Portugais, à peine perceptible dans les années 1940 (quelque 200 personnes) augmente rapidement après 1953. Il arrive alors des immigrants des archipels des Açores (70 % des Portugais venus au Canada en sont), de Madère et de la partie continentale du pays. Parmi ceux qui sont arrivés au cours des années 1950, un grand nombre ont été envoyés travailler dans les régions rurales et isolées du Canada; cependant, ils ne tardèrent pas à s'établir dans de plus grandes villes. De 1951 à 1957, il en vient 8 115; de 1958 à 1962, 16 731; de 1963 à 1967, 32 473; de 1968 à 1973, 54 199; et en 1984, 869. Les Portugais immigrent pour les mêmes raisons que bien d'autres : ils fuient la pauvreté, le chômage et la répression politique. En 2006, on estime le nombre de Portugais au Canada à 262 230 (réponses uniques) et 148 625 (réponses multiples) pour un total de 410 850.

La plupart des Portugais habitent en Ontario (69 %), les autres, au Québec (14 %) et en Colombie-Britannique (8 %). Ils vivent pour la plupart dans les centres urbains, même s'il existe quelques concentrations rurales, notamment dans l'extrême sud de la vallée de l'Okanagan, où ils pratiquent la culture fruitière. Parmi les centres urbains, c'est à Kitchener (Ontario) que l'on trouve la plus forte concentration de Portugais par rapport à la population totale. Winnipeg, Hamilton et Vancouver comptent aussi de fortes communautés d'origine portugaise.

Migration et peuplement

Le portugais est la langue maternelle (première langue apprise) de 219 275 Canadiens d'origine portugaise (recensement de 2006). Parmi les résidents canadiens, plus que la moitié qui déclarent que le portugais est leur langue maternelle vivent à Toronto (108 180), surtout dans le centre-ville, et ce choix de quartier est tout aussi évident à Montréal (29 310).

Vie sociale et culturelle
Pour la première génération de Portugais, la vie culturelle communautaire est en grande partie liée aux loisirs populaires avec les parties de soccer, les bals, les pique-niques et la musique. Ces activités récréatives sont commanditées par des clubs, en collaboration avec des associations régionales, certaines paroisses ou encore avec des associations politiques portugaises. De nos jours, là où le nombre le permet, de nombreuses écoles et universités du Canada enseignent la culture classique et la langue portugaises après les heures normales de classe.

De nombreux Portugais de la première génération préfèrent participer aux activités en langue portugaise, mais ce n'est pas le cas des jeunes générations éduquées au Canada. Le fait de s'installer dans les villes améliore leur situation économique. La plupart des ouvriers travaillent d'abord dans les fermes ou pour les chemins de fer. Lorsqu'ils déménagent en ville, ils cherchent du travail en entretien ménager, dans la construction et à l'usine. Les femmes sont domestiques, ouvrières du textile ou affectées à la transformation des aliments. Au cours des années 1960, de plus en plus de familles se mettent à ouvrir des boutiques de vêtements ou d'accessoires, des poissonneries, des boulangeries et des restaurants. Ceux qui possèdent une formation secondaire, la minorité, deviennent souvent agents d'immeubles ou de voyages, moniteurs de conduite automobile ou offrent divers services aux membres de leur communauté. À partir des années 1970, la deuxième génération, formée au Canada, compte des enseignants du secondaire, des avocats, des travailleurs sociaux, des ingénieurs et des fonctionnaires. D'autres, plus nombreux encore, sont ouvriers spécialisés ou semi-spécialisés.

La plupart des Portugais sont catholiques, mais certains se sont convertis à d'autres confessions chrétiennes, par exemple, aux églises pentecôtiste, baptiste et adventiste du septième jour.

Maintien de l'identité ethnique

Les immigrants portugais de première génération ont le souci de conserver leur identité culturelle, leur Portuguesismo, mais leur fidélité à leur localité d'origine est également très forte. Au niveau local, l'insistance sur l'avancement économique individuel et familial, appuyée par les différences de classes basées sur l'éducation et le mode de vie, provoque des rivalités qui font obstacle à une véritable cohésion ethnique. Parmi la deuxième génération, on voit à l'occasion des mariages avec des non-Portugais. Il se publie plusieurs journaux portugais à Toronto, à Montréal, à Winnipeg et à Vancouver.