OTAN (Organisation du traité de l'Atlantique Nord)

En adhérant à l'OTAN (Organisation du traité de l'Atlantique Nord), fondée en 1949, le Canada, dont c'est la première alliance militaire en temps de paix, s'engage dans un dispositif militaire défensif regroupant les États-Unis, la Grande-Bretagne et les nations de l'Europe de l'Ouest. En 1947, Ottawa se préoccupe beaucoup de la création par l'Union soviétique, d'une zone tampon en Europe de l'Est, qui la sépare de l'Allemagne de l'Ouest. L'URSS semble apparemment poursuivre une politique militaire expansionniste agressive sur le plan interne et axée sur la subversion à l'étranger, et l'on appréhende réellement que la France ou l'Italie deviennent communistes (voir GUERRE FROIDE).

Le problème est d'autant plus complexe qu'Ottawa perçoit une certaine recrudescence de l'isolationnisme des États-Unis. En effet, le Congrès hésite à assumer des responsabilités internationales que la France et la Grande-Bretagne, affaiblies par la Deuxième Guerre mondiale, ne peuvent plus endosser. La solution semble résider dans la mise en place d'un dispositif d'alliance défensive, qui, en réunissant les démocraties de part et d'autre de l'Atlantique, protégerait l'Europe de l'Ouest d'une attaque éventuelle tout en engageant entièrement les États-Unis sur la scène internationale. Ottawa voit un avantage additionnel à un tel dispositif : le resserrement des liens commerciaux entre tous ses partenaires entraînerait des retombées économiques éventuelles.

Négociations

 C'est Escott REID, fonctionnaire au ministère des Affaires extérieures (devenu le ministère des AFFAIRES ÉTRANGÈRES ET DU COMMERCE INTERNATIONAL) qui, le premier, expose publiquement ces préoccupations au cours de la CONFÉRENCE DE COUCHICHING le 13 août 1947. D'autres Canadiens, y compris le ministre pour qui Reid travaille, Louis SAINT-LAURENT, s'emparent de l'idée qui fait bientôt l'objet de discussions à Washington et à Londres. Des pourparlers secrets s'engagent alors entre les Britanniques, les Américains et les Canadiens, qui aboutissent à des négociations officielles en vue d'une alliance élargie vers la fin de 1948.

Le Canada y est représenté par Hume WRONG, ambassadeur aux États-Unis, homme d'un réalisme à toute épreuve. Wrong est convaincu qu'un traité doit être uniquement fondé sur des objectifs de défense, position que partagent les autres participants. Mais Ottawa voit beaucoup plus grand : L. B. PEARSON et Reid pressent Wrong de plaider pour l'insertion d'une clause qui inciterait les parties à abolir leurs litiges d'ordre économique. Malgré certaines hésitations, Wrong réussit à faire insérer la disposition no° 2, la « clause canadienne », dont les retombées, malheureusement, seront minimes.

 Le traité est signé le 4 avril 1949 mais, jusqu'à la GUERRE DE CORÉE, il demeure à toutes fins pratiques une alliance sur papier. Ce conflit amène les États membres de l'OTAN à multiplier leurs forces et, au Canada, il entraîne deux répercussions importantes : un immense accroissement du budget et le premier stationnement de troupes à l'étranger en temps de paix. La contribution militaire du Canada demeure modeste, mais largement reconnue pour sa qualité inégalée. Malgré tout, les coûts élevés et les armements nucléaires, injustifiés par rapport aux forces en présence en 1963, inquiètent les détracteurs.

À la suite d'un examen approfondi de la politique étrangère, le gouvernement Trudeau décide, en 1969, de sabrer dans la participation canadienne en diminuant les effectifs aériens et ceux de l'armée de terre. La contribution en armes et en effectifs fournie par le Canada à l'alliance, demeure nettement inférieure aux attentes des autres partenaires de l'OTAN.

Après la guerre froide

Avec la fin de la guerre froide vers le début des années 1990, l'OTAN subi une transformation. L'organisation de défense collective assume des responsabilités plus larges et devient un organisme de sécurité et de coopération au service de la paix. Le Canada milite en faveur de cette réforme et de cet élargissement de l'OTAN, faisant valoir que l'organisation incarnerait ainsi les idéaux qui gouvernaient sa fondation.

Les priorités des alliés ont évolué au gré des événements internationaux. Pour la première fois de son histoire, le lendemain de l'attaque terroriste contre le World Trade Center de New York du 11 septembre 2001, l'OTAN se prévaut de l'article 5 de sa charte, connu sous le nom de l'article sur la défense collective. Selon les dispositions de cet article, si un pays membre de l'OTAN subit une attaque armée, tous les autres membres doivent considérer que cette attaque a été commise à leur encontre et doivent prendre toutes les mesures nécessaires afin de porter assistance au membre attaqué.

Au Sommet de Prague, tenu le 21 et 22 novembre 2002, les membres s'entendent sur de nouvelles modifications à apporter au pacte pour qu'il demeure un élément central des mécanismes de défense des membres. Dans cette lancée, les alliés s'engagent à inviter d'autres pays à devenir membres de l'organisation, à améliorer les relations avec les pays partenaires de l'OTAN et à renforcer les capacités du pacte.

Les pays membres de l'OTAN sont : l'Albanie; l'Allemagne, la Belgique, la Bulgarie; le Canada, la Croatie; la République tchèque; le Danemark, l'Estonie; l'Espagne, les États-Unis, la France, la Grèce, la Hongrie, l'Islande, l'Italie, la Lettonie; la Lituanie; le Luxembourg, la Norvège, les Pays-Bas, la Pologne, le Portugal, la Roumanie, la Slovaquie; la Slovénie; le Royaume-Uni, la Turquie.