Ô Canada! mon pays! mes amours!

« Ô Canada! mon pays! mes amours! ». Chanson patriotique, dont les paroles sont de l'homme d'État canadien sir George-Étienne Cartier (1814-1873), qui l'aurait d'abord chantée sur l'air de la vieille chanson française « Je suis Français, mon pays avant tout », lors d'un banquet à Montréal le 24 juin 1834 marquant la fondation officielle de l'Assn (plus tard Société) Saint-Jean-Baptiste. Cartier était alors étudiant en droit et secr. de la société. L'historien Louis-P. Turcotte a cependant écrit que la chanson n'aurait été chantée par Cartier que l'année suivante, le 24 juin 1835, lors d'un deuxième banquet à l'hôtel Rasco de Montréal (Journal de Québec, 23 juin 1874). À tout événement, le succès de la chanson fut immédiat. Le texte fut d'abord publié dans La Minerve le 29 juin 1835, ce qui constitue un argument en faveur du point de vue de Turcotte. La version originale comportait six couplets, mais quatre seulement furent publiés sur un « air nouveau » dans Le Chansonnier des collèges (Québec 1850). Selon John Boyd, Cartier envoya vers 1860 une version remaniée du texte à Ernest Gagnon qui choisit, ou peut-être composa, un air auquel il ajouta un « accompagnement musical » publié peu après. Beaucoup plus tard (1912), la chanson fut publiée à Québec sur un air d'un auteur anonyme avec « accompagnement par Ernest Gagnon ». Cette version fut imprimée dans Le Passe-Temps du 21 juin 1913. Le sixième couplet en a été supprimé et il est précisé que le cinquième peut aussi l'être.

C'est toutefois dans sa mise en musique par J.-B. Labelle, dont le caractère est davantage celui d'une romance que celui d'un chant patriotique, que la chanson a traversé les générations et pourrait bien être « l'air nouveau » publié en 1850. Ce qui est certain c'est que la mise en musique de Labelle fut chantée à Montréal, en présence de Cartier, devenu ministre de la Milice, lors de la création de la Cantate : La Confédération de Labelle, le 7 janvier 1868, à l'hôtel de ville, devant 4000 personnes. Gustave Comte est donc dans l'erreur lorsqu'il écrit que la mise en musique de Labelle date de 1874 (Le Passe-Temps, 1er octobre 1898). Cette dernière fut faite avant 1868 et publiée à Montréal à la fin du XIXe siècle par Yon, Bélair et Boucher, ainsi qu'avec des paroles anglaises de J.M. Gibbon et dans une harmonisation d'Achille Fortier, en 1928 à New York chez Leo Feist.

La chanson a été enregistrée sur 78t. par Victor Occellier, Rodolphe Plamondon, Joseph Saucier et quelques autres; la liste paraît dans En remontant les années. Roger Doucet l'a incluse dans son micr. Chants glorieux.