Nuxalks (Bella Coolas)

Les Bella Coolas, ou Nuxalks, vivent dans un village de pêche isolé sur la côte centrale de la Colombie-Britannique. En 1996, la population inscrite de ce groupe autochtone s'établissait à 1185 personnes, dont 706 habitaient la réserve. Jadis, le terme « Bella Coola » désignait collectivement les Bella Coolas, les Talios, les Kimsquits et quelques Kwatnas qui vivaient dans des villages autour du bras nord et du bras sud de la Bentinck, de la vallée de la Bella Coola, du chenal Dean et du passage Kwatna. Dans les années 20, ils avaient déjà abandonné tous leurs autres villages et s'étaient regroupés dans la réserve actuelle, à l'embouchure de la rivière Bella Coola.

Depuis la fin des années 70, les Bella Coolas s'appellent eux-mêmes la nation des Nuxalks, appellation qui, dans les temps anciens, désignait exclusivement le peuple de la vallée de la Bella Coola. Ils parlent le bella coola, une langue salishenne isolée des autres langues salishennes de la côte et formant un îlot linguistique entouré des langues athapascanes et wakashennes. La culture des Bella Coolas est celle qui ressemble le plus à la culture de leurs voisins wakashans, les HEILTSUKS (Bella Bellas).

Les villages sont traditionnellement formés de familles descendant d'un groupe de premiers ancêtres mythiques. Chaque groupe d'ancêtres, équipés d'outils et d'une connaissance des rituels, descendit du sommet d'une montagne au pied de laquelle ils établirent un village. Par le mariage, un réseau de descendants se développa et lia les villages. La plupart d'entre eux choisissaient de vivre dans les villages de leurs pères, mais demeuraient liés à leur lignée maternelle, si celle-ci était différente. Les habitations en planches de cèdre à multiples familles étaient assez grandes pour loger jusqu'à six couples et leurs enfants. Les membres de la maisonnée, qui incluaient les parents âgés, se supportaient par le potlatch et autres activités économiques.

La caractéristique première de la vie des Bella Coolas était son rituel extrêmement riche et complexe, dominé par le POTLATCH et par deux sociétés secrètes, la sisaok et la kusiut. L'adhésion à la sisaok était réservée aux enfants et à certains parents des chefs. L'initiation comprenait une période d'isolement, suivie d'une exposition publique du masque représentant l'emblème de l'initié. Les membres de la sisaok se donnaient en spectacle lors des potlatchs et des funérailles et, parfois, de cérémonies moins importantes.

Les cérémonies d'hiver étaient menées par la kusiut. Chaque membre avait un nom kusiut spécial et un maître spirituel dont il ou elle imitait la danse.

Les Bella Coolas vivaient de la pêche, de la chasse et de la cueillette. La pêche au saumon et à l'eulakane (poisson-chandelle) dans la rivière Bella Coola demeure importante. Tous les ans, on pêche l'eulakane au filet, et on en extrait et vend la graisse. Il est aussi fumé de façon traditionnelle, mis en conserve et congelé. L'administration de la bande, une fabrique de glace, la foresterie et les programmes de mise en valeur du saumon sont autant de sources d'emplois.

Leur premier contact connu avec les Blancs a lieu à l'été 1793 quand le capitaine George VANCOUVER mouille peu de temps dans leurs eaux. Il est suivi, quelques semaines plus tard, par une expédition d'exploration terrestre dirigée par Alexander MACKENZIE. Cet événement historique fait partie de la tradition orale des Bella Coolas et le récit de l'accueil qu'ils ont réservé à Mackenzie est encore pour eux une source de fierté.

Voir aussiAUTOCHTONES : LA CÔTE DU NORD-OUEST.