Le Nouveau-Brunswick est l’une des trois provinces qui ensemble sont appelées les « Maritimes ». Relié à la Nouvelle-Écosse par l’étroit isthme de Chignectou et séparé de l’Île-du-Prince-Édouard par le détroit de Northumberland, le Nouveau-Brunswick constitue un pont terrestre entre cette région et l’Amérique du Nord continentale. La province est délimitée au nord par le Québec et à l’ouest par les États-Unis (Maine). En 1784, les Britanniques ont divisé la Nouvelle-Écosse à l’isthme de Chignectou et nommé la partie ouest et nord « Nouveau-Brunswick », d’après le duché allemand de Brunswick-Lüneburg. Le Nouveau-Brunswick est maintenant la seule province officiellement bilingue du Canada.

Territoire et ressources

Le Nouveau-Brunswick couvre une superficie de 72 908 km2. Les principales divisions régionales sont le bassin de la baie de Fundy, centré sur la vallée du fleuve Saint-Jean, et les rives nord et est. Le fleuve Saint-Jean a constitué la première voie d’accès aux meilleures terres agricoles et ressources forestières de la province.

Les résidents du Nord et de l’Est, qui vivent dans des villages de pêcheurs situés sur les côtes et des villages forestiers le long des cours d’eau intérieurs, sont séparés des communautés de la vallée d’une part sur le plan géographique, par de hautes terres et des ceintures de forêts, et d’autre part sur le plan culturel, par la langue française et la religion catholique, qui y sont prédominantes.

Géologie

La fondation rocheuse du Nouveau-Brunswick remonte en grande partie à l’ère primaire (paléozoïque), il y a de 544 à 250 millions d’années. Elle était comprise dans une formation géologique s’étendant du Sud-Est des États-Unis à Terre-Neuve. Une grande partie des roches du nord et de l’ouest du Nouveau-Brunswick ont été formées par des dépôts de sédiments marins de la période de l’ordovicien (il y a de 510 à 441 millions d’années). Ces roches plissées ont subi des intrusions granitiques et ont été recouvertes de couches de lave propres aux activités volcaniques sporadiques du paléozoïque. Elles renferment des dépôts de zinc, de plomb et de cuivre dans la région de Bathurst à Newcastle.

Les plissements, les mouvements des failles et l’activité volcanique ont atteint leur sommet il y a plus de 350 millions d’années, au cours de ce qu’on a appelé l’orogenèse acadienne. Une bonne part du fond rocheux du centre et de l’est de la province remonte à la fin de l’époque carbonifère (qui s’est terminée il y a 300 millions d’années), quand des roches se sont formées dans les rivières, les marécages et les bassins peu profonds. Ces roches comprenaient des grès rouges, verts et gris dont certains renferment du charbon ainsi que des conglomérats et des dépôts isolés de calcaire, de gypse, de sel et de schistes bitumineux.

Surface

La topographie du Nouveau-Brunswick se caractérise par des hautes terres dans le Nord, qui culminent à 820 m et présentent une apparence montagneuse, des collines aux pentes douces dans le centre et l’Est, et des collines aux pentes abruptes sur la côte sud qui descendent vers des marais côtiers et une plaine dans les basses terres du Sud-Est.

Les sols sont plutôt minces et acides dans les hautes terres, plus profonds mais souvent mal drainés et acides dans le centre et dans l’Ouest, et rocailleux dans certaines parties du Sud. Les meilleurs sols se trouvent surtout dans les terres mitoyennes le long des rivières. Le haut du fleuve Saint-Jean est flanqué de bas plateaux aux sols sablo-argileux bien drainés qui contiennent une bonne proportion de chaux et se révèlent excellents pour la culture des pommes de terre. Les sols à texture fine des basses terres de la baie de Fundy sont aussi propices à l’agriculture.

Les terres en culture occupent seulement 5 % de la province. La majeure partie du reste, soit près de 83 % de la province, présente un couvert forestier qui se prête presque entièrement à l’exploitation. L’épinette et le sapin sont les principaux résineux, suivis en importance du cèdre et du pin blanc. Le pin gris, le pin rouge, la pruche et le mélèze sont aussi présents. Les bois durs les plus abondants sont l’érable rouge, l’érable à sucre, le peuplier, le bouleau jaune, le bouleau blanc et le hêtre, dans l’ordre, et comptent à l’occasion du frêne, de l’orme, de l’ostryer de Virginie et du chêne rouge.

Cours d’eau

Aucune partie du Nouveau-Brunswick n’est située à plus de 180 km de l’océan, principale voie de communication dans les premiers temps des transports. Son vaste réseau de rivières a donné accès à l’intérieur de la province, favorisant un développement précoce du commerce du bois et déterminant l’emplacement des établissements. Les plus grandes villes sont situées le long des cours d’eau, tout comme la plupart des petites villes et des villages. Les lacs sont abondants dans le Sud de la province, le plus important étant le lac Grand, d’une longueur de plus de 30 km.

Climat

Dans l’ensemble, le climat du Nouveau-Brunswick est de type continental, mais il est tempéré par la proximité de l’océan. Il est plus rigoureux dans le Nord-Ouest, où plus du tiers des précipitations tombent en neige et où les températures sont de plusieurs degrés inférieurs à celles de l’intérieur des terres. En janvier, à Fredericton, la température s’élève jusqu’à -4 °C et descend jusqu’à -15 °C. Puis, à l’été, il y fait beaucoup plus chaud, en moyenne un maximum de 25 °C et un minimum de 13 °C en juillet.

Les villages côtiers sont plus chauds de plusieurs degrés en hiver et sensiblement plus frais en été. Les précipitations annuelles sont d’environ 1,078 mm et sont réparties de façon assez uniforme dans la province quoique ce soit la partie sud-ouest de la province qui enregistre le taux le plus élevé.

Protection

Les efforts de protection déployés dans la province portent essentiellement sur les forêts. L’aménagement forestier a considérablement évolué depuis que la province a obtenu en 1837 le contrôle de ses terres publiques. On considère maintenant qu’elle possède l’un des meilleurs systèmes d’aménagement au Canada. Les forêts ont d’abord été considérées comme une marchandise et faisaient l’objet d’une exploitation contrôlée. Les pratiques forestières ont changé au milieu des années 1960 pour se tourner vers la sylviculture. Plus tard, l’aménagement des forêts a finalement adopté une démarche intégrée et durable qui tient compte d’autres facteurs comme les activités récréatives et la préservation de la faune.

Le réseau des parcs provinciaux est actuellement en restructuration, et certains parcs sont transférés aux municipalités ou au secteur privé. Le parc le plus vaste qui demeure dans le réseau est le parc provincial du mont Carleton.

Population

Centres urbains

Saint-Jean et Moncton. Chef de file parmi les centres urbains de l’Amérique du Nord britannique au milieu du XIXe siècle, Saint-Jean doit son importance au bois d’œuvre (accessible grâce au fleuve Saint-Jean) et à son port libre de glaces à longueur d’année, qui approvisionnait l’estuaire et dominait dans le transport maritime et la construction navale dans la baie de Fundy. Le statut urbain de Saint-Jean est actuellement attribuable surtout à son secteur industriel, qui repose sur une raffinerie de pétrole, des usines de pâtes et papiers, une centrale nucléaire, des installations de carénage et un important port à conteneurs.

Moncton a longtemps été un centre de transports et de distribution. Elle est aussi le centre traditionnel des médias et des institutions financières de la communauté acadienne et, depuis 1963, elle est devenue le siège de l’université provinciale de langue française, l’Université de Moncton.

Fredericton, Bathurst, Miramichi, Edmundston et Campbellton sont les autres centres urbains.

La tendance vers l’urbanisation a changé le Nouveau-Brunswick qui était rural sur plus des deux tiers avant 1941 et qui est devenu à prédominance urbaine en 1971. Il y a eu ensuite un renversement lorsque la population urbaine officiellement désignée a chuté de 52 % en 1976 à 48 % en 1991, en raison d’une reprise de la migration dans la région de même qu’un déménagement résidentiel vers les banlieues, que l’on avait fait miroiter comme offrant des services bonifiés, des terres plus abordables et des impôts moins élevés. En 2011, la population était de 751 171, dont 53 % vivent en milieu urbain.

Population active

De tout temps, les jeunes Néo-Brunswickois ont migré vers les autres provinces pour trouver du travail. Cette tendance a persisté au cours des années. En 2013, Statistique Canada a remarqué que beaucoup de ceux qui migrent s’établissent de façon permanente dans la nouvelle province de leur choix.

Parmi les gens qui ont un emploi au Nouveau-Brunswick en 2013, environ 78 % travaillent dans le secteur des services et les autres (22 %) travaillent dans le secteur de la production de biens. Dans le secteur des services, le commerce, les soins de santé et l’aide sociale emploient le plus de gens alors que dans le secteur de la production de biens, ce sont la construction ou l’industrie manufacturière qui emploient la majorité des personnes.

Historiquement, le Nouveau-Brunswick a un taux de chômage moyen plus élevé que le reste du pays. En 2012, le taux de chômage est de 10,2 % ce qui classe la province au troisième rang au niveau national, derrière Terre-Neuve-et-Labrador et l’Île-du-Prince-Édouard.

Langue et ethnie

Confédération, passant d’environ 16 % en 1871 à 24 % en 1901 et à 34 % en 1931. En 1871, les autres groupes ethniques comprenaient 29 % d’Anglais, 35 % d’Irlandais et 14 % d’Écossais.

En 2011, les origines ethniques les plus courantes au Nouveau-Brunswick sont : canadienne, française et anglaise. À peine plus de 2 % de la population de la province fait partie d’une minorité visible par rapport à un peu plus de 19 % de la population canadienne. La majorité des Néo-Brunswickois, soit environ 65 %, ont déclaré que l’anglais était leur langue maternelle en 2011, suivi par le français pour 32 %.

Religion

En 2011, 84 % de la population du Nouveau-Brunswick se considèrent chrétiens tandis que 15 % ont déclaré n’avoir aucune appartenance religieuse.

Histoire

Colonisation autochtone

Mi’kmaqs, dont les villages s’étendaient de la Nouvelle-Écosse et de l’Île-du-Prince-Édouard jusqu’à la côte sud de la péninsule gaspésienne, et les Malécites vivant dans la vallée du fleuve Saint-Jean et la baie Passamaquoddy, le long de la rivière Sainte-Croix. Dès le début du XVIe siècle, ils ont entretenu des liens avec les Européens et se sont engagés dans un commerce qui les rendait dépendants des technologies européennes et les exposait aux maladies venues d’Europe. Les Mi’kmaqs suivaient depuis longtemps un mouvement de migration saisonnière suivant lequel ils passaient l’hiver sur des territoires de chasse dans les hautes terres boisées et se rassemblaient sur le littoral en été pour y pratiquer la pêche aux crustacés et des activités conviviales.

Exploration

Lorsque les Français ont tenté de s’établir, d’abord à l’embouchure de la rivière Sainte-Croix en 1604, puis à Port-Royal, ils ont été accueillis par les Mi’kmaqs, qui leur ont enseigné les moyens de survivre. Après que les Français se furent tournés vers Québec, les Autochtones ont aidé quelques jeunes hommes restés sur place, dont Charles de Saint-Étienne de La Tour, à établir une traite des pelleteries sur le fleuve Saint-Jean.

En 1635, la mort d’Isaac de Razilly, dirigeant d’un petit établissement ranimé à Port-Royal, a engendré une lutte féodale pour les territoires et le commerce entre La Tour, Charles de Menou d’Aulnay et Nicolas Denys. À la mort de Menou d’Aulnay en 1650, La Tour a repris le contrôle du fleuve Saint-Jean, et Denys a reconquis un poste de pêche et de traite dans le havre de Miscou et en a construit un autre à Nepisiguit (Bathurst).

Après une longue carrière dans le commerce et la pêche sur les côtes de l’Acadie, Denys s’est retiré à Nepisiguit en 1668 pour rédiger une description de l’Acadie importante sur le plan historique avant de retourner en France en 1671 pour y faire publier le volume. Les Français lancent des attaques contre la Nouvelle-Angleterre à partir de la vallée du fleuve Saint-Jean dans les années 1690, contribuant à motiver une hostilité profonde et persistante envers la présence française en Acadie.

Peuplement européen

Pendant ce temps, le petit établissement de Port-Royal a prospéré et s’est étendu autour de la baie de Fundy pour inclure l’isthme de Chignectou et Shepody, sur la rive nord. Les Acadiens ont développé une société tout à fait particulière, caractérisée par la construction de digues qui leur permettaient de cultiver les terres marécageuses inondées par les marées de la baie de Fundy. Leur société se différenciait aussi parce qu’elle était négligée par les autorités françaises, ce qui a favorisé l’épanouissement d’une communauté très unie et à l’esprit indépendant.

Pris dans les luttes impériales entre Britanniques et Français, la plupart des Acadiens ont été expulsés par les Britanniques à partir de 1755 et dispersés dans les Treize Colonies ou renvoyés en France. Ceux qui sont revenus après la signature du Traité de Paris (1763) ont trouvé leurs terres occupées par plusieurs milliers d’immigrants venus en grande partie de la Nouvelle-Angleterre. Certains ont reçu des concessions de terres dans la région de Memramcook, certains se sont établis sans permission le long du fleuve Saint-Jean et d’autres se sont engagés au service des frères Robin, de Jersey, l’une des îles Anglo-Normandes, qui ont commencé en 1764 à ériger des postes de pêche le long de la côte, de Gaspé jusqu’à l’île du Cap-Breton.

Après la guerre de l’Indépendance américaine, environ 14 000 réfugiés loyalistes se sont installés sur la rive nord de la baie de Fundy, ont fondé la ville de Saint-Jean et ont colonisé les vallées du fleuve Saint-Jean et de la rivière Sainte-Croix. Quelques-uns se sont fixés dans d’autres régions de la province. Pressés de trouver du travail et conscients de leur isolement par rapport à Halifax, ils ont présenté une requête pour obtenir le statut de colonie séparée, qui leur a été accordé en 1784.

Développement

Le blocus continental de Napoléon qui en 1807 a privé les Britanniques de leur source traditionnelle d’approvisionnement en bois dans la région de la Baltique les a contraints à chercher délibérément à favoriser l’industrie coloniale au moyen de tarifs protectionnistes pour en faire une source fiable. Grâce aux rivières qui rendaient accessibles de riches réserves d’épinettes et de pins, le commerce du bois équarri du Nouveau-Brunswick a prospéré pendant un demi-siècle. Le bois est devenu source de croissance et a conduit à l’établissement de nouveaux villages, laissant son empreinte sur l’économie, la politique et la société. Du coup, la population est passée de quelque 25 000 à près de 200 000 habitants au milieu du siècle.

Les hauts et les bas ont poussé à la faillite les colons qui ne comptaient que sur le bois, et plusieurs se sont vus réduits au statut de travailleurs à gages, n’ayant d’autres recours que quelques entrepreneurs influents dans chacune des régions. Associée à l’industrie forestière, la construction de navires en bois, dont les chantiers jalonnaient les côtes et les cours d’eau de la province, produisait au milieu du siècle environ 100 vaisseaux par an, à la fois pour l’exportation et l’usage des marchands de Saint-Jean.

Les industries du Nouveau-Brunswick, stimulées par la guerre de Crimée et la Guerre de sécession américaine ainsi que par un traité de réciprocité conclu avec les États-Unis et portant sur les produits primaires, ont survécu à la crise provoquée par l’abandon des tarifs préférentiels et des Lois sur la navigation de la part des Britanniques à la fin des années 1840. L’effet conjugué des revers infligés à l’économie néo-brunswickoise après la Confédération, dont la politique nationale de protection tarifaire n’était pas le moindre, s’est avéré plus dommageable à long terme. Le traité de réciprocité a été abandonné, les ressources forestières ont perdu leur attrait commercial et les navires en bois ont succombé à la concurrence des bateaux à vapeur munis d’une coque en métal. Les habitants du Nouveau-Brunswick ont quitté par milliers les ports et les villes forestières pour chercher de l’emploi aux États-Unis. (Voir aussi Le Nouveau-Brunswick et la Confédération.)

Certains entrepreneurs ont rapidement réalisé la transition à une économie nationale et continentale. La Confédération a amené le chemin de fer Intercolonial au Nouveau-Brunswick en 1876, et le CP a atteint Saint-Jean en 1889. Les commerçants, les industriels du sciage et les constructeurs de navires ont transféré leurs capitaux dans les fonderies de fer, les filatures, les raffineries de sucre et d’autres industries du secteur secondaire dont la croissance bénéficiait de la politique tarifaire. Enfin, nombre de ces nouvelles industries, éparpillées dans la province, sont passées aux mains des entreprises plus grandes et aux reins plus solides du centre du Canada. Un scénario classique s’est dessiné, marqué par les prises de contrôle, l’absence de modernisation, les fermetures d’entreprises et l’exploitation du marché par des usines en expansion du Canada central.

La récession de l’après-guerre, dans les années 1920, a vu se poursuivre le déclin des industries traditionnelles et l’effondrement presque du secteur manufacturier, encore plus ébranlé par des politiques fédérales adverses relatives aux tarifs douaniers et aux transports. Une commission royale fédérale a examiné les problèmes des provinces maritimes et a tenté d’y remédier, mais ces efforts sont largement restés sans effet puisque le Nouveau-Brunswick, comme le reste du monde, a plongé dans la Crise des années 1930. Plusieurs décennies de stagnation économique ont réduit le Nouveau-Brunswick à un niveau de vie bien inférieur à la moyenne nationale. Les politiques nationales ont eu pour effet d’accroître les disparités, car la politique tarifaire a créé et maintenu le secteur manufacturier au centre du Canada. Pendant ce temps, les gouvernements des Maritimes manquaient d’argent pour maintenir les services essentiels.

En 1940, les dépenses du Nouveau-Brunswick dans les secteurs de l’éducation et de la santé atteignaient un peu plus de la moitié de la moyenne nationale; ses taux d’analphabétisme et de mortalité infantile étaient les plus élevés au pays. Bien que le fédéral ait approuvé le rapport Rowell-Sirois sur les relations fédérales-provinciales (1940), qui exprimait le besoin d’une répartition plus équitable des recettes fiscales de l’économie nationale, les subventions de rajustement que les commissaires recommandaient pour les provinces les plus pauvres n’ont été accordées qu’à compter du début des années 1960.

La nature des disparités qui affligeaient le Nouveau-Brunswick présentait un double aspect : l’extrême disparité des niveaux de vie par rapport aux autres provinces et la disparité interne entre les régions urbaines du Sud, à majorité anglophone, et les régions rurales du Nord, majoritairement francophones. On s’est attaqué simultanément aux deux.

Au niveau provincial, le gouvernement a mis de l’avant son programme résumé par le slogan « Chances égales » en vue de procurer davantage des services de qualité égale. Donnant suite aux recommandations de la commission Byrne de 1963, l’administration Robichaud, dirigée par le premier premier ministre acadien, a procédé à plus de 125 mesures législatives pour radicalement changer le partage des pouvoirs entre le gouvernement provincial et les administrations municipales ou des comtés. Se fondant sur le principe selon lequel le gouvernement provincial doit assurer les services à la population, le gouvernement s’est réservé l’autorité en matière de services éducatifs, médicaux, judiciaires et d’aide sociale. Il a donné aux municipalités les services comme l’eau, les égouts, la protection contre les incendies et les services de police locaux. Les taxes devaient être évaluées à la grandeur de la province selon la valeur marchande réelle de la propriété.

La rationalisation des services s’est accompagnée d’un effort énergique visant le développement économique. À la faveur de l’optimisme des années 1960, les gouvernements fédéral et provincial ont estimé que les disparités provinciales et régionales chroniques pouvaient être surmontées grâce à l’industrialisation. Les tentatives fédérales-provinciales de développement rural, les investissements gouvernementaux dans la production d’électricité, l’exploitation minière, l’industrie forestière, les pêches et l’industrie manufacturière secondaire, la construction de grandes autoroutes dans toute la région du Nord et le recours à des subventions au transport pour faciliter l’accès des produits du Nouveau-Brunswick aux marchés nationaux se sont tous inscrits dans une volonté du fédéral et de la province de ramener le niveau de vie provincial plus près de la moyenne nationale.

Économie

Depuis le début du XIXe siècle, l’industrie du bois domine l’économie de la province. Le Nouveau-Brunswick, comme l’ensemble des Maritimes, a subi de graves bouleversements économiques au cours de la seconde moitié du XIXe siècle, à une époque où le déclin de l’industrie de la construction navale, la stagnation des marchés du bois et l’augmentation des tarifs douaniers ont été rudes. Les nouveaux chemins de fer et l’essor des villes manufacturières n’ont pas suffi à compenser les pertes dans les industries plus anciennes.

Au cours des années 1920, les villes industrielles ont amorcé un déclin, car de nombreuses usines ont été fermées après que des concurrents du Canada central en eurent pris le contrôle, ou elles ont subi les contrecoups des politiques nationales qui ont nui à leur compétitivité sur les marchés nationaux.

Dès les années 1930, les usines de pâtes et papiers avaient supplanté le bois d’œuvre en importance, et leur croissance a encouragé le développement de l’hydroélectricité. Néanmoins, la pêche et l’agriculture ont accusé un recul, et les taux d’émigration sont demeurés élevés pendant les décennies subséquentes. Les campagnes gouvernementales de développement économique dans les années 60 et au début des années 1970, bien que parfois infructueuses, ont entraîné l’expansion de l’industrie forestière, l’émergence d’une nouvelle et importante industrie minière, la modernisation des pêches et de l’agriculture, l’accroissement d’un secteur manufacturier basé sur les ressources locales et l’éclosion du tourisme.

Agriculture

Les pommes de terre, particulièrement celles de semence, constituent le principal produit d’exportation agricole de la province. En 2012, elles représentent 44 % (110 millions de dollars) de la valeur totale de la production agricole du Nouveau-Brunswick. On produit les pommes de terre surtout le long du haut Saint-Jean.

Après les pommes de terre, les cultures les plus importantes sont les fruits et les baies, la floriculture (y compris les cultures pépinières et de gazon).

La production laitière est plus importante dans les comtés de Kings, de Westmorland et de York, dont les fermiers approvisionnent les trois plus grandes villes. Les productions laitière et avicole ont presque la même importance en 2012, représentant environ 40 % (101 millions de dollars) de la valeur totale de la production animale.

Industrie minière

Traditionnellement, l’industrie minière n’a pas occupé une grande importance au Nouveau-Brunswick. Le gypse, le granit et le grès exportés au XIXe siècle revêtaient surtout une importance locale. Bien que le charbon ait favorisé le développement rapide de la région du lac Grand, surtout avec l’arrivée du chemin de fer en 1903, la production dans cette région n’est jamais parvenue à rendre la province autosuffisante. En raison de l’abandon du charbon au profit du pétrole et de l’hydroélectricité, l’extraction avait pratiquement cessé dès le milieu des années 1960.

Les crises énergétiques du début et du milieu des années 1970 ont conduit à la relance du charbon dans des mines à ciel ouvert, mais bientôt les progrès de l’exploitation minière dans le Nord-Est ont éclipsé le charbon. Grâce à la découverte de vastes gisements de métaux communs dans la région de Bathurst-Miramichi dans les années 1950, l’industrie minière s’est érigée en industrie de première importance.

Aujourd’hui, les principaux minéraux extraits sont le zinc, l’argent et le plomb. Parmi les minéraux non métalliques, la tourbe, la pierre et le soufre sont les plus importants. En 2012, on estimait que lorsque combinées, la valeur des minéraux métalliques et non métalliques dans la province était de 1,1 milliard de dollars.

Énergie

Le Nouveau-Brunswick s’est trouvé avantagé par rapport à ses voisins des Maritimes et de la Nouvelle-Angleterre à la fin de l’ère du pétrole bon marché, déclenchée par le cartel de l’OPEP, et pendant les pénuries de 1973-1974 et de 1979-1980. La Commission d’énergie électrique du Nouveau-Brunswick, une société de la Couronne (1920), avait construit, avec l’appui financier du gouvernement fédéral, un barrage d’envergure sur le fleuve Saint-Jean, près de Fredericton, qui a plus que doublé la capacité hydroélectrique de la province.

En 1970, le gouvernement du Nouveau-Brunswick avait déjà engagé la province sur la voie de l’énergie nucléaire en construisant un réacteur Candu à Pointe Lepreau. En 1985, la prolifération de la capacité de production électrique, combinée à un programme fédéral de conversion des foyers du chauffage à l’huile au chauffage électrique, a entraîné une chute prononcée de la demande d’huile et de gaz naturel. L’électricité est maintenant la principale source d’énergie dans la province.

En 2011, le pétrole représentait environ 54 % de la consommation d’énergie de la province, l’électricité environ 31 % et le gaz naturel 13 %. Sur la totalité d’électricité produite en 2012, 64 % provenaient des centrales thermiques et 29 % de l’hydroélectricité. Le principal fournisseur d’énergie de la province est Énergie NB.

Le Nouveau-Brunswick produit du gaz naturel depuis 1909 quand un puits à Stoney Creek a commencé la production. En 2012, il y avait 30 puits produisant du gaz naturel dans la province.

Voir Forage.

Industrie forestière

La forêt, qui couvre environ 83 % de la province, a traditionnellement dominé l’économie du Nouveau-Brunswick. Les rivières accessibles et des tarifs préférentiels britanniques ont amené une croissance rapide de l’industrie du bois de sciage au début du XIXe siècle. On abattait le pin blanc pour le destiner à la marine britannique et pour satisfaire les besoins locaux. Au commerce du bois était intégrée une industrie de construction navale très répandue, et les deux industries absorbaient les produits forestiers et facilitaient leur accès au marché.

Au milieu du XIXe siècle, les produits forestiers comptaient pour plus de 80 % des exportations de la province. À la fin du siècle, le commerce du bois s’était affaibli, et la province avait perdu des marchés à cause du recul de l’économie dans les Antilles, de nouveaux tarifs douaniers américains et de la nouvelle concurrence exercée par le bois d’œuvre de la côte ouest. L’émergence d’une vigoureuse industrie des pâtes et papiers, à la fin des années 1920, a seulement partiellement atténué ces problèmes.

Les usines de pâte à papier, qui exigent d’importantes mises de fonds et une main-d’œuvre nombreuse, ont été des facteurs déterminants du développement urbain dans la province. Par exemple, des usines de pâte à papier appartenant à des intérêts du groupe Irving produisent de la pâte au sulfate, du papier journal, du papier ménager et des matériaux pour des caisses en carton ondulé dans la région de Saint-Jean. Malgré son importance initiale, le déclin de l’industrie a fait en sorte qu’elle a perdu de sa notoriété. Voir Industrie des pâtes et papiers.

En 2012, l’industrie forestière du Nouveau-Brunswick emploie 11 900 personnes et génère un revenu d’environ 437 millions de dollars.

Pêches

On retrouve au Nouveau-Brunswick à la fois de la pêche en eau douce et de la pêche en haute mer bien que la pêche en haute mer occupe une importance beaucoup plus grande. Par exemple, en 2012, on évalue à 200 millions de dollars les débarquements de la province, c’est-à-dire le poisson débarqué, ce qui la place au 3e rang des pêches sur la côte Atlantique. En comparaison, la valeur de la pêche en eau douce la même année était de 522 000 $. Le homard est la prise de plus grande valeur, représentant plus de la moitié (53 %) de la valeur totale des débarquements de la pêche en haute mer de la province en 2012. Le crabe des neiges, les crevettes et le hareng constituent d’autres espèces importantes en ce qui concerne les débarquements. Les principales zones de pêche sont le golfe du Saint-Laurent, le détroit de Northumberland et la baie de Fundy.

Voir Histoire de la pêche commerciale.

Industrie

Les industries manufacturières reposent en grande partie sur la transformation de produits de base produits au niveau local. Pour le Nouveau-Brunswick, ceci réfère en grande partie à l’industrie forestière et à des produits alimentaires (avec l’abondance des pommes de terre, il y a des usines à Florenceville et à Grand Falls). Ces produits (bois et nourriture) se classent en général au sommet pour ce qui est des ventes. La raffinerie de pétrole Irving de Saint-Jean est un autre gros producteur.

Tourisme

En 2011, 32 700 personnes travaillent dans l’industrie touristique, ce qui représente environ 8 % de la main-d’œuvre. Les touristes visitent des attractions réputées comme les chutes réversibles à Saint-Jean, les rochers en forme de pots de fleurs de la côte de la baie de Fundy, dans le comté d’Albert (voir aussi Parc provincial The Rocks), le mascaret de la baie de Fundy, les paysages accidentés des forêts, des côtes pittoresques et des installations récréatives dans des villages historiques. Par exemple, le village loyaliste de Kings Landing, près de Fredericton, et le Village historique acadien, à Caraquet. La province compte également plus de 60 musées, fortifications restaurées et autres lieux d’intérêt historique, dont un nouveau site archéologique au ruisseau du lac Vaseux (« Mud Lake Stream »).

Deux parcs nationaux majeurs, celui de Fundy, près d’Alma, et le parc national Kouchibouguac, près de Richibouctou, figurent aux côtés des neuf parcs provinciaux.

Finance

La plupart des institutions financières comme les banques et les compagnies d’assurances sont des succursales de firmes du Canada central. Parmi les quelques exceptions se trouvent les coopératives de crédit et les caisses populaires locales et l’Assomption Vie, une institution acadienne ayant son siège social à Moncton.

Transports

Éloigné des marchés du centre, le Nouveau-Brunswick a toujours porté une grande attention aux transports et à son incidence sur le développement économique. Il a protesté contre la hausse disproportionnée des taux de fret, la perte d’autonomie régionale au sein du chemin de fer Intercolonial, propriété du gouvernement fédéral, et le fait que le commerce hivernal du Canada n’était pas acheminé par les ports canadiens. En 1927, la région a remporté une victoire partielle lorsque la Loi sur les taux de transport des marchandises dans les provinces maritimes a entraîné une réduction des taux de fret.

En 1969, cette loi a été abrogée, et une nouvelle mesure législative a institué le Comité fédéral-provincial pour administrer les subventions au transport au profit du développement industriel. À cette époque, les transports étaient devenus beaucoup plus complexes, car le transport routier par camion primait sur les chemins de fer dans le transport de fret. Avions et autobus transportaient la majorité des passagers. L’avènement du transport par conteneur, auquel étaient particulièrement bien adaptées les installations portuaires de Saint-Jean, libres de glaces durant toute l’année, a aiguillonné une nouvelle lutte pour rehausser le statut de Saint-Jean à titre de port national.

Actuellement, le Nouveau-Brunswick est desservi par deux réseaux ferroviaires importants. Le New Brunswick Southern Railway a repris la majorité des lignes de la province lorsque le Canadien Pacifique s’est retiré en 1994. Il s’agit d’une ligne ferroviaire sur courtes distances dont le terminus est situé à Saint-Jean. Le deuxième réseau ferroviaire important est le Canadien National, dont le bureau de direction régional se trouve à Moncton et le terminus principal, à Halifax. VIA Rail offre un service de transport de passagers reliant Halifax et le nord de Moncton à Campbellton et ensuite au Canada central.

Il y a quatre principaux aéroports dans la province, à Moncton, Saint-Jean, Bathurst et Fredericton. Maritime Bus offre un service d’autobus entre les villes à l’intérieur de la province avec des correspondances partout dans les Maritimes et au Québec. Il existe aussi plusieurs lignes locales d’autobus qui procurent un service régulier en région. Un service de transport urbain exploité par les municipalités est disponible à Saint-Jean, à Moncton et à Fredericton.

Saint-Jean est le principal port, offrant un service à longueur d’année pour le transport par conteneur et le transport en vrac. Sa saison de grande activité a toujours été l’hiver, quand le Saint-Laurent est couvert de glace. Plusieurs lignes de porte-conteneurs y sont établies et ont accès à plus de 350 ports dans le monde et traitent 31 millions de tonnes métriques de marchandises par année. Neuf autres ports parsèment le littoral du Nouveau-Brunswick. Celui de Newcastle est un port de sortie pour le bois et le poisson, tandis que Belledune est le principal port de sortie pour l’industrie des métaux communs.

Gouvernement et politique

Gouvernement provincial

Le chef d’État en titre du Nouveau-Brunswick est le lieutenant-gouverneur. Nommé par le gouvernement fédéral, il représente officiellement la reine, et ses fonctions sont surtout honorifiques. Celui qui détient le pouvoir, le premier ministre, chef du parti ou de la coalition qui détient la majorité des 55 sièges de l’Assemblée législative, élue pour un mandat d’une durée maximale de cinq ans. Voir les lieutenants-gouverneurs du Nouveau-Brunswick.

Le premier ministre préside un Cabinet dont chacun des membres dirige habituellement un ministère ou une société de la Couronne comme la Société des alcools du Nouveau-Brunswick. Ces domaines ont d’abord été définis par l’AANB (Loi constitutionnelle de 1867) et ont subi par la suite des modifications et des interprétations judiciaires. Les femmes ont acquis le droit de vote au provincial en 1919, mais n’ont pas eu le droit de briguer les postes dans la fonction publique provinciale avant 1934.

Les dossiers dominants de la politique provinciale ont porté sur les relations ethniques et les disparités régionales. L’augmentation de la proportion d’habitants d’origine française de 15,7 % en 1871 à 38,8 % en 1961 a alimenté l’insatisfaction persistante des chefs de file acadiens, qui revendiquaient une représentation et une influence proportionnelles à leur nombre, et a conduit à la formation d’un parti politique séparatiste, le Parti acadien. Les politiciens ont exploité à l’occasion les tensions entre les deux groupes linguistiques, mais le parti vainqueur a généralement été en mesure de s’attirer une bonne part de l’appui des deux communautés.

L’élection en 1960 du jeune et entreprenant Acadien Louis-J. Robichaud dans une conjoncture favorable au changement a mené à des réformes économiques et linguistiques si rapides et si fondamentales qu’elles ont été taxées de révolutionnaires. Les Acadiens ont le plus bénéficié du programme de chances égales, qui a redistribué les revenus des centres urbains entre autres aux régions du Nord, affligées par une pauvreté endémique, et qui a mis de l’avant des projets de développement économique et institué des services linguistiques aux deux communautés selon les lignes directrices prescrites par la Commission royale d’enquête sur le bilinguisme et le biculturalisme.

Au même moment, les gouvernements fédéraux ont mené la lutte aux disparités régionales, ce qui a joué un rôle capital pour le succès du programme. Malgré l’opposition d’entreprises prépondérantes et des conservateurs affolés par la vive allure du changement, Robichaud est demeuré au pouvoir durant toute la décennie. Son successeur, le conservateur et protestant Richard Hatfield, qui a été premier ministre pendant un nombre surprenant de 17 ans (1970-1987), n’a pas cherché à renverser la vapeur. Son gouvernement a appliqué des changements dans le même sens que le programme avec tant d’enthousiasme que son parti a de plus en plus percé dans les milieux acadiens, contrecarrant les visées du Parti acadien en faveur d’une province acadienne distincte. L’impulsion donnée au développement économique a ralenti à la fin des années 1970, moins à cause des critiques de la population envers des échecs spectaculaires comme la production des voitures sport Bricklin, qu’en partie à cause de la perte d’intérêt de la part du gouvernement fédéral.

L’administration du successeur de Hatfield, le libéral Frank McKenna, s’est attaquée au déficit de la province et a rationalisé l’appareil gouvernemental en vue de mettre un frein aux dépenses provinciales. Bon nombre des initiatives budgétaires de Frank McKenna ont depuis servi de modèles à d’autres provinces aux prises avec des déficits. Son succès dans ce domaine lui a valu une autre victoire largement majoritaire à l’élection générale de 1991. Le Confederation of Regions (COR), un nouveau parti antifrancophone a obtenu un appui surprenant lors de cette élection, remportant huit sièges à l’issue de sa première campagne électorale, un gain attribuable en grande partie au mouvement de réaction à l’échec de l’Accord du lac Meech (voir Accord du lac Meech : document) et de l’Accord de Charlottetown (voir Accord de Charlottetown : document).

En 1995, suivant la tendance provinciale à de brèves victoires des tiers partis, le COR a été pratiquement éliminé à sa deuxième élection, et Frank McKenna a remporté sa troisième majorité consécutive. En 1999, Bernard Lord mène le Parti progressiste-conservateur à sa victoire la plus importante dans l’histoire de la province. Cependant, en 2003, le nouveau chef libéral Shawn Graham profite de l’indignation de la population quant aux primes d’assurance automobile; Shawn Graham attaque sans arrêt Bernard Lord et le et le Parti progressiste-conservateur à ce sujet allant même jusqu’à suggérer un système d’assurance automobile public afin de contrôler les prix. Bernard Lord est réduit au plus petit gouvernement majoritaire possible, gagnant 28 sièges, alors que les libéraux en gagnent 26 et le NPD un seul.

Shawn Graham défait Bernard Lord aux élections de 2006, que Bernard Lord avait organisées de façon anticipée dans la controverse afin d’éviter d’entrer dans une nouvelle session législative avec une minorité à la suite de la résignation de Peter Mesheau, député à l’Assemblée législative du Parti progressiste-conservateur. Ceci joue contre eux et les libéraux forment un gouvernement majoritaire avec 29 sièges contre 26 remportés par les progressistes-conservateurs. Malgré cela, la désillusion par rapport au gouvernement de Shawn Graham grandit, ce qui en fait le premier ministre d’un mandat au Nouveau-Brunswick depuis la Confédération. Sous la direction de David Alward, les conservateurs remportent une victoire écrasante en 2010 avec 42 sièges sur 55, alors que les libéraux en obtiennent 13.

Lors des élections générales de 2014, la province effectue un retour à gauche sur l’échiquier politique. Les citoyens se donnent un gouvernement libéral majoritaire, avec Brian Gallant à sa tête. Cette majorité est néanmoins remportée de justesse avec 27 sièges face aux 21 députés élus progressistes-conservateurs menés par Alward. De plus, pour la première fois dans l’histoire de la province, le Parti vert remporte un siège alors que son chef David Coon enlève la circonscription de Fredericton-Sud aux mains de l’ancien ministre de l’Énergie du gouvernement Alward.

En fait, il semble que les électeurs aient rejeté de manière globale la plateforme du parti centrée sur l’énergie. La campagne du premier ministre sortant a misé sur la nécessité pour la province d’exploiter ses ressources naturelles, notamment en ayant recours à la fracturation hydraulique, alors que celle de Gallant a insisté sur les investissements en matière d’infrastructures. En raison des défaillances dans le système de vote électronique qui ont causé un retard dans la transmission des résultats aux médias, le Parti conservateur a demandé un recomptage. En dépit de ces ratés, Élections Nouveau-Brunswick soutient que les résultats sont fiables et que l’erreur vient plutôt de la communication des votes et non du dépouillement.

Voir Les premiers ministres du Nouveau-Brunswick.

Judiciaire

Historiquement, la structure de base du système judiciaire du Nouveau-Brunswick comprenait la Cour suprême (formée de la Cour d’appel et de la Cour du Banc de la Reine), des cours de comté et des cours présidées par des magistrats provinciaux. Conformément à l’AANB, les deux instances supérieures étaient nommées et rémunérées par le gouvernement fédéral, et la première instance, par les provinces, qui étaient responsables de « l’administration » de la justice. En 1979, avec la coopération du fédéral, les cours de comté ou de district ont fusionné avec celle du Banc de la Reine. Actuellement, les tribunaux du Nouveau-Brunswick sont séparés dans la cour provinciale qui est le point d’entrée pour quiconque accusé d’une infraction, la Cour du Banc de la Reine, qui est subdivisée en une Division de première instance et une Division de la famille et la cour de probation qui s’occupe des questions de testaments et de successions; le plus haut tribunal de la province est la Cour d’appel. En vertu de la Loi sur les langues officielles, les anglophones et les francophones ont obtenu accès aux services judiciaires dans leur propre langue.

Représentation au fédéral

Le Nouveau-Brunswick détient 10 sièges à la Chambre des communes, soit cinq de moins que lors de la Confédération, en raison d’une baisse relative de la population provinciale par rapport à la population canadienne. Il a occasionnellement accru son influence en établissant une coopération avec ses provinces sœurs, la Nouvelle-Écosse et l’Île-du-Prince-Édouard.

Finances publiques

Les principales provenances des recettes provinciales sont les impôts sur le revenu des particuliers et le revenu des entreprises, la taxe sur le carburant et la taxe foncière. Le 1er avril 1997, le Nouveau-Brunswick, ainsi que la Nouvelle-Écosse, Terre-Neuve et le Labrador, ont instauré une taxe de vente harmonisée (TVH) de 15 %. La taxe de vente harmonisée regroupe la TPS nationale et la taxe de vente provinciale et est de 13 % en 2012. En 2013-2014, 32 % des revenues de la province proviennent de transferts fédéraux (2,5 milliards de dollars), soit un plus haut pourcentage que la plupart des provinces (celui de la Nouvelle-Écosse et de l’Île-du-Prince-Édouard était légèrement plus élevé).

Gouvernement municipal

Les gouvernements locaux sont principalement responsables des services immobiliers, les égouts et les loisirs, par exemple. Dépendant de la taille de la communauté, ces services sont offerts par les villes, les localités et les villages, et, dans les régions peu peuplées, par les districts de services locaux.

Santé

Même si le Nouveau-Brunswick a été la première province à se doter d’un ministère de la Santé, les difficultés économiques ont fait en sorte que ses services traînaient loin derrière ceux de la plupart des autres provinces jusqu’à la fin des années 1960.

De nos jours, la province est divisée en deux principales corporations hospitalières régionales : Horizon Health Network, qui dessert les régions de Miramichi, Upper River Valley, Fredericton, Saint-Jean et Moncton. Vitalité Health Network est un réseau francophone desservant les régions francophones en grande partie de la province comprenant la région nord-ouest, Restigouche, Acadie-Bathurst et Beauséjour et qui compte de vastes hôpitaux régionaux à Moncton, à Bathurst, à Campbellton et à Edmundston. Les soins psychiatriques sont dispensés à la maison, dans les hôpitaux de soins de longue durée de Saint-Jean et de Campbellton et dans les unités de soins psychiatriques des hôpitaux régionaux. Les services hospitaliers et autres services médicaux sont fournis gratuitement, conformément aux programmes nationaux intégrés. De faibles tarifs aux usagers ont été établis en 1983.

Un programme provincial est offert aux personnes de plus de 65 ans pour les aider à payer leurs médicaments sous ordonnance. Les services de santé publique comprennent les soins infirmiers, l’inspection, la lutte contre les maladies contagieuses, les soins à la mère et à l’enfant, les soins à domicile, la nutrition, la lutte contre la tuberculose et un service de dialyse à domicile.

Éducation

Les institutions d’enseignement des loyalistes du Nouveau-Brunswick manifestaient au départ un très net penchant anglican qui a stimulé la prolifération d’autres écoles et collèges confessionnels. La Loi sur les écoles publiques de 1871, qui a institué des écoles publiques gratuites, a virtuellement exclu les catholiques. Plus tard, un compromis a permis l’enseignement par des membres de communautés religieuses et l’instruction religieuse après les heures de classe. Toutefois, l’enseignement est demeuré une source de discorde entre les groupes religieux et linguistiques de la province. Par exemple, ce n’est pas avant 1963 que l’Université de Moncton est créée, donnant aux Acadiens et aux autres francophones du Nouveau-Brunswick l’accès à une université moderne entièrement de langue française pendant les changements radicaux qui ont eu lieu pendant le mandat du premier premier ministre acadien, Louis Robichaud.

Ceci et d’autres réformes de l’enseignement dans les années 1960 ont dégagé les municipalités de leurs responsabilités dans ce domaine et cherché à assurer des services complets d’enseignement en français et en anglais. Tous les services et les programmes éducatifs sont offerts dans les deux langues officielles et administrés par des systèmes parallèles depuis la maternelle jusqu’à la 12e année, et la province en assume le financement. En 1996, les conseils scolaires ont été abolis pour être remplacés par une structure organisationnelle dirigée par les parents à l’échelle de l’école, du district et de la province. Il reste sept districts scolaires, divisés au niveau linguistique, et chaque groupe linguistique est responsable de son curriculum : il y a trois districts francophones (le nord-est, le nord-ouest et le sud) et quatre districts anglophones (nord, sud, est et ouest). Chaque district est divisé en sous-districts (27 dans les districts francophones et 41 dans les districts anglophones) et est dirigé par un Conseil d’éducation de district (CED). Toutes les écoles au Nouveau-Brunswick doivent rendre compte au ministère de l’Éducation et du Développement de la petite enfance.

Le ministère de l’Éducation postsecondaire, de la Formation et du Travail est responsable de la direction des collèges communautaires, des programmes d’éducation permanente ainsi que de l’École d’artisanat du Nouveau-Brunswick. Parmi les établissements postsecondaires, on compte le Collège communautaire du Nouveau-Brunswick, l’Université du Nouveau-Brunswick, l’Université Saint Thomas, l’Université Mount Allison et l’Université de Moncton.

Vie culturelle

Bliss Carman, sir Charles G.D. Roberts, A.G. Bailey, Desmond Pacey, W.S. MacNutt, Alden Nowlan et Antonine Maillet sont quelques-unes des figures littéraires et historiques néo-brunswickoises de renommée internationale. Parmi les artistes réputés figurent John Hammond, Miller Brittain, Alex Colville, Jack Humphrey et Lawren P. Harris.

À partir des années 1920, des mécènes tels que J.C. Webster, de Shediac, et lord Beaverbrook (qui auparavant s’appelait Max Aitken, de Newcastle) ont contribué à jeter les bases institutionnelles pour favoriser la créativité et l’éducation populaire au moyen de musées, de galeries d’art, de théâtres et des universités.

Arts

Au cours des dernières décennies, les universités ont été au cœur de la création artistique et littéraire. L’Université Mount Allison est réputée pour ses artistes et ses musiciens. L’Université du Nouveau-Brunswick a donné leur essor à des périodiques d’envergure nationale tels que la revue littéraire Fiddlehead et la revue d’histoire Acadiensis. L’Université de Moncton est devenue un centre de recherche en études acadiennes. Les chorales acadiennes ont acquis une réputation d’excellence internationale.

Theatre New Brunswick, une troupe professionnelle établie à Fredericton, se produit en spectacle dans les villes de la province. On compte deux troupes de théâtre professionnelles de langue française, le Théâtre populaire d’Acadie (Caraquet) et le théâtre l’Escaouette (Moncton).

Il existe aussi deux compagnies de danse, DancEast et DansEncorps, et 14 galeries d’art publiques. La Galerie d’art Beaverbrook, la plus imposante de la province, présente des expositions néo-brunswickoises, canadiennes et internationales d’art ancien et d’art contemporain.

Edith Butler, Angèle Arsenault, Roch Voisine et, plus récemment, le duo de rap Radio Radio sont d’importants musiciens acadiens. Voir Musique acadienne.

Communications

Les quotidiens comprennent le Telegraph-Journal, de Saint-Jean, le Daily Gleaner, de Fredericton, le Moncton Times-Transcript (appartenant tous à des intérêts d’Irving) et L’Acadie Nouvelle. Jusqu’à sa faillite, L’Évangéline se faisait la voix des Acadiens dans la province.

En ce qui concerne la télévision, CBC, CTV, Global, Radio-Québec et la câblodistribution desservent la province.

Lieux historiques

Le Nouveau-Brunswick accueille 61 lieux historiques nationaux. Le Musée du Nouveau-Brunswick (et son prédécesseur), à Saint-Jean, se consacre à l’histoire naturelle et humaine depuis plus de 150 ans. Le Musée acadien de l’U. de Moncton abrite une collection de plus de 30 000 objets relatifs aux Acadiens des provinces maritimes. La bibliothèque de l’Assemblée législative, dans la capitale, contient une excellente collection de matériel, brochures, publications et livres produits par le gouvernement.

Kings Landing, un établissement loyaliste restauré situé en amont de Fredericton, tente de façon spectaculaire de faire revivre l’histoire aux visiteurs en reconstituant les activités d’un village du XIXe siècle. Le Village historique acadien de Caraquet ravive l’histoire de la survie des Acadiens après l’événement connu sous le nom de la Déportation (1780-1890). Le fort Beauséjour, un lieu historique national situé aux abords de la frontière néo-écossaise (près de Sackville), est un important fort français restauré datant du milieu du XVIIIe siècle.

La résidence d’été du président Roosevelt et son parc, dans l’île Campobello, sont administrés par une commission mixte canado-américaine. L’ensemble comprend le domaine où séjournait Franklin D. Roosevelt en été et les maisons avoisinantes et peut accueillir de petites conférences. Récemment, un deuxième parc international a été désigné dans l’île Sainte-Croix, emplacement du premier établissement de Champlain en Amérique du Nord.