Musées nationaux du Canada

Sous l'appellation Musées nationaux du Canada (MNC) étaient regroupés la Galerie nationale du Canada (voirMUSÉE DES BEAUX-ARTS DU CANADA), la Direction du Musée de l'homme (voirMUSÉE CANADIEN DES CIVILISATIONS), le Musée national des sciences naturelles (voirMUSÉE CANADIEN DE LA NATURE ) et leMUSÉE NATIONAL DES SCIENCES ET DE LA TECHNOLOGIE, de même que l'Institut canadien de conservation, le Programme d'aide aux musées, la Bibliothèque de la Galerie nationale et diverses unités de soutien et unités administratives de musées. Ensemble, les musées collectionnaient et conservaient des données et des artefacts, ayant trait surtout au patrimoine canadien. Ils faisaient des recherches dans leurs disciplines respectives, parrainaient des publications et des programmes destinés au public, ainsi que des expositions à Ottawa et partout au Canada. Ils aidaient et conseillaient des institutions et des particuliers à l'étranger et fournissaient, entre autres, une aide financière aux galeries et aux musées canadiens.

Débuts
Plusieurs facteurs sont à l'origine de la corporation des MNC, notamment le désir d'un leadership plus dynamique et d'une simplification des procédures de compte rendu auprès du gouvernement, de même que la volonté d'élargir le rôle des musées sur le plan national, de manière à attirer plus de financement pour les institutions. Au cours des années 50 et 60, plusieurs démissions et querelles au sein du Musée national lui font du tort. La situation ne fait qu'empirer avec l'annonce, en 1967, que la construction du nouvel édifice, attendue depuis longtemps, est reportée une fois de plus à une date ultérieure. En 1967, la Secrétaire d'État, JudyLAMARSH, présente un projet de loi à la Chambre des communes demandant que l'ensemble des services culturels gouvernementaux soient regroupés en une seule corporation. Malgré de vives objections, la Galerie nationale est intégrée à cette nouvelle entité et l'ancien Musée national est divisé en trois parties. Les quatre directeurs de la corporation sont sous les ordres du nouveau conseil d'administration qui, avec un secrétaire général, dirige les Musées nationaux, de concert avec des comités consultatifs rattachés à chaque musée ou galerie. La Loi sur les musées nationaux entre en vigueur le 1er avril 1968.

Un nouveau changement se produit en 1972 quand le Secrétaire d'État, GérardPELLETIER, annonce une nouvelle politique visant à renforcer le rôle des musées nationaux au Canada. Un programme d'appui aux musées est mis sur pied afin de fournir des subventions aux musées locaux et régionaux. Certains services centraux sont agrandis pour aider les conservateurs locaux qui n'ont pas les moyens d'acheter de l'équipement complexe et coûteux ou d'embaucher un personnel hautement spécialisévoirCONSERVATION DU PATRIMOINE MUSÉOLOGIQUE). Les résultats s'avèrent très positifs, même si les critiques font remarquer que les musées locaux tendent à inclure de façon permanente dans leurs prévisions budgétaires les subventions qui leur ont été accordées une fois. De plus, à la longue, il s'avère impossible pour le programme de subventions de répondre à toutes les demandes et à toutes les intentions des musées.

Rénovation des installations
Même si au cours des années 70 on fait des efforts considérables pour rénover les installations du musée central, il reste que ce dossier est loin dans la liste des priorités du gouvernement. Les installations sont dispersées un peu partout dans la région d'Ottawa, certaines dans des quartiers et des locaux tout à fait inadéquats. La gestion des musées et de la Galerie nationale varie selon chaque conseil d'administration et chaque secrétaire général. Les rapports entre eux ne sont pas toujours harmonieux et, en cas de conflit, il faut, comme c'était le cas avant 1968, faire appel au ministre, souvent occupé et absorbé par d'autres dossiers. Au début des années 80, des fonds sont débloqués pour la construction d'un nouveau Musée national de l'homme (aujourd'hui le Musée canadien des civilisations), d'une nouvelle Galerie nationale (aujourd'hui le Musée des beaux-arts du Canada) et d'un nouveau Musée national de l'aviation. La direction en est confiée à une nouvelleSOCIÉTÉ DE LA COURONNE, la Société de construction des musées du Canada inc.

Avec le recul, il semble que le projet, si prometteur en 1967-1968, d'éloigner les Musées nationaux de la fonction publique n'ait réussi qu'en partie. Par contre, le projet visant à étendre les services des musées nationaux à l'échelle nationale, plus rentable sur le plan politique, a eu plus de succès, mais au détriment d'une amélioration, plus que nécessaire, des services centraux. Bref, il s'agit d'un compromis typiquement canadien. La situation est finalement résolue en 1988, avec la suppression des MNC.

Il résulte de la Loi sur les musées de 1990 quatre sociétés de la Couronne indépendantes ayant chacune son propre conseil d'administration. La politique gouvernementale conserve toutefois son influence sur ces entités, influence surtout visible à l'application des programmes d'austérité gouvernementale des années 90. Les musées doivent également solliciter des fonds auprès du secteur privé, une notion dite de « partenariat », ce qui signifie que leur emplacement au sein de la région assez restreinte d'Ottawa représente de toute évidence un handicap. Les « musées nationaux » doivent donc se satisfaire d'un financement loin d'être d'envergure « nationale » et, au début du millénaire, éprouvent de graves difficultés à maintenir leurs normes professionnelles tout en bénéficiant de fonds réduits.