Motoneige

  La motoneige est un véhicule à moteur conçu pour se déplacer sur la neige. Comme l'histoire de la plupart des inventions techniques, celle de la motoneige est mal connue. En 1922, Joseph-Armand BOMBARDIER, mécanicien de Valcourt, au Québec, crée le premier de plusieurs véhicules autoneiges : un traîneau à hélice. En 1927, un toboggan à moteur est mis au point avec un certain succès au Wisconsin, mais c'est Bombardier qui incorpore au modèle la roue motrice dentée et la double chenille qui rendent le véhicule pratique. En 1937, il vend 50 exemplaires du modèle B-7 qui serviront d'autobus et d'ambulances, et il conçoit des véhicules qui seront utilisés durant la Deuxième Guerre mondiale. En 1948, il a déjà fabriqué 1 000 B-12. Il fait breveter plusieurs autres améliorations aux systèmes de suspension, de transmission et de freinage qui rendent la motoneige plus sûre. Au milieu des années 1950, l'introduction du moteur à deux temps refroidi à l'air permet de fabriquer les petits modèles de sport que l'on connaît aujourd'hui.

De 225 motoneiges de plaisance vendues en 1959, on passe dans les années 1970 à 250 000 par année en Amérique du Nord. En 1987, environ 700 000 foyers en possèdent au moins une au Canada, le pourcentage variant de 3,2 p. 100 en Colombie-Britannique à 7,5 p. 100, en Ontario, 11,1 p. 100 en Saskatchewan, 15,3 p. 100 au Québec et 23,5 p. 100 au Nouveau-Brunswick. En 1970, on compte 129 fabricants en Amérique du Nord, 26 au Canada dont 20 au Québec. Bombardier ne perd jamais son avance et, une fois le nombre de fabricants réduit à une demi-douzaine dans les années 1980, il demeure le plus grand au monde.

La plupart des innovations dans le domaine du transport ayant été adaptées à des fins récréatives, comme la bicyclette, le bateau et l'automobile, il est logique que l'usage de la motoneige se soit répandu au Canada. La motoneige assure un transport sur des sols enneigés et auparavant impraticables, sauf en skis, en raquettes ou en traîneau à chiens. Elle fournit aux Canadiens un moyen sans précédent de profiter de l'hiver et permet d'utiliser à longueur d'année des installations récréatives comme les chalets. À la différence d'autres équipements récréatifs, la motoneige est plus répandue dans les régions rurales que dans les milieux urbains, ce véhicule étant très utile dans les travaux de la ferme. Un petit nombre de ces véhicules sont utilisés pour la course, mais leur principal attrait est de permettre des activités de plein-air et des rencontres sociales. Il existe environ 10 000 clubs de motoneigistes en Amérique du Nord.

L'explosion de l'usage de la motoneige a créé de sérieux problèmes, surtout les premières années : agression sonore, dommages écologiques et accidents (100 morts en 1970). La motoneige a servi à mauvais escient lors d'actes de vandalisme, de destruction d'habitats et de chasse au gros gibier. En 1972, toutes les provinces, à l'exception de l'Île-du-Prince-Édouard, avaient déjà adopté des lois pour réglementer et restreindre l'usage des motoneiges. L'aménagement d'importantes pistes, notamment au Québec, a permis de pallier à la plupart des inconvénients. Si d'autres formes d'activités récréatives d'hiver, comme le SKI DE FOND, ont gagné en popularité à la fin des années 1970 et au début des années 1980, la motoneige demeure toujours très populaire en Amérique du Nord. Chez les Inuits du Grand Nord, la motoneige a modifié les habitudes de chasse, de trappe et de rassemblement de troupeaux, même si les traîneaux à chiens servent encore dans des circonstances particulièrement ardues.