Mercurys d'Edmonton

Les Mercurys d'Edmonton, une équipe constituée de joueurs de hockey amateurs, est la dernière équipe canadienne à avoir gagné une médaille d'or olympique avant 2002. En 1952, la victoire à Oslo représente la cinquième médaille d'or en six participations aux Olympiques d'hiver pour le Canada. Les membres des Mercurys d'Edmonton sont Frank Sullivan, John Davies, Bob Dickson, Bob Meyers, Bill Gibson, Ralph Hansch, Bob Watt, Eric Paterson, George Abel, Gord Robertson, Bill Sawe, Louis Secco, Al Purvis, Dave Miller, Don Gauf, Gord Stagryn et Tom Pollock. L'entraîneur-chef est Lou Holmes.

Les Mercurys d'Edmonton ont pris le nom de leur commanditaire, le concessionnaire d'automobiles d'Edmonton "Waterloo Mercury". En 1950, l'équipe gagne le titre de champion de la Western Intermediate League, puis représente le Canada et remporte les championnats du monde à Londres en Angleterre.

Sept équipes du Canada font une demande auprès de l'Association canadienne de hockey amateur pour représenter le Canada à Oslo en 1952 : les Mercurys d'Edmonton, les Buffalos de Winnipeg, l'équipe de l'U. St-François Xavier , les Trail Smoke Eaters, les Copper Kings de Noranda, les Falcons de Cornwall, et les Rideaus de Smith Falls. On pense à un tournoi éliminatoire, mais en raison de l'immensité du pays et des frais de déplacement encourus, on choisit Edmonton car l'équipe avait déjà représenté le Canada avec succès aux championnats du monde en 1950.

Une tournée de démonstration de sept semaines est organisée pour permettre aux joueurs de faire connaissance avec les clubs européens et leur style de jeu. Le succès rencontré en Suède est représentatif de leur jeu. Deux clubs de haut niveau sont battus par 8-0 et 8-1, alors que l'équipe de niveau moyen Hagfors est battue 18-1. Le calendrier de démonstration s'étend même jusqu'au début des cérémonies d'ouverture alors qu'ils jouent contre les États-Unis. Les joueurs sont fatigués et l'équipe essaie sans succès de faire reporter le match. Comme les dix mille places du stade sont vendues, le match doit avoir lieu. Les Mercurys gagnent 3-2; le but gagnant vient de Englebert (Dave) Miller, dont le statut était encore incertain jusqu'à l'heure précédant le début du premier match du Canada. En effet, on avait déclaré qu'il jouait au hockey professionnel en Angleterre, mais finalement il est déclaré admissible aux Olympiques.

Neuf pays sont en compétition pour la médaille d'or. Chaque équipe joue contre les autres dans un tournoi à la ronde. Deux points sont attribués pour chaque victoire et un pour un match nul. Comme trois des quatre arénas sont en plein air, la peur d'une météo défavorable et des possibilités de report combinées à l'horaire chargé ne permettent pas la tenue de matchs éliminatoires. Toute égalité serait départagée par la moyenne des points. Edmonton joue son premier match contre l'Allemagne de l'Ouest, même si les officiels canadiens ont souhaité un report à la suite du décès du roi George VI, le 6 février, dont les funérailles d'état sont fixées pour le même jour que le match. Le comité a refusé le report, mais a permis aux joueurs de porter des brassards noirs.

Le Canada s'impose face à l'Allemagne de l'Ouest par 15-1. Miller marque cinq buts, Bill Gibson quatre et le capitaine de l'équipe, Frank Sullivan, en marque trois. Le match suivant contre la Pologne se joue à l'extérieur dans une tempête de neige aveuglante. Le Canada gagne par 11-0 grâce à George Abel qui marque trois buts. Le prochain match se joue contre la Finlande, qui utilise jusqu'à quatre défenseurs en même temps dans une vaine tentative de ralentir les Canadiens. Edmonton élimine la Finlande en tirant 44 fois au but contre 7 et gagne 13-3. Ensuite, c'est à la Tchécoslovaquie. La stratégie des Canadiens est simple : « harceler les Tchécoslovaques dès le début et souvent ». Ils seront pénalisés 17 fois, endurent les huées de la foule et gagnent 4-1. Les spectateurs européens et les médias sont très mécontents de la rudesse du jeu du Canada et des États-Unis, les accusant d'être des « bagarreurs, gangsters de Chicago » et de « corrompre le jeu européen ». Le premier ministre de la Norvège, Oscar Torp, réussit à calmer la situation, expliquant que les pénalités favorisent le calme chez les joueurs par le retrait du jeu pendant deux minutes. À l'époque, le joueur fautif ne peut retourner sur la glace qu'à l'expiration du temps, même si son équipe encaisse un but. De plus, l'équipe pénalisée ne peut rendre la rondelle intouchable pour enlever la pression sans devoir faire face à une mise au jeu dans son propre camp. L'International Amateur Ice Hockey Federation ordonne aux équipes canadienne et américaine de jouer moins rudement. Quand les Canadiens battent la Suisse 11-2, une seule pénalité sera imposée. Les États-Unis perdent 4-2 face à la Suède qui est le prochain adversaire du Canada. Par la suite, le Canada l'emporte de justesse contre la Suède par 3-2, même s'ils tirent 36 fois au but contre 9. Ensuite, le Canada remporte la victoire contre la Norvège 11-2.

Le match pour la médaille d'or se joue contre les États-Unis le 24 fév. 1952. Comme le Canada devance les États-Unis de deux points, une victoire ou un match nul garantirait la médaille d'or. Au départ, les Mercurys prennent une avance de 2-0, mais les Américains égalisent à la fin de la deuxième période. Don Gauf marque un but pendant la troisième période pour reprendre l'avance, mais les Américains égalisent alors qu'il ne reste que deux minutes de jeu. La partie se termine en match nul. Le parcours du Canada est 7-0-1 pour 15 points et la médaille d'or. Les États-Unis reçoivent la médaille d'argent avec 13 points et la Suède le bronze avec 12 points. L'agence de presse soviétique, Tass, prétend que le match final entre le Canada et les États-Unis était truqué pour éviter que la Tchécoslovaquie, pays communiste, ne puisse terminer deuxième.

En 2002, à Salt Lake City, les membres de l'équipe olympique canadienne masculine de la Ligue nationale de hockey (LNH) et de l'équipe féminine olympique arboraient une réplique de l'écusson de la toute première équipe olympique de hockey, les Granites de Toronto (1924). Les deux équipes, féminine et masculine, ont remporté la médaille d'or. L'équipe masculine gagne sa médaille d'or lors du 50<sup>e</sup> anniversaire de la victoire des Mercurys d'Edmonton.

Voir aussi JEUX OLYMPIQUES, HOCKEY SUR GLACE.