Medicine Wheels

L'expression « medicine wheel » ne vient pas d'une langue autochtone. Des Américains de descendance européenne ont commencé à l'employer au tournant du XXe siècle pour désigner la Bighorn Medicine Wheel, à Sheridan, dans le Wyoming. Plus tard, des recherches archéologiques ont mis au jour d'autres structures qui comportent toutes diverses formes de cercles de pierres, de cairns et de rayons. Comme ces dispositions ressemblent de façon générale à la Bighorn Wheel, on les appelle également « medicine wheels ».

Ces structures partagent dans l'ensemble les caractéristiques suivantes : 1) elles sont faites en grande partie de pierres brutes naturelles trouvées sur les lieux ; 2) elles comprennent au moins deux des composantes principales suivantes : un cairn central proéminent, un ou plusieurs cercles concentriques de pierres, deux ou plusieurs rayons ou lignes rayonnant à partir d'un point central, d'un cairn central ou du contour d'un cercle de pierres ; 3) lesdites principales composantes sont disposées de façon symétrique selon un rayon.

On a trouvé jusqu'à maintenant plus de 70 structures pouvant être classées comme « medicine wheels ». Toutes se trouvent dans les Plaines du Nord, depuis le Wyoming et le Dakota du Sud au sud, jusqu'en Alberta et en Saskatchewan au nord. La plupart de ces figures présentent aussi des structures de moindre importance telles que des cercles de TIPIS, de petits cairns secondaires de pierres, des âtres en pierre ou des effigies anthropomorphiques (voirBRITISH BLOCK, « MEDICINE WHEEL » ET CAMPEMENT DE RONDS DE TIPIS DE). De plus, les dimensions des cercles varient beaucoup. Le Bighorn Medicine Wheel consiste en un cairn de pierres de 4 m de diamètre, placé au centre d'un cercle de pierres de 27 m de diamètre, auquel il est relié par environ 27 rayons de pierres. En comparaison, l'Ellis Medicine Wheel, dans le Sud de l'Alberta, est constituée d'un cercle de pierres de la taille d'un tipi, soit 5 m de diamètre, de la périphérie duquel s'étendent 10 rayons de pierres dans toutes les directions sur des distances de 14 à 19 m.

Selon les preuves archéologiques et ethnographiques limitées dont on dispose actuellement, les « medicine wheels » témoignent d'un large éventail d'époques, de groupes culturels et d'usages. Plusieurs de ces structures ont manifestement été construites et utilisées pendant de longues périodes par des peuples appartenant à plusieurs ensembles culturels. D'autres cercles ne servaient qu'à une seule fin. Les premiers signes de l'utilisation d'un « medicine wheel » ont été attribués à l'ensemble des peuples d'Oxbow et datent de 4000 à 5000 ans avant notre ère. Des études ethnographiques ont établi que les structures du genre de l'Ellis Wheel, décrit plus haut, datent de la fin de la période préhistorique jusqu'à la période historique et qu'il s'agit de monuments construits par les PIEDS-NOIRS à la mémoire de grands guerriers au moment de leur mort.

On ignore à quoi servaient exactement les autres formes de « medicine wheels », mais certains indices laissent croire que la majorité, sinon toutes, sont liées à des activités cérémonielles pratiquées par d'importants groupes sociaux. Selon des arguments qui semblent plausibles, certaines structures témoignent plus particulièrement de célébrations de la DANSE DU SOLEIL ou d'autres rituels similaires (voirAUTOCHTONES, RELIGION DES). D'autres ont aussi soutenu que certaines de ces « medicine wheels » constituaient peut-être des repères d'événements astronomiques.