Luke, Margaret Alexandra

Margaret Alexandra Luke, peintre (Montréal, 14 mai 1901 - Oshawa, 1er juin 1967). Son évolution en tant que pionnière de la peinture abstraite est considérablement retardée par ses responsabilités familiales. Elle suit une formation d'infirmière dans le district de Washington. En 1930, elle est déjà veuve, mère d'un fils, remariée (à Clarence Ewart McLaughlin, de la famille de la McLaughlin Carriage Company) et mère d'une fille.

Les premières oeuvres de cette artiste d'abord autodidacte sont plutôt conventionnelles et reflètent un intérêt pour le GROUPE DES SEPT. En 1944, le peintre Caven Atkins lui conseille de se détacher de l'influence de ce groupe. M. Luke suit une première formation institutionnelle au BANFF SCHOOL OF FINE ARTS (1945), où le professeur Jock MACDONALD l'initie probablement à l'automatisme et aux écrits de Peter Ouspensky. Par la suite, elle se passionne pour le travail du maître d'Ouspensky, le mystique arménien George Gurdjieff.

Encouragée par l'artiste canadien Joseph Plaskett, elle étudie auprès du peintre germano-américain, Hans Hofmann, à Provincetown, dans le Rhode Island, à diverses périodes entre 1947 et 1954. Hofmann lui enseigne la théorie des matières et lui confirme que l'art est une force positive ayant une valeur spirituelle. À son tour, Luke encourage Macdonald et William RONALD à se former auprès de Hofmann.

En 1947, Luke s'initie à la peinture « automatique » et participe à l'exposition Canadian Women Artists au Riverside Museum, à New York. Elle organise sa première exposition commerciale individuelle en 1952 (à la Douglas DUNCAN's Picture Loan Society), la novatrice Canadian Abstract Exhibition. Elle participe à l'exposition Abstracts at Home (1953) au grand magasin Simpsons, qui conduit à la création du GROUPE DES ONZE, à sa résidence d'été de Thickson's Point, en Ontario. Elle expose régulièrement avec ce groupe à Montréal, à New York et ailleurs jusqu'à la dissolution de celui-ci en 1960.

Ses plus belles oeuvres, telle Yellow Space (1961), démontrent sa volonté d'utiliser la couleur intuitivement, de faire de la peinture un « langage universel », un art « aussi pur (...) que la musique », en « quête perpétuelle ».