Lucy Maud Montgomery, écrivaine (Clifton, Î.-P.-É., 30 nov. 1874 -- Toronto, 24 avril 1942). Lucy Maud Montgomery publie son premier roman, Anne of Green Gables (trad. Anne, La Maison aux Pignons Verts), en 1908. Le livre devient immédiatement un best-seller au Canada et aux États-Unis, et demeure en impression pendant près d'un siècle en anglais ainsi que dans de nombreuses traductions. Même si Montgomery a 34 ans lorsque Anne, la maison aux pignons verts est lancé, elle écrit des nouvelles et des poèmes depuis son adolescence et les vend depuis déjà longtemps avec un succès considérable à des revues en Amérique du Nord. Au moment de son décès, Montgomery a publié 22 romans et recueils de nouvelles, en plus d'un recueil de poésie (The Watchman, and Other Poems en 1916); un bref récit autobiographique (The Alpine Path : the Story of My Career en 1917); et de nombreux poèmes, histoires et articles qu'elle a écrits pour des magazines tout au long de sa vie et qui ne sont pas encore complètement catalogués.

Le contrat de Montgomery avec son premier éditeur, L.C. Page à Boston, exige qu'elle produise deux suites à Anne, la maison aux pignons verts - Anne of Avonlea (1909; trad. Anne d'Avonlae) et Anne of the Island (1915; trad. Anne quitte son île). Elle écrit quatre autres livres en vertu d'un contrat avec Page, Kilmeny of the Orchard (1910; trad. Kilmeny du vieux verger), The Story Girl (1911; trad. La conteuse), Chronicles of Avonlea (1912; trad. Chroniques d'Avonlea I) et The Golden Road (1913; trad. La route enchantée). Ensuite, après une difficile poursuite en justice, elle se tourne vers les éditeurs canadiens McClelland and Stewart et les éditeurs américains Frederick Stokes. En 1920, bien que Montgomery n'ait pas renouvelé son contrat avec lui, Page publie un recueil de nouvelles qu'il a encore en sa possession (Chroniques d'Avonlea II). Une autre action en justice s'ensuit et met plus ou moins fin à la relation de Montgomery avec son premier éditeur qui, à ce moment, détient les droits de ses six premiers ouvrages, y compris Anne, la maison aux pignons verts.

Avec McClelland et Stewart/Stokes, Montgomery écrit cinq livres supplémentaires de la série Anne, Anne's House of Dreams 1917; trad. Anne dans sa maison de rêve), Rainbow Valley (1919; trad. La vallée Arc-en-ciel), Rilla of Ingleside (1920; trad. Rilla d'Ingleside), Anne of Windy Poplars (1936; trad. Anne au Domaine des peupliers) et Anne of Ingleside (1939; trad. Anne d'Ingleside). Ils publient également sa trilogie d'Émilie, Emily of New Moon (1923; trad. Émilie de la nouvelle lune I), Emily Climbs (1925; trad. Émilie de la nouvelle lune II) et Emily's Quest (1927; trad. Émilie de la nouvelle lune III), ainsi que six autres romans, The Blue Castle, (1926; trad. Le château de mes rêves), Magic for Marigold (1929; trad. Le Monde merveilleux de Marigold), A Tangled Web (1931; trad. L'héritage de tante Becky), Pat of Silver Bush (1933; trad. Pat de Silver Bush), Mistress Pat (1935; trad. Mademoiselle Pat) et Jane of Lantern Hill (1937; trad. Jane de Lantern Hill). Le revenu que Montgomery tire de son écriture lui permet de mener une vie confortable avec sa famille. Toutefois, elle ne bénéficie pas vraiment des profits accumulés par ses premiers ouvrages, en particulier Anne, la maison aux pignons verts. Les droits d'auteurs qu'elle reçoit en vertu de son premier contrat avec Page sont minimes, et les profits se rapportant à la concession de licence et aux réimpressions, y compris les frais pour les deux premières adaptations cinématographiques du roman en 1919 et en 1934, restent en grande partie entre les mains de l'éditeur.

Montgomery devient une femme d'affaires bien avisée, ce qui est remarquable pour une écrivaine à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle : elle tire de son travail un revenu raisonnablement stable et solide. En revanche, la grande anxiété artistique qu'elle manifeste dès le début de sa carrière la poursuit tout au long de sa vie. Elle sent que son œuvre est perçue comme moins littéraire et moderne que celle de beaucoup de ses confrères, sentiment que même sa popularité extraordinaire à l'étranger ne parvient pas vraiment à apaiser. Elle est déçue également que sa poésie, qu'elle continue à écrire et à publier pendant toute sa vie, ne soit pas prise autant au sérieux que son œuvre d'imagination. Montgomery considère elle-même que sa poésie est plus importante que les romans qu'elle qualifie parfois d'« œuvres alimentaires ».

Si la réponse des critiques à son écriture n'est pas entièrement satisfaisante, il est clair selon son journal qu'il s'agit de la seule déception dans sa vie. À la suite du décès prématuré de sa mère, Clara Woolner Macneill (1853-1876), Montgomery passe son enfance avec ses grands-parents maternels. Son père, Hugh John Montgomery (1841-1900), s'installe à l'ouest de Prince Albert dans ce qui est maintenant la province de Saskatchewan alors que Montgomery est encore une enfant. Montgomery rejoint son père et sa nouvelle famille en 1890, mais, le mal du pays et sa place relativement marginale dans la nouvelle maison de son père la poussent à retourner dans la propriété familiale des Macneill à l'Île-du-Prince-Édouard en 1891. Elle commence à publier dans les journaux locaux et termine le cours de formation destiné aux enseignants au Prince of Wales College à Charlottetown en 1893-1894. Elle étudie également au Halifax Ladies' College à l'Université Dalhousie, mais ne termine pas ses études.

Pendant les années 1890, Montgomery enseigne dans diverses écoles de village de l'Île-du-Prince-Édouard. De 1899 à 1901, elle retourne en Nouvelle-Écosse pour travailler comme correctrice d'épreuves et, chaque semaine, rédactrice de « société », en tant que « Cynthia », pour le Morning Chronicle et le Daily Echo d'Halifax. Au cours des années 1890 et après le tournant du siècle, elle continue à écrire des poèmes et des histoires, notamment de nombreuses légendes morales pour enfants ou des histoires pour « l'école du dimanche ».

Montgomery revient dans la maison familiale des McNeill en 1901 et y demeure jusqu'au décès de sa grand-mère en 1911. Tout en travaillant à la maison et au bureau de poste géré par les McNeill à partir de la propriété familiale, elle continue à écrire et à publier des histoires et des poèmes. Après le décès de sa grand-mère, Montgomery épouse le révérend presbytérien Ewen Macdonald à qui elle est secrètement fiancée depuis la fin de 1906. Au moment de leur mariage, les Macdonald quitte l'Île-du-Prince-Édouard pour élire résidence à Leaskdale en Ontario. Les Macdonald et leurs deux fils resteront en Ontario en demeurant plus tard à Norval et à Toronto.

Après son mariage, ses rôles de mère et de femme de révérend lui prennent beaucoup de son temps, surtout après les épisodes de plus en plus fréquents de la dépression évidente d'Ewen Macdonald. Elle cherche continuellement à trouver un équilibre productif entre l'écriture à laquelle elle tient et ses responsabilités domestiques. Montgomery exprime à plusieurs reprises dans son écriture et ses entrevues que, pour elle, la maternité est le travail le plus important des femmes. Ce sentiment indique à la fois son engagement envers les nouvelles idées du vingtième siècle au sujet du devoir maternel et la conscience de son propre malheur d'avoir perdu sa mère prématurément.

Les récits de Montgomery tournent encore et toujours autour de la maternalité et de la maternité. Ses romans et ses récits sont axés à maintes reprises sur les orphelins, les enfants abandonnés par leurs parents ou séparés d'eux, et les enfants enfermés dans des relations peu affectueuses, ainsi que sur les mères absentes et les femmes sans enfant ou les « célibataires de sexe féminin ». Une grande partie de l'écriture de Montgomery, du premier roman, Anne, la maison aux pignons verts, aux derniers romans tels que Le Monde merveilleux de Marigold et Jane de Lantern Hill, est soutenue par un impératif presque didactique à l'égard de la maternité vue comme un travail crucial pour les femmes et le cœur de l'éducation des filles.

Même si Montgomery soutient qu'elle veut préserver une distinction évidente entre sa fiction et sa vie, les deux s'entremêlent inextricablement dans la construction des divers patrimoines et sites touristiques associés à Montgomery et à son œuvre. Des milliers de touristes visitent l'Île-du-Prince-Édouard chaque année pour voir les « sites sacrés » associés à l'écriture du livre et à son paysage imaginaire. Une industrie de produits dérivés à Anne tels que les souvenirs et les poupées est florissante, tout comme la production des nouveaux films télévisuels (Anne, la maison aux pignons verts en 1985, Anne, la maison aux pignons verts : la suite en 1986 et Anne, la maison aux pignons verts : les années de tourmente en 2000), une série connexe (Les contes d'Avonlea, 1989-1996) et une série animée en 2000.

Montgomery décède à Toronto en 1942, juste avant que la première édition canadienne de Anne, la maison aux pignons verts soit publiée par Ryerson Press. Son corps est transporté en train à l'Île-du-Prince-Édouard, et une cérémonie funèbre a lieu dans ce qui est devenu depuis le Parc National de l'Île-du-Prince-Édouard, le domicile familial situé à Cavendish dont elle a dit s'être servi de modèle pour la ferme de Matthew et de Marilla Cuthbert dans le premier roman. Elle est inhumée à Cavendish. Les romans de Montgomery demeurent en impression et continuent d'être le centre d'intérêt d'un nombre croissant de critiques et d'érudits. Les dix volumes manuscrits du journal intime qu'elle a tenu de 1889 à 1942 sont publiés dans une forme choisie (publiés sous la direction de Mary Rubio et d'Elizabeth Waterston) en cinq volumes.