Ville fortifiée du XVIIIe siècle, capitale et principale agglomération de la colonie française de l'île Royale (île du Cap-Breton) de 1713 à 1758. Aux XVIIe et XVIIIe siècles, la France et l'Angleterre se disputent les futures provinces de l'Atlantique et le monopole de la lucrative PÊCHE à la morue au large des côtes. En 1713, la France cède Terre-Neuve et l'ACADIE à l'Angleterre par le traité d'UTRECHT. La même année, elle colonise l'île Royale et fonde Louisbourg, qui devient rapidement une ville et un port importants. Contrairement aux autres agglomérations de la Nouvelle-France, Louisbourg et les villages environnants ne doivent presque rien à l'agriculture, l'exportation de la morue finançant presque tous les approvisionnements. S'appuyant sur l'industrie de la pêche, Louisbourg diversifie ses liaisons maritimes. Le port accueille chaque année des navires marchands de la France, des Antilles, des colonies anglaises d'Amérique, de l'Acadie et de Québec. Des pêcheurs BASQUES, bretons et normands y pratiquent la pêche chaque année, et la population sédentaire, venue de France et d'autres endroits de la Nouvelle-France, atteint environ 2000 habitants en 1740 et 4000 dans les années 1750.

Bien que son gouverneur soit subordonné au gouverneur général de la Nouvelle-France à Québec, l'île Royale vit comme une colonie indépendante. Centre de la puissance française dans la région, Louisbourg est une importante base militaire dotée d'une garnison permanente. Un vaste programme de fortifications est entrepris en 1719 et, dans les années 1740, la ville est entourée de remparts de pierre et de mortier équipés de canons. Les ingénieurs militaires, sous la direction de Jean-François VERVILLE, aménagent la ville conformément à la théorie des FORTIFICATIONS de Le Prestre de VAUBAN (1633-1707) et aux conceptions françaises du début du XVIIIe siècle en matière d'urbanisme.

Des troupes de la Nouvelle-Angleterre, appuyées par la Royal Navy, assiègent Louisbourg en 1745 pendant la GUERRE DE LA SUCCESSION D'AUTRICHE; en 1758, l'armée et la marine britanniques l'assiègent de nouveau. La ville est chaque fois forcée de capituler à la suite de lourds dommages causés par les tirs d'artillerie ainsi que par le blocus naval, et la population est exilée en France. Après le premier siège, un traité redonne la colonie à la France; après le deuxième, les fortifications ne tardent pas à être démolies, et la ville est définitivement abandonnée. La chute de Louisbourg ainsi que la prise de Québec en 1759 et de Montréal en 1760 mettent fin à la puissance militaire et coloniale de la France en Amérique du Nord; cependant, les îles SAINT-PIERRE ET MIQUELON, acquises par la France en 1763 à l'issue de la GUERRE DE SEPT ANS, remplacent en partie l'île Royale comme base de l'industrie de la pêche.

La ville moderne de Louisbourg est un petit port de pêche qui s'est développé à l'autre extrémité du havre de Louisbourg. La forteresse de Louisbourg devient un lieu historique national en 1928. En 1961, Parcs Canada entreprend sa reconstruction en s'appuyant sur des recherches archéologiques approfondies et sur les documents historiques de la colonie, qui ont été bien conservés. Une partie des fortifications, les bâtiments de la citadelle, le quai de la ville ainsi que plusieurs rues avec leurs maisons, leurs boutiques et leurs tavernes ont été reconstruits dans tous leurs détails. La reconstitution du Louisbourg d'avant 1744 est ouverte au public du printemps à l'automne; des guides, des animateurs en costumes d'époque et des expositions d'objets de musée en font revivre l'histoire à l'intention des touristes. C'est une grande attraction, un élément important de l'industrie touristique de l'île du Cap-Breton et un modèle de classe internationale de la reconstruction d'un lieu historique.econstruction.