Les Siksikas

Les Siksikas, aussi connus sous l’appellation de Pieds-Noirs, sont l’une des trois nations qui composent la Nation des Pieds-Noirs. En langage pied-noir, Siksika signifie « Pieds-Noirs » ou « peuple des Pieds-Noirs ». Les Pieds-Noirs font partie du groupe linguistique de la famille des langues algonquiennes et parlent traditionnellement la même langue que les Kainai et les Piikani, les deux autres nations composant la Nation des Pieds-Noirs. Après la signature du Traité no 7, le peuple Siksika est contraint d'habiter une réserve à Blackfoot Crossing, à l’est de Calgary en Alberta. En 2014, on compte environ 7 000 Indiens inscrits membres de la Nation Siksika. (Voir également l’article Autochtones : les Plaines et les articles généraux sous Peuples autochtones.)

Territoire traditionnel

Territoire traditionnel siksika.
(avec la permission de Victor Temprano/Native-Land.ca)

Occupant un territoire autour des rivières Battle, Saskatchewan Nord et Red Deer, les Siksikas constituent le peuple le plus septentrional de la Nation des Pieds-Noirs. Compte tenu de leur proximité avec les forêts du Nord où vivent les animaux à fourrure, il est plausible qu’ils aient été le premier peuple de la Nation des Pieds-Noirs à être confronté et à participer à la traite des fourrures et que, de ce fait, leur nom ait été utilisé pour désigner ces trois peuples confédérés. Bien que la confédération s’étende au sud jusqu’au fleuve Missouri, les Siksikas sont essentiellement en contact avec les Britanniques et ne participent habituellement pas aux traités et au commerce avec les Américains.

Vie traditionnelle

Durant la période précoloniale, les Siksikas sont des guerriers chasseurs de bisons. Les Siksikas et les autres peuples membres de la confédération sont des sociétés de guerriers régies par des règles strictes qui entrent souvent en conflit avec leurs rivaux comme les Cris et les Assiniboines. Les Siksikas, qui s’en remettent exclusivement à la chasse pour leur subsistance, ont créé une culture étroitement liée aux exigences et à la disponibilité des bisons. Les clans et les groupes se déplacent d’un groupe de chasse à l’autre, capturant les bisons en les poursuivant jusqu’à ce qu’ils tombent dans des précipices. Comme les autres peuples des Plaines, les Siksika se servent de travois— un assemblage de type traîneau habituellement tiré par des chiens domestiqués — pour transporter leurs biens, notamment leurs campements de tipis extrêmement mobiles.On estime qu’au XVIIIe siècle, la population des Siksikas atteint environ 18 000 personnes; toutefois, elle est largement décimée par l’introduction de maladies venues d’Europe.

Langue

Les Siksikas parlent le blackfoot, une langue distincte présentant uniquement de légères variations dialectiques entre les différents peuples de la confédération. Les pensionnats et les autres politiques d’assimilation culturelle ont partiellement érodé l’usage de la langue traditionnelle et les pratiques culturelles des Siksikas. En 2011, Statistique Canada recense 3 250 locuteurs du blackfoot, y compris des personnes provenant des autres peuples de la Nation des Pieds-Noirs et, bien que cette langue soit en danger, il existe plusieurs programmes linguistiques visant à promouvoir sa renaissance. Effectivement, le ministère de l’Éducation de l’Alberta propose, après des consultations avec les anciens et les éducateurs de la Nation des Pieds-Noirs, un soutien exhaustif pour un programme d’études complet en langue blackfoot, du jardin d’enfants à la 12e année, pour les élèves autochtones et non autochtones.

Contacts avec les Européens

Au XVIIIe siècle, la population des Siksikas atteint environ 18 000 personnes; toutefois, après des contacts prolongés avec les Européens, elle est décimée par la guerre et les épidémies. Au XIXe siècle, l’influence grandissante de la colonie européenne détruit les troupeaux de bisons, privant par là même les Siksikas de leurs moyens de subsistance traditionnels. La famine et la maladie se répandent rapidement et la situation exige une solution susceptible de garantir la protection des terres, des personnes et des ressources.

En 1877, Crowfoot, le chef légendaire des Siksikas, négocie la paix, signe, aux côtés d’autres Premières Nations, le Traité no 7, et établit une réserve pieds-noirs à Blackfoot Crossing à l’est de Calgary. De nombreux Siksikas deviennent agriculteurs ou éleveurs, tandis que d’autres trouvent un emploi dans les mines de charbon sur la réserve.

Face aux pressions du gouvernement et des promoteurs, les Siksikas vendent, dans les années 1910, une importante partie de leur réserve pour plus de 2,2 millions de dollars, ce qui fait d’eux, sur le papier, la Première Nation la plus riche du Canada. Les sommes ainsi perçues sont détenues en fiducie par le gouvernement qui gère la construction de nouvelles habitations, l’achat d’équipements agricoles, le paiement régulier des intérêts, l’approvisionnement alimentaire et les autres services. Cependant, cette entente n’est pas avantageuse pour les Siksikas qui démontrent en 1930 qu’il aurait été préférable pour eux de conserver leurs possessions pour y conduire des activités économiques plutôt que de recevoir des intérêts en paiement de l’argent détenu en fiducie. Lorsque ces ententes sont devenues obsolètes, le peuple Siksika a continué de militer pour l’autonomie, l’autodétermination et un traitement équitable de la part du gouvernement.

Vie contemporaine

En 2014, on compte environ 7 000 membres inscrits du peuple Siksika, dont à peu près 4 000 vivent sur la réserve de Blackfoot Crossing. La Nation Siksika est représentée par un chef et un conseil élus et par l’intermédiaire de la Société de gestion du Traité no 7 qui conseille et qui défend les droits de toutes les nations signataires du Traité no 7.

La Nation Siksika a formulé, avec plus ou moins de succès, plusieurs revendications territoriales et de reconnaissance de droits ancestraux, comme le droit à l’autodétermination et à l’autonomie gouvernementale. Les administrateurs de la Nation Siksika mettent traditionnellement l’accent sur les installations de santé et de bien-être ainsi que sur des programmes sociaux et des services spécialisés dans la gestion du territoire et l’exploitation des ressources. Le différend du barrage de Bassano a, par exemple, abouti en 2010 à une entente octroyant à la Nation Siksika une somme de 53,4 millions de dollars pour le transfert illégal en 1910 par le Canada de terres appartenant à la réserve au Canadien Pacifique pour la construction du barrage. La revendication territoriale de Castle Mountain qui, ayant débuté en 1960, est toujours en négociation, illustre le caractère complexe et la longueur inhérente de traitement de ce type d’affaires.