Les Kwakwaka‘wakws forment un peuple qui occupe traditionnellement les régions côtières du nord-est de l’île de Vancouver et le centre de la Colombie-Britannique. À l‘origine, le peuple comptait 28 collectivités, parlant toutes des dialectes du kwak’wala. Certains groupes se sont dissipés, d’autres se sont joints à d’autres groupes, réduisant pratiquement de moitié le nombre de collectivités qui forment le peuple. Après avoir établi une relation durable avec le peuple vers la fin du XVIIIe siècle, les Européens attribuent le nom d’une des collectivités, Kwakiutl, à l’ensemble du peuple autochtone, qui d’ailleurs porte toujours ce nom. Le nom d’origine, Kwakwaka’makw, signifie « ceux qui parlent Kwak’wala », qui comprend cinq dialectes. (Voir aussi Autochtones : la côte du Nord-Ouest,Autochtones et Langues des Autochtones.)

Langue et culture

Le kwak’wala, de la famille linguistique wakashane, est apparenté à d’autres langues autochtones parlées en Colombie-Britannique, comme le nuu-chah-nulth (Nootkas), le heiltsuk (Bella Bellas), le oowekyala et le haisla (Kitamaats).

La culture des Kwakwaka’wakws est semblable à celle de leurs voisins du Nord, les Heiltsuks et les Oowekyalas. De plus, des sentiers traversant l‘île de Vancouver leur permettent de commercer avec les villages nootkas de la côte ouest de l’île. Des fouilles archéologiques prouvent que la région où l‘on parle le kwak’wala est habitée depuis au moins 8 000 ans. Avant leurs contacts avec les Européens, les Kwakwaka’wakws vivaient de la pêche, de la chasse et de la cueillette, selon les saisons, ce qui leur assurait d‘abondantes réserves de nourriture et leur permettait de séjourner dans leurs villages d‘hiver où ils se consacraient à plusieurs mois d‘intenses activités cérémonielles et artistiques.

Relation avec les Européens

En 1792, les explorateurs espagnols Dionisio Alcalá-Galiano et Cayetano Valdés ainsi que le capitaine britannique George Vancouver rencontrent la plupart des groupes kwakwaka’wakws du Sud. Plus au nord, la Compagnie de la Baie d‘Hudson établit Fort Rupert en 1849, poste qui reste en activité jusqu‘en 1877, année où il est vendu à Robert Hunt, dernier facteur (commerçant). George Hunt, fils de Robert, devient l‘assistant de l‘anthropologue Franz Boas‘, avec lequel il rédige une importante documentation sur la langue et la culture des Kwakwaka’wakws.

potlatch menace de détruire l‘âme même de la culture kwakwaka’wakw. En 1921, un grand potlatch tenu à Village Island se termine par l‘arrestation de 45 personnes, dont 22 sont emprisonnées, et par la confiscation de leurs objets rituels. Considérant que ces masques et autres objets rituels leur ont été enlevés à tort, les Kwakwaka‘wakws entreprennent, en 1967, de les recouvrer. Les Musées nationaux du Canada consentent à leur rendre cette partie de la collection du Musée canadien des civilisations à la condition que deux musées soient construits, le Musée Kwakiutl, maintenant connu sous le nom du Centre culturel Nuymbalees, à Cape Mudge, et le Centre culturel U‘mista, à Alert Bay (voir Art autochtone de la côte nord-ouest).

Vie contemporaine

Aujourd‘hui, la majorité des enfants kwakwaka’wakw ont l’anglais comme langue maternelle, malgré que plusieurs écoles de la région parrainent des cours donnés en kwak’wala et encouragent la danse et l‘art traditionnels. En 2014, les quinze collectivités kwakwaka’wakw comptent au total 7 718 membres. Alors que seulement 150 d’eux parlent couramment le kwak’wala, plus de 1 200 personnes connaissent la langue ou sont en train de l’apprendre.

Traditionnellement pêcheurs, les Kwakwaka‘wakws continuent de pratiquer la pêche commerciale dans une industrie hautement concurrentielle. Les chefs héréditaires transmettent toujours leurs droits et privilèges au cours des potlatchs, mais l‘administration locale est assurée par des conseillers élus.

Un certain nombre des premiers villages ont été abandonnés, leurs habitants se sont installés à Alert Bay, à Campbell River et à Port Hardy pour se rapprocher des écoles et des hôpitaux.