Qu’est‑ce que la Journée nationale des Autochtones?

Célébrée le 21 juin, la Journée nationale des Autochtones est une journée officielle de célébration visant à reconnaître et à honorer le patrimoine, les cultures et les précieuses contributions des Premières Nations, des Inuits et des Métis à la société canadienne. La date du 21 juin a été choisie, car elle coïncide avec le solstice d’été (le jour le plus long de l’année) qui revêt un caractère symbolique important pour de nombreux peuples autochtones (voir Autochtones : religion et spiritualité).

Historique de la Journée nationale des Autochtones

En 1982, la Fraternité nationale des Indiens (devenue l’Assemblée des Premières Nations) suggère, à l’origine, la création d’une Journée nationale de la solidarité autochtone dédiée à la reconnaissance. En 1990, c’est le Québec qui décide, avant toutes les autres provinces et tous les autres territoires, d’instituer le 21 juin comme journée de célébration de la culture autochtone.

Toutefois, des tensions qui se manifestent en 1990 (voir Crise d’Oka) et en 1995 (voir Crise d’Ipperwash) entre Autochtones et non‑Autochtones relancent les appels à l’instauration d’une journée nationale de reconnaissance. En 1995, un rassemblement national de chefs spirituels autochtones et non autochtones, organisé sous le nom d’« Assemblée spirituelle » par Elijah Harper, encourage le gouvernement fédéral à créer une « journée nationale des premiers peuples » qui serait une journée d’unité et de reconnaissance. La Commission royale sur les peuples autochtones, dans son rapport de 1996, recommande, elle aussi, l’instauration d’une journée nationale de reconnaissance.

Le 13 juin 1996, le gouverneur‑généralRoméo LeBlanc annonce l’intention du gouvernement d’instaurer une célébration nationale annuelle des peuples autochtones. Le 21 de ce même mois, le Canada célèbre sa première Journée nationale des Autochtones.

En 2009, la Chambre des communes adopte, à l’unanimité, une motion visant à faire du mois de juin le Mois national de l’histoire autochtone. Cette campagne de sensibilisation d’un mois vise à mieux faire connaître à la population canadienne l’histoire et les cultures autochtones ainsi que les enjeux et les problèmes que rencontrent aujourd’hui les communautés autochtones au Canada.

Le 21 juin 2017, le premier ministreJustin Trudeau annonce que le gouvernement entend modifier le nom de la Journée nationale des Autochtones qui s’appellerait désormais Journée nationale des peuples autochtones, ce qui correspondrait mieux à la reconnaissance dont jouissent les peuples autochtones à l’échelon international.

Cependant, certains, particulièrement au sein des communautés autochtones, appellent le gouvernement fédéral à faire également de la Journée nationale des Autochtones un jour férié. Dans son appel à l’action no 80, la Commission de vérité et réconciliation du Canada demande au gouvernement fédéral l’institution d’un jour férié, une journée nationale dédiée à la vérité et à la réconciliation qui permettrait de reconnaître le terrible héritage des pensionnats indiens et d’honorer les survivants. Deux questions font aujourd’hui toujours l’objet d’un débat public : la Journée nationale des Autochtones doit‑elle devenir la Journée nationale pour la vérité et la réconciliation et le Canada doit‑il reconnaître un jour férié, voire deux, honorant les peuples autochtones?

LE SAVIEZ‑VOUS?
Dans les Territoires du Nord‑Ouest, la Journée nationale des Autochtones est un jour férié institué en 2001 en vue d’honorer et de reconnaître les peuples déné, métis et inuvialuit qui y habitent. Ce jour est également devenu férié au Yukon en mai 2017.

Célébrer la Journée nationale des Autochtones

Dans tout le Canada, cette journée est marquée par des cérémonies et des célébrations mettant en vedette des artistes, des activités, des expositions d’art et d’artisanat et diverses manifestations soulignant la contribution des peuples autochtones.

Chaque année, les festivités du « Canada en fête » commencent par la Journée nationale des Autochtones le 21 juin, suivie de la Saint‑Jean‑Baptiste (fête nationale du Québec) le 24, puis de la Journée canadienne du multiculturalisme le 27 et enfin de la fête du Canada le 1er juillet (voir Congés provinciaux et territoriaux).