Formation et début de carrière

Fils cadet du premier ministre du Québec, Daniel Johnson (père) et de Reine Gagné, il étudie au collège Jean-de-Brébeuf, à l’Université de Montréal et à l’Université de Sherbrooke. Johnson est admis au Barreau du Québec en 1971 et, en juillet 1975, il reçoit son diplôme de la Faculté de médecine de l’Université de Sherbrooke. Il est actif au sein de diverses associations étudiantes (de 1966 à 1973), enseigne au Cégep de Sherbrooke (1972 et 1973) et pratique la médecine à Montréal avant de devenir candidat du Parti québécois en novembre 1976.

Député, ministre et premier ministre

Au cours des deux premiers mandats du PQ, il occupe différentes fonctions au sein du Cabinet de René Lévesque : député dans Anjou en 1976 (réélu en 1981 et en 1985); ministre du Travail et de la Main-d’œuvre de 1977 à 1980; ministre des Consommateurs, Coopératives et Institutions financières de 1980 à 1981; ministre des Affaires sociales de 1981 à 1984; ministre délégué aux Affaires intergouvernementales canadiennes de 1984 à 1985; et ministre de la Justice et Procureur général de 1984 à 1985. Il est notamment à l’origine de la Loi modifiant le Code du travail du Québec (Loi 45 sur les relations de travail), communément appelée loi « anti-briseurs de grève ».

En mai 1985, à titre de ministre délégué aux Affaires intergouvernementales, Johnson annonce les conditions exigées par le gouvernement du Québec pour donner son appui à l’entente constitutionnelle, y compris la reconnaissance du statut distinct du Québec et le droit de veto, ou les dispositions relatives au retrait avec compensation financière, dans l’éventualité où des ententes fédérales-provinciales seraient prises sans l’accord du Québec (voir Relations fédérales-provinciales). Cette stratégie du « beau risque » avait pourtant créé une crise au sein du PQ et la démission d’un groupe de ministres.

Le 20 juin 1985, René Lévesque annonce qu’il quitte la présidence du PQ. Johnson lui succède à la tête du parti en septembre 1985, à la suite d’une course à la direction à l’issue de laquelle il l’emporte dans un vote ouvert à tous les membres du parti, le premier congrès d’investiture du genre au Canada. Assermenté le 3 octobre 1985, il devient le 24e premier ministre du Québec. Toutefois, il n’occupe cette fonction que trois mois, perdant les élections générales qu’il déclenche une vingtaine de jours après son assermentation. Au cours de son bref mandat, il réussit néanmoins à négocier une entente avec le gouvernement du Canada afin de déterminer les modalités de participation du Québec aux délibérations des futurs sommets de la Francophonie.

Chef de l’opposition

Bien que le PQ soit défait par les libéraux de Robert Bourassa le 2 décembre 1985, Johnson est réélu pour la troisième fois dans la circonscription d’Anjou. En juin 1987, il affermit sa position de chef au congrès du parti avec son plan visant à remettre l’indépendance à plus tard, tout en travaillant pour l’« affirmation nationale » (voir Souveraineté-association). Le 10 novembre 1987, néanmoins, Johnson annonce sa démission en tant que chef du parti. Jacques Parizeau lui succède à titre de président du PQ et chef de l’opposition officielle.

La vie après la politique

De 1988 à 1998, il est professeur à la Faculté de droit de l’Université McGill et y est nommé directeur de recherche au Centre de médecine, d’éthique et de droit. Dans les années 1999, il est également médiateur et expert auprès des Nations Unies, de la Banque mondiale et de la Commission nord-américaine de coopération environnementale. En 2001, il est coprésident du Symposium international sur le commerce et le développement durable à l’occasion du Sommet des Amériques à Québec. Son expertise dans le domaine du droit commercial et des affaires internationales l’amène à rédiger plusieurs essais et articles sur la participation de la société civile et l’environnement dans le contexte de la mondialisation, ainsi qu’un ouvrage intitulé The Environment and NAFTA: Understanding and Implementing the New Continental Law qu’il publie avec André Beaulieu en 1996.

Johnson siège à différents conseils d’administration de sociétés commerciales, entres autres : Unimédia (de 1990 à 1998); SNC, devenue SNC Lavalin (de 1990 à 1998); Air Canada (de 2000 à 2003); Ace Aviation Holdings (depuis 2003) et ses filiales Aéroplan (depuis 2004) et Jazz (depuis 2005). On le trouve aussi au sein d’organisations et d’institutions liées au développement durable. Ainsi, il est membre fondateur, vice-président du conseil d'administration et président du comité des affaires étrangères de la Table ronde nationale sur l’environnement et l’économie à Ottawa (de 1989 à 1997), membre de l’Institut international de développement durable à Winnipeg (de 1990 à 1996), de l’Environmental Training Institute of North America de Mexico (de 1994 à 1999), de l’Union mondiale de conservation de la nature à Genève (1997 et 2000) et de l’Institut Véolia pour l’environnement à Paris (2000).

En 2001, il devient conseiller et négociateur principal du gouvernement québécois dans le dossier du conflit du bois d’œuvre opposant le Canada et les États-Unis. Il est nommé président de la Commission d’enquête sur le viaduc de la Concorde en 2006 et négociateur en chef du gouvernement du Québec du projet de libre-échange entre le Canada et l’Union européenne en 2009.

D’abord avocat-conseil au cabinet Guy et Gilbert de 1988 à 1996, puis chez Heenan Blaikie, il est depuis février 2014 chez Lavery. Il est reconnu (depuis 2012) comme l’un des meilleurs avocats au Canada en matière d’arbitrage international. Il le frère de Daniel Johnson (fils), 25e premier ministre du Québec.

Prix et distinctions

Membre de la Société royale du Canada (1993)

Doctorat honorifique de l’Université Claude-Bernard de Lyon (1997)

Grand Officier de l’Ordre de la Pléiade, Assemblée des parlementaires de la Francophonie (2000)

Grand Ambassadeur du Réseau des diplômés de l’Université de Sherbrooke (2005)

Grand Officier de l’Ordre national du Québec (2008)

Doctorat honorifique de l’Université de Montréal (2014)