John Strachan

 John Strachan, chef religieux, professeur (né à Aberdeen, en Écosse, le 12 avril 1778; mort à Toronto le 1er novembre 1867). Le révérend John Strachan fut aumônier de garnison à YORK durant la GUERRE DE 1812. Intelligent, courageux et rigide, il ne craint pas de tenir tête aux Américains et de négocier avec eux, inspiré par la réprobation qu'il éprouve à l'égard de leur comportement et de leurs actions après leur attaque contre York en 1813.

Strachan perd son père à l'âge de 14 ans. Il fait son entrée à l'Université d'Aberdeen à seulement 16 ans et parvient à aider sa mère dans le besoin en enseignant. Il se voit bientôt offrir de diriger une nouvelle académie dans le HAUT-CANADA, un poste qui promet d'être fort lucratif. Cependant, à son arrivée sur place, en 1799, il apprend que le projet ne verra pas le jour : Strachan se retrouve sans emploi dans un pays en devenir, avec à peine 20 shillings en poche.

Il en faut toutefois plus pour le décourager, et il s'établit rapidement à Kingston comme tuteur et éducateur. Constatant la pénurie de membres du clergé dans le Haut-Canada, Strachan décide de suivre les traces de son père et se joint à l'église épiscopale. Il est ordonné par le premier évêque de Québec en 1803, puis sert à Cornwall, où il établit une école primaire de grande renommée. Il obtient un doctorat en théologie en 1811, puis est affecté à la cure de York tout juste avant le début de la guerre.

Guerre de 1812

Quand éclate la guerre de 1812, Strachan devient un ardent défenseur de la cause britannique et prononce des discours populistes au sujet de la victoire hâtive de l'Angleterre à Détroit. Dans un sermon de novembre 1812, il louange les réguliers, mais plus spécialement la milice : « Et sûrement jamais aucun autre pays ne fut témoin de prestation plus éclatante que celle que notre milice a offerte ici, ni jamais de plus grande vaillance, de plus ferme résolution ni de conduite plus exemplaire; ils ont été à la hauteur des vétérans les plus chevronnés, et ont sauvé le pays par deux fois. » De telles exagérations contribuent largement à la naissance du mythe selon lequel c'est la milice du Canada, et non ses soldats professionnels rémunérés à fort prix, qui a gagné la guerre de 1812. Cette croyance qui se répand dans la population est fausse.

Après l'invasion de sa ville par les Américains en avril 1813, le curé de York, qui éprouve de l'intérêt pour l'art de la guerre, se livre à une analyse de la situation et des forces en présence. Strachan conclut que le commandant local, le major général Roger Hale SHEAFFE, est autant responsable de ce fiasco que les Américains. Dans un rapport sur la bataille, Strachan et ses acolytes écrivent que le seul moyen de sauver le Haut-Canada est d'y accroître l'effectif militaire et de remplacer Sheaffe, puisqu'il « a totalement perdu la confiance des réguliers et de la milice [...] ».

La reddition de York

Strachan n'est pas uniquement un homme de mots, mais aussi un homme de conviction, de courage et d'action. Il participe activement aux discussions menant à la reddition finale de York, négociant directement avec les Américains bien que n'ayant aucun pouvoir diplomatique officiel. Lorsque les Américains retardent la reddition, Strachan accuse en face le commandant naval américain Isaac Chauncey de prendre son temps pour permettre le pillage, le saccage et la destruction. Strachan négociera un peu plus tard le retour du matériel volé.

Vie après la guerre

La guerre terminée, Strachan reprend son rôle de chef religieux de la ville et poursuit le développement des pratiques d'enseignement dans la province. Il devient le premier évêque de Toronto et est admis au Conseil exécutif du Haut Canada en 1813 en reconnaissance de son zèle et de ses précieux services vers la fin de la guerre. Dans ses commentaires sur la guerre, il louange le major général BROCK pour son intuition et son zèle et critique le gouverneur général George PREVOST pour son attitude défensive, particulièrement dans les derniers épisodes de la guerre. Quant à Strachan lui-même, les habitants du Haut-Canada trouvèrent en lui un chef solide et instruit dans un moment où ils en avaient grandement besoin, par conséquent, ils n'oublièrent jamais la façon dont Strachan s'est comporté durant la guerre.