James Kudelka

James Kudelka, chorégraphe, danseur et directeur (Newmarket, Ontario, 10 septembre 1955). Reconnu sur la scène internationale comme le chef de file des chorégraphes de ballet canadiens de sa génération, James Kudelka développe un style original qui puise à la fois dans le ballet classique et la danse moderne, produisant des œuvres d'une inventivité technique hors du commun et d'une grande puissance émotionnelle. Ses goûts musicaux sont exceptionnellement étendus, allant du pop au classique, des Beatles à Bartok. Il commande aussi des musiques originales. Kudelka est l'un des rares chorégraphes contemporains à travailler à partir de compositions symphoniques majeures, comme la Symphonie no 6, dite la pastorale (1990) pour le BALLET NATIONAL DU CANADA. Kudelka est habile à créer des chorégraphies d'ensemble complexes et des solos et des duos d'une grande expressivité et originalité, tels que Fifteen Heterosexual Duets (1991) qu'il conçoit pour le TORONTO DANCE THEATRE. Bien que ses chorégraphies soient souvent lyriques et poétiques, elles peuvent tout aussi bien être nettement viscérales et percutantes. Même lorsque ses œuvres ne sont pas chorégraphiées ouvertement sous une forme narrative, elles sont profondément humaines grâce à leur connotation psychologique très présente. Kudelka est fasciné par les thèmes de l'amour et de la perte, de la sexualité et de la mort. Il aborde des sujets aussi délicats que les dysfonctions sexuelles et familiales, comme on peut le voir dans The Miraculous Mandarin (1993) et dans Spring Awakening (1994), touts deux créés pour le Ballet national du Canada.

Encore étudiant à l'ÉCOLE NATIONALE DE BALLET, Kudelka crée ses premières chorégraphies, travail qu'il poursuit tout en étant un membre accompli au Ballet national du Canada, de 1972 à 1981. Il s'attire de plus en plus l'attention de la critique pour ses oeuvres franchement dramatiques telles A Party (1976) et Washington Square (1979). Manifestement frustré de ce qu'il prétend être un manque d'engagement créatif au Ballet national, Kudelka entre dans les GRANDS BALLETS CANADIENS, en 1981. Il s'éloigne alors quelque peu de ce style dramatique et crée des oeuvres qui reçoivent un bon accueil, entre autres In Paradisum (1983) et Alliances (1984).

À titre de chorégraphe résident pour les Grands Ballets de 1984 à 1990, il continue d'enrichir son répertoire de façon régulière tout en créant des œuvres pour d'autres troupes au Canada et à l'étranger, notamment DANCEMAKERS, LES BALLETS JAZZ DE MONTRÉAL, MONTRÉAL DANCE, le Joffrey Ballet, le San Francisco Ballet et l'American Ballet Theatre. En 1992, il fait un retour au Ballet national du Canada à titre d'artiste résident et poursuit son travail de création pour la compagnie ainsi que pour d'autres et danse à l'occasion des rôles de composition. En juin 1995, pour le compte du Ballet national, il entreprend pour la première fois une nouvelle version du grand classique russe Casse-Noisette. Le succès de la production influence sans doute la décision en 1996 de nommer le directeur artistique à la suite de la démission-surprise de Reid ANDERSON.

Le départ d'Anderson est déclenché par sa frustration devant les compressions dans le financement gouvernemental. Kudelka hérite d'une compagnie aux ressources limitées, et les contraintes budgétaires l'obligent à diminuer le nombre de danseurs. Il relève néanmoins le défi de soutenir la troupe dans les moments difficiles et met l'accent sur le dynamisme créatif. Son but est de redéfinir le concept de compagnie de répertoire de ballet classique au 21e siècle. Il commande des œuvres à d'anciens étudiants tels que Dominique Dumais et Matjash Mrozewski ainsi qu'au célèbre moderniste montréalais Jean-Pierre PERREAULT. Il enrichit le répertoire de la troupe de nouvelles œuvres et d'autres, telles que Cruel World, Terra Firma, et There, below, créées auparavant pour d'autres compagnies. Parmi les œuvres originales qui remportent les plus grands succès, citons une nouvelle version du Lac des cygnes (1999) et Cendrillon (2004), un succès populaire rapidement acquis par le Boston Ballet et l'American Ballet Theater. Ses arrangements des Quatre saisons de Vivaldi (1997) et de L'Oiseau de feu de Stravinsky sont par la suite filmés pour la télévision. The Actress (1994), créé pour le talent en pleine maturité de la ballerine Karen KAIN, est présenté partout au Canada lors de la célèbre tournée d'adieu de Kain en 1997. Kudelka expérimente les ballets narratifs traditionnels avec l'inhabituel et controversé The Contract (1992), une interprétation de l'histoire Le Joueur de flûte et avec son adaptation complète de la comédie française du 19e siècle Un chapeau de paille d'Italie (2005).

Kudelka acquiert aussi des chefs-d'œuvre actuels provenant du catalogue international, notamment plusieurs du grand chorégraphe du 20e siècle George Balanchine. En dépit de contraintes financières, Kudelka désire vivement faire connaître le Ballet national à un public étranger. En octobre 1998, Kudelka amène la troupe à New York, première visite en près de dix ans dans une importante capitale de la danse, pour une tournée qui sera encensée par la critique. Il y retourne en 2004 dans le cadre d'une tournée américaine.

Kudelka n'a jamais caché pas son dédain pour les tâches administratives et de relations publiques qui relèvent du directeur artistique. Il démissionne en mai 2005 après être resté en poste plus longtemps que tout autre directeur depuis Celia FRANCA, fondatrice du Ballet national. Il devient immédiatement chorégraphe attitré de la compagnie et poursuit son travail de création pour le Ballet national et d'autres troupes en Amérique du Nord. Ainsi, en 2008, il est nommé chorégraphe attitré de la compagnie de danse contemporaine Coleman Lemieux & Compagnie qui présente aussi bien de nouvelles œuvres que d'anciennes œuvres.

Il est nommé officier de l'ORDRE DU CANADA en 2005.