Inuits du Mackenzie

À l'origine, les Inuits du Mackenzie habitent la côte Ouest de l'Arctique canadien de l'île Barter, à l'ouest, jusqu'au cap Bathurst, à l'est, de même que la partie nord du delta du Mackenzie. Au XIXe siècle, ils sont environ 2000 et forment la population inuite la plus dense de l'Arctique canadien. Ils se répartissent en 5 groupes régionaux de 200 à 1000 personnes chacun et tous ont un mode de vie adapté aux ressources de leur région. Le groupe situé à l'ouest du fleuve Mackenzie passe l'été à chasser le caribou et à pêcher, et l'hiver à chasser le phoque. Celui qui se trouve au cap Bathurst, à l'est, chasse la baleine boréale en été et le phoque en hiver.

Le groupe le plus important vit dans le delta du Mackenzie, dans le village de Kittigazuit, à l'embouchure du cours principal du fleuve. C'est là qu'il se réunit l'été pour chasser les bélugas qui viennent se nourrir dans l'estuaire peu profond. La région est un piège naturel pour les troupeaux de bélugas, que des groupes d'au plus 200 chasseurs en kayak poussent vers les hauts-fonds, en amont. Ils tuent ainsi plusieurs centaines de petites baleines en une seule chasse, ce qui suffit à leur fournir nourriture et huile pour l'hiver.

Les Inuits du Mackenzie passent le reste de l'année à chasser le caribou et le phoque et à pêcher. L'hiver, ils déménagent dans de plus petits villages de quelques maisons. Construites en bois de grève, très bien isolées avec de la tourbe, chauffées et éclairées au moyen de lampes à l'huile de baleine faites de pierre ou de terre cuite, chacune de ces maisons abrite environ six familles. L'organisation sociale est fondée sur la famille. Les gens sont essentiellement monogames, la polygamie étant pratiquée par certains riches individus. Les familles ou les particuliers possèdent des maisons, des tentes, des KAYAKS et des OUMIAKS. Quelques indices laissent croire que le groupe régional est dirigé par un chef héréditaire de sexe masculin. On connaît peu de choses sur leur religion, sinon qu'elle repose sur le chamanisme et que de grandes festivités ont lieu en décembre durant la nuit boréale.

Des études archéologiques démontrent que les Inuits du Mackenzie vivent dans la région depuis environ 1000 ans et qu'ils descendent d'un peuple de la culture de Thulé venu de l'Alaska vers 1000 apr. J.-C. Au cours des siècles, ils entretiennent des liens commerciaux et culturels avec les Inuits de l'Alaska, dont ils sont le groupe le plus à l'est à partager leur mode de vie relativement aisé. Les Inuits du Mackenzie participent à la TRAITE DES FOURRURES au cours du XIXe siècle, d'abord indirectement par le biais des postes russes en Alaska et, plus tard, avec les postes établis dans le delta du Mackenzie.

À la fin du XIXe siècle, ils établissent de solides liens avec les chasseurs de baleine américains qui se mettent à chasser et à passer l'hiver dans la région. Ils sont décimés à cause de plusieurs vagues d'épidémies : vers 1900, leur population est moins de 10 p. 100 de ce qu'elle était. Les Inuits de l'Alaska et les Européens parviennent à occuper une grande partie de leur territoire en s'y installant comme trappeurs. Leurs descendants habitent aujourd'hui les communautés d'Ikaahuk (Sachs Harbour), d'Inuvik, de Tuktuujaqtuuq (Tuktoyaktuk) et de Paulatuuq (Paulatuk). Maintenant connus sous le nom d'Inuvialuit, ils négocient une entente sur le règlement de leurs REVENDICATIONS TERRITORIALES globales avec le gouvernement du Canada en 1984.

Voir aussi AUTOCHTONES : L'ARCTIQUE.