Inuits du Cuivre

Les Inuits du Cuivre, ainsi nommés pour le grand usage qu'ils font d'objets façonnés du cuivre tiré des gisements de la région, occupent d'abord l'ÎLE BANKS, l'ÎLE VICTORIA et la région continentale de l'Arctique central canadien. Au début du XXe siècle, ils sont près de 800, répartis en de nombreux groupes régionaux d'environ 50 personnes. L'hiver, plusieurs groupes se réunissent pour la chasse au phoque et vivent alors dans de grands villages d'igloos construits sur la mer gelée. Puis, ils déménagent quand la population de phoques s'épuise. Au printemps, ces communautés se séparent et les bandes se dirigent vers des régions particulières de la côte d'où elles gagnent l'intérieur des terres pour chasser le caribou et le bœuf musqué et pour pêcher. Pendant tout l'été, ces Inuits se déplacent à l'intérieur de territoires définis, en petits groupes d'une ou de quelques familles vivant dans des tentes de peaux. À la fin de l'été, ils intensifient la chasse au caribou et se rassemblent peu à peu le long de la côte, où les femmes préparent les vêtements d'hiver.

L'organisation sociale repose sur la parenté et sur diverses formes d'association officielle, et les liens entre personnes sont plus une question de choix que chez les autres groupes INUITS. Leur religion est fondée sur le chamanisme, le CHAMAN ayant pour fonctions principales de guérir les malades et d'assurer une chasse abondante. Leur religion, leur langue et la plupart de leurs autres traits culturels ressemblent à ceux des autres peuplades inuites de l'Arctique central, dont les Inuits du Cuivre sont les plus occidentaux.

L'archéologie démontre que ces derniers descendent d'un groupe de la CULTURE DE THULÉ, qui a immigré dans la région environ 1000 ans après J.-C. et qui a adapté son mode de vie basé sur les ressources maritimes et sur la chasse au phoque et au caribou. Sous le climat plus froid du petit âge glaciaire allant du XVIIe au XIXe siècle, ils abandonnent leurs maisons d'hiver permanentes ainsi que d'autres usages de leurs ancêtres de Thulé. Traditionnellement, les armes de chasse, comme les flèches, les harpons et les lances, ainsi que les outils, comme les lames de couteau et les ciseaux, sont faits en cuivre et servent à un usage personnel ou à faire du commerce avec d'autres nations. Un plus grand nomadisme et leur contact avec la technologie européenne importée, à laquelle ils s'intéressent de plus en plus, engendrent la culture originale des Inuits du Cuivre. À partir du début du XXe siècle, leurs fréquents contacts avec les Européens les poussent vers une économie fondée sur le trappage. Par contre, outre le commerce, les Européens leur transmettent des maladies comme la grippe, la fièvre typhoïde et la VARIOLE, qui ravagent la population des Inuits du Cuivre.

Les Inuits du Cuivre d'aujourd'hui seraient des descendants d'un groupe de la culture de Thulé arrivé dans la région riche en cuivre vers 1000 ans après J.-C. Aujourd'hui, ils vivent presque tous dans les villages de Sachs Harbour, d'ULUKHAKTOK (aussi appelé Uluqsaqtuua, ce qui signifie « où il y a du cuivre » en inuktitut), de KUGLUKTUK, de Bathurst Inlet et de CAMBRIDGE BAY. En 1984, l'Accord de revendications territoriales Inuvialuit touche, notamment, les communautés de Sachs Harbour et de Holman (Ulukhaktok). Les autres groupes font partie du nouveau territoire du NUNAVUT.

Voir aussiAUTOCHTONES : L'ARCTIQUE.