Thomas James Hunter, m.c.., O Ont., chanteur, guitariste, animateur de télévision (né le 20 mars 1937 à London, en Ontario). Icône de la musique country canadienne, Tommy Hunter est un chanteur de country hors-pair et une personnalité de la télévision charismatique connue pour avoir animé The Tommy Hunter Show (1965 à 1972), populaire émission musicale de la CBC détenant le record de longévité en Amérique du Nord. TM, aussi connu comme étant le « gentilhomme country du Canada », Tommy Hunter est membre de l’Ordre du Canada, de l’Ordre de l’Ontario et fait partie du panthéon de l’Association de la musique country canadienne et du panthéon de la musique country à Nashville, au Tennessee.

Premières années

Fils d’un cheminot, Tommy Hunter grandit à London, en Ontario, où il écoute l’émission de radio Grand Ole Opry et idolâtre les chanteurs country Roy Acuff, Eddy Arnold et Hank Snow. Après avoir vu Roy Acuff et les Smoky Mountain Boys en performance à London en 1946, Tommy Hunter se met à la guitare et prends des leçons hebdomadaires avec une guitare louée. Dès l’âge de dix ans, il joue à l’église, dans les hôpitaux pour anciens combattants et au cinéma, durant les interludes. Il abandonne l’école à 16 ans, mais prend part à Dark of the Moon, une production du London Little Theatre présentée au Dominion Drama Festival à Victoria en Colombie-Britannique. Il est aussi un collaborateur régulier à l’émission de radio du CHML Hamilton, Main Street Jamboree (1954-1955), et chante avec les Golden Prairie Cowboys de Wingham, en Ontario.

Carrière télévisuelle

En 1956, Tommy Hunter rejoint King Ganam et l’ensemble country Sons of the West pour l’émission de télévision de la CBC Country Hoedown en tant que guitariste rythmique, un poste qu’il conservera tout en animant une émission de radio sur les ondes de CBC, The Tommy Hunter Show (1960-1965). L’émission passe bientôt de la radio à l’écran et remplace Country Hoedown comme émission hebdomadaire dès 1965. En 1970, cette version canadienne de Grand Ole Opry change de format : on passe d’une émission d’une demi-heure à une heure complète.

En 1966, lors d’une entrevue avec Ralph Thomas, un journaliste du Toronto Daily Star qui décrit la voix de Tommy Hunter comme « une voix douce et simple, un son baryton riche teinté d’un accent country », Tommy Hunter explique qu’il prônait, pour son émission, « une approche à mi-chemin… quelque chose qui serait aussi pop que country et western. » Il combat consciemment le cliché « grange et botte de foin » et préfère un style plus sophistiqué qui ressemble aux émissions populaires du jour. Disciple du son plus populaire de Nashville, Tommy Hunter reste toujours humble, sincère et direct, et c’est d’un œil taquin qu’il finit chaque émission avec la phrase suivante : « Et si Dieu le veut, nous nous reverrons très bientôt. »

À son apogée au début des années 1970, The Tommy Hunter Show attire trois millions de téléspectateurs chaque semaine au Canada. L’émission reçoit pratiquement tous les grands noms de la musique country, des héros de jeunesse de Tommy Hunter comme Hank Snow, Wilf Carter, Roy Acuff et Eddy Arnold, aux Roy Rogers, Johnny Cash, June Carter Cash, Alan Jackson, Vince Gill, The Judds et Garth Brooks. Tommy Hunter accueille aussi les artistes canadiens Maurice Bolyer, Al Cherny, les Rhythm Pals et Anne Murray, en plus d’ouvrir toute grande la porte aux nouveaux venus, dont la violoneuse April Verch et la chanteuse Shania Twain, qui fait sa première apparition à l’émission en 1979, à l’âge de 14 ans.

The Tommy Hunter Show est introduit aux États-Unis par l’intermédiaire du Nashville Network en 1983 et devient un incontournable du réseau pendant plus de dix ans. Au Canada, l’émission remporte un prix Gémeaux en 1992 pour Meilleure émission de variétés. En mai 1992, après 27 ans d’antenne, la CBC annule l’émission, même si elle toujours une des émissions de variétés les plus populaires de la télévision canadienne, avec plus de 800 000 téléspectateurs par semaine. On raconte que Tommy Hunter est très peiné par cette annulation. Il fait toutefois un retour à la télévision de la CBC en 2003 pour l’émission spéciale Talk About the Good Times.

Carrière musicale

TM réalise son premier album en 1958 comme guitariste du groupe de King Ganam, et, par la suite, enregistre des disques longue durée solos pour la maison de disque Harmony, de Columbia entre la fin des années 60 et le début des années 1970. Il lance ainsi Tommy Hunter (1964), Travelling with Tommy Hunter (1968), Time Slips Away (1971) et Greatest Hits (1973). Avec RCA, il enregistre Tommy Hunter (1975) et The Anniversary Sessions (1989). Il produit aussi plusieurs albums de musique et de lecture religieuses et publie un livre de ses photographies. Avec sa propre maison de disque, Edith Records, Tommy Hunter sort six albums, dont Timeless Country Treasures (1995), Songs of Inspiration (1995) et Traditional Country Christmas (1997).

Certains de ses simples remportent du succès, dont huit qui se hissent dans le Top 10 du palmarès country au Canada : « Cup of Disgrace » (1967), « The Battle of the Little Big Horn » (1967), « Mary in the Morning » (1967), « Half a World Away » (1967), « Walk With Your Neighbour » (1969), « Wait for Sunday » (1970), « Bill Jones’ General Store » (1971) et « Born to Be a Gypsy » (1975). La chanson Mary in the Morning s’est hissée au premier rang du palmarès country au Canada et a remporté un certain succès aux États-Unis. Le duo qu’il enregistre avec la chanteuse américaine Janie Fricke, « Couldn’t See the Gold » (1990), figure dans le Top 20 du palmarès country au Canada.

Tournées

La chanson d’introduction de son émission, « Travellin’ Man », n’aurait pas pu être mieux choisie. En effet, Tommy Hunter voyage de part et d’autre du Canada tout au long de sa carrière. Dans les années 1960, il est la tête d’affiche de plusieurs concerts collectifs en Europe pour le ministère de la Défense nationale. Durant les étés 1963 à 1970, il donne une série de concerts au Academy Theatre de Lindsay, en Ontario, présentés à la radio de la CBC sous le nom « Country Holiday ».

Après l’annulation de son émission de télévision, Tommy Hunter part à nouveau en tournée et donne environ 70 représentations par année, accompagné de son groupe, les Travellin’ Men. En 1997, pour fêter ses 50 ans de carrière, il chante à la CNE et à l’émission Grand Ole Opry. En début d’année 2012, il annonce qu’il se retirera de la scène à la fin d’une dernière tournée au Canada qui se termine avec un concert dans son London natal le jour de son 75e anniversaire.

Prix et patrimoine

En 1974, Tommy Hunter est cité au Panthéon de la musique country de Nashville, au Tennessee pour sa « contribution continue et remarquable à la musique country ». En 1990, il devient le cinquième Canadien à être intronisé au Hall’s Walkway of Stars. La ville de London, en Ontario, proclame la semaine du 19 au 26 mars 1997, semaine de Tommy Hunter en l’honneur de son 60e anniversaire et, plus tard la même année, elle nomme une rue en son honneur.

Prix

Meilleur chanteur de country, prix Juno (1970)

Mention spéciale, Panthéon de la musique country (1974)

Prix Broadcasting Industry Achievement, Canada’s Broadcast Executive Society (1977)

Intronisé, Panthéon de l’Association de la musique country canadienne (1984)

Membre, Ordre du Canada (1986)

Citoyen honorifique, État du Tennessee (1987)

Intronisé, Walkway of Stars, Panthéon de la musique country (1990)

Meilleure émission de variétés (The Tommy Hunter Show), prix Gémeaux (1992)

Membre, Ordre de l’Ontario (1996)

Prix pour l’ensemble de son œuvre, Association de la musique country de l’Ontario (1999)

Prix pour l’ensemble de son œuvre, la Canadian Gospel Music Association (2005)

Intronisé, Panthéon JRMA, Jack Richardson Music Awards (2012)

Intronisé, Missassauga Legends Row (2013)

Une version de cet article a paru à l’origine dans la Encyclopedia of Music in Canada.