Guy Maddin

 Guy Arthur Maddin, cinéaste (Winnipeg, 28 févr. 1956). D'origine islandaise, Guy Maddin est l'un des cinéastes les plus doués et les plus excentriques du Canada anglais. Ses parents lui auraient donné ce nom en souvenir de Guy Madison, une vedette de série B dans les années 1950.

Guy Maddin démarre sa carrière alors qu'il est étudiant en économie à l'Université du Manitoba, où il fait deux rencontres déterminantes : George Toles, un professeur de cinéma qui deviendra plus tard un de ses proches collaborateurs, et John Paizs, un camarade de classe dont la série de courtes comédies à l'humour pince-sans-rire et à faible budget l'impressionne fortement. L'influence de Paizs est évidente dans le premier court métrage de Maddin, The Dead Father (1985), réalisé avec le Winnipeg Film Group.

Dans son premier long métrage, Tales from the Gimli Hospital (1988), le style personnel de Guy Maddin s'affirme davantage : piste sonore délibérément grinçante et non synchronisée, situations dramatiques poussées jusqu'à l'absurde, recréation méticuleuse de codes cinématographiques archaïques comme les intertitres (texte inséré dans l'action) et les décors délibérément non naturalistes, le tout combiné en une forme empruntée, mais spirituelle, d'expressionnisme postmoderne. Il perfectionne et développe cette approche dans ses longs métrages ultérieurs (Archangel, 1990, et CAREFUL, 1992). Ce dernier sera la première incursion de Guy Maddin dans la polychromie. En 1997, son Twilight of the Ice Nymphs, mélodrame surchauffé, en couleur, sera interprété par des vedettes canadiennes et internationales, dont R. H. THOMSON, Shelley Duvall et Frank Gorshin.

Depuis 1996, en plus de ses longs métrages, Guy Maddin a réalisé nombre de courts métrages de grande qualité. Parmi ceux-ci, Odilon Redon (1996) et, le plus connu de tous, The Heart of the World, un court métrage commandé en 2000 à l'occasion du 25e anniversaire du Festival international du film de Toronto. Cette histoire d'amour mélodramatique racontée en cinq minutes constitue un retour glorieux à sa première période de pastiches en noir et blanc des œuvres de Bunuel, Vigo, von Sternberg, Cocteau, Murnau et Eisenstein.

En avril 2002, son film Dracula: Pages From A Virgin's Diary, inspiré de l'interprétation de Dracula par le ROYAL WINNIPEG BALLET, est diffusé pour la première fois à la télévision nationale. Il attire encore plus l'attention des festivals internationaux ainsi que celle des critiques et, plus important encore pour ce visionnaire de film indépendant, des investisseurs. Le prochain long métrage de Guy Maddin, The Saddest Music in the World (2003), qui évolue autour d'un concours musical parrainé par une compagnie de bière pendant la période de la crise de 1929 à Winnipeg, a pour vedettes des sommités internationales telles que Maria de Medeiros et Isabella Rossellini et est distribué partout au Canada et à l'étranger. En 2004, Maddin dirige aussi My Dad is 100 Years Old, un court métrage avec Rossellini qui a pour sujet son père, le légendaire Roberto Rossellini.

La première de Brand Upon the Brain!, le long métrage de Guy Maddin produit en 2006, est présentée avec un accompagnement musical en direct, un narrateur et un bruiteur lors du Festival international du film de Toronto en septembre 2006. Il est plus tard présenté sous le même format au prestigieux Festival international du film de Berlin. Une bande sonore du film est mise en circulation et le film est présenté dans les cinémas de répertoire à la grandeur du Canada pendant l'été 2007. Quelques mois plus tard, Guy Maddin sort son documentaire poétique, ode à sa ville natale, My Winnipeg, acclamé par la critique. Le film mélange les faits, la fiction et les évocations oniriques de la métropole des Prairies. Il gagne de nombreux prix et reçoit les éloges de la critique. Une étude relativement volumineuse est également publiée à son sujet.

Depuis ses réussites de 2007 et 2008, Guy Maddin produit de nombreux courts métrages, et des rétrospectives en son honneur sont présentées lors de prestigieux festivals, comme le festival de films Era New Horizons en Pologne et le Festival international du film de Rotterdam, au Pays-Bas. Même s'il est l'un des auteurs-réalisateurs les plus singuliers du Canada, il est également l'un des cinéastes les plus populaires et il jouit d'une renommée internationale. Son long métrage Keyhole sort en grande première lors du Festival international du film de Toronto en 2011.