La grève des mineurs de charbon de l'île de Vancouver est déclenchée le 16 septembre 1912 quand des mineurs de Cumberland proclament une « journée de congé » pour protester contre le congédiement d'Oscar Mottishaw. La société Canadian Collieries, qui venait d'acquérir l'entreprise Dunsmuir Mines, fait un lock-out et engage des Chinois en plus de recruter des briseurs de grève de Grande-Bretagne et des États-Unis. Les travailleurs revendiquent la sécurité (des coups de grisou avaient fait des centaines de morts) et la reconnaissance du syndicat. À l'instar de Robert et de James DUNSMUIR, d'autres employeurs de l'île, soit Western Fuel et Pacific Coast Collieries, résistent vigoureusement à l'entrée de tout syndicat, surtout ceux des États-Unis. Au printemps de 1913, 3500 mineurs de Nanaimo, d'Extension, de South Wellington et de Ladysmith n'étaient pas au travail, mais le syndicat des Mineurs unis d'Amérique les encadre et leur paie des indemnités de grève.

Cet été-là, une quatrième société, la Vancouver and Nanaimo Coal Co., en vient à s'entendre avec ses employés, mais après que des émeutes eurent éclaté dans toutes les agglomérations minières. Le gouvernement de la Colombie-Britannique envoie 1000 miliciens pour rétablir la paix, mais beaucoup de grévistes passent un deuxième hiver en prison. La suspension de l'indemnité de grève à l'été de 1914 et le début de la Première Guerre mondiale mettent fin au conflit. À ce moment, les mines fonctionnaient presque à la capacité d'avant-grève grâce à l'embauche de nouveaux travailleurs.

Après la guerre, alors que le reste de l'Amérique du Nord connaît une recrudescence spectaculaire des activités syndicales, l'île de Vancouver reste amorphe. La reconnaissance du syndicat ne se réalise qu'en 1938, six semaines après la fermeture permanente de la plus grande mine de l'île.