Gordon Campbell

 Gordon Muir Campbell, homme politique, premier ministre de la Colombie-Britannique (Vancouver, C.-B., 12 janvier 1948). À la fin de ses études dans des écoles publiques de Vancouver, Campbell remporte une bourse d'études pour le collège Dartmouth, où il obtient un baccalauréat ès arts. Il obtient plus tard une maîtrise en administration des affaires (M.B.A.) de l'Université Simon Fraser. À l'emploi du SUCO (Service universitaire canadien outremer), il enseigne dans une école secondaire du Nigeria de 1970 à 1972. De retour à Vancouver, il est adjoint de direction du maire Art Phillips (1973-1976), puis administrateur général du développement pour Marathon Realty (1976-1981) et fondateur de la Citycore Development Corporation (1981-1986).

Sa carrière politique débute en 1984 avec son élection au conseil municipal de Vancouver. Deux ans plus tard, il est élu maire, fonction qu'il exerce jusqu'en 1993. Durant cette période, il est également président de l'Union des municipalités de la Colombie-Britannique et préside le Greater Vancouver Regional District. En 1993, il est élu chef du PARTI LIBÉRAL provincial et remporte le siège de Vancouver-Quilchena à l'occasion d'une élection partielle tenue le 18 février 1994. Depuis 1996, il représente la circonscription de Vancouver-Point Grey. Même si les libéraux gagnent le vote populaire aux élections générales de 1996, c'est le NPD qui remporte le plus de sièges. Empêtré dans les scandales, le NPD perd en popularité et, aux élections générales de 2001, les libéraux, qui promettent « une ère nouvelle pour la Colombie-Britannique », remportent une victoire écrasante en raflant 77 des 79 sièges.

Campbell est assermenté comme premier ministre le 5 juin 2001. Il succède à l'ancien premier ministre Ujjal Dosanjh. Le lendemain de leur arrivée au pouvoir, les libéraux prennent des mesures immédiates visant à tenir leur promesse de réduire considérablement les impôts. La révision, comme promis, de la prestation des services gouvernementaux et la faiblesse de l'économie conduisent à une compression importante des effectifs de la fonction publique et à des réductions de dépenses, particulièrement évidentes dans les domaines de l'aide sociale et de la santé. En dépit du mécontentement manifesté lors de protestations massives et de la déception générale exprimée à l'égard du gouvernement, un sondage réalisé peu avant le premier anniversaire de l'élection du gouvernement montre que les libéraux ont l'appui de 45 % des électeurs qui ne se rangent pas parmi les indécis. Grâce au programme provincial Pacific Gateway, une initiative qui investit dans l'infrastructure afin de soutenir le volume grandissant des échanges commerciaux avec la région Asie-Pacifique, Campbell réussit à faire de la Colombie-Britannique une des principales portes d'entrée de l'Amérique du Nord. C'est aussi pendant son premier mandat qu'on attribue les prestigieux JEUX OLYMPIQUES de 2010 à la Colombie-Britannique.

Le 17 mai 2005, Gordon Campbell obtient un deuxième mandat comme premier ministre, mais l'appui du Parti libéral n'est pas aussi fort qu'en 2001. Le NPD remporte 33 sièges sur 79 grâce à l'appui des personnes âgées et des familles qui ont été affectées par la réduction des dépenses relatives aux programmes sociaux du gouvernement libéral. De nombreuses mesures significatives sont mises de l'avant pendant son deuxième mandat, notamment dans le domaine de la création d'emplois (qui perd inévitablement du terrain en raison de la récession à la fin de l'année 2008 et en 2009), des relations avec les Premières Nations et des changements climatiques. Le traité de Tsawwassen, en vigueur depuis 2009, offre un soutien financier afin d'accroître le dynamisme économique de la communauté autochtone des basses-terres continentales de la Colombie-Britannique. Il s'agit du premier accord urbain ainsi négocié dans la province. En 2008, Campbell promulgue une taxe controversée sur les combustibles fossiles, une initiative largement critiquée par le NPD lors des élections de 2009.

La même année, Campbell remporte sa troisième majorité de suite - une première en 25 ans pour un premier ministre - dans une élection marquée, une fois de plus, par un faible taux de participation. Le parti est blâmé pour avoir utilisé Twitter, la nouvelle technologie de réseautage sur Internet, dans le but de diffuser la couverture des élections la journée même, enfreignant ainsi involontairement la Provincial Elections Act (loi électorale provinciale). Toutefois, aucune accusation n'est officiellement portée contre le parti. Peu de temps après, le gouvernement de Campbell fait adopter une loi controversée sur la taxe de vente harmonisée (TVH) qui élimine la taxe de vente provinciale (TVP) et la taxe sur les produits et services (TPS) pour les remplacer par une seule taxe de 12 p. 100 sur les biens et services. Malgré sa popularité dans le milieu des affaires, la taxe, entrée en vigueur en juillet 2010, soulève une vive opposition des consommateurs dont les budgets sont sévèrement touchés.

La nouvelle TVH ne fait pas l'unanimité au sein de la population, ni au sein des libéraux eux-mêmes. Le soutien populaire diminue considérablement, plaçant les libéraux derrière le NPD, et même si Campbell promet une baisse importante de l'impôt sur le revenu et un remaniement ministériel afin d'apaiser ses détracteurs, la véritable rébellion au sein du caucus qui se produit un peu plus tard cette année-là force Campbell, le premier ministre à être resté le plus longtemps au pouvoir jusque-là, à annoncer sa démission comme chef du parti. Il est remplacé par Christy CLARK, chef du Parti libéral, qui est assermentée première ministre le 14 mars 2011.