Feu Saint-Elme

Un feu Saint-Elme est une lueur bleue ou rougeâtre ayant parfois l'apparence d'une flamme qui accompagne une puissante décharge électrique émanant d'un objet conducteur pointu placé dans un champ électrique intense. Il résulte d'une ionisation par choc (arrachement d'électrons initialement présents dans des molécules) suivie d'une recombinaison des molécules d'air avec leurs électrons, ce qui donne lieu à l'émission de lumière. Ce processus ressemble à celui qui se produit dans le tube d'une enseigne au néon. Il survient habituellement en-dessous ou près des ORAGES qui, généralement, portent une charge électrique négative à leur base et induisent donc l'apparition d'une charge positive (sous la forme d'ions positifs) sur les objets pointus au sol. S'ils ne sont pas « mis à la terre », ces objets peuvent acquérir ainsi une forte charge négative.

Un feu Saint-Elme se voit plus facilement la nuit et prend naissance sur des objets pointus, tels que les mâts et les gréements des bateaux, les hélices des avions, les mâts de drapeau, les clochers d'église et même les cornes des bestiaux ou les doigts et les cheveux des alpinistes. Il ressemble parfois à une lueur, à un halo ou à une aura; quelquefois, la lueur est accompagnée de traînées lumineuses visibles. Tout en restant attaché à un conducteur d'électricité, il peut se déplacer le long de ce dernier et durer plusieurs minutes. Il est fréquemment accompagné d'un sifflement, d'un pétillement ou d'un crépitement. Les décharges ponctuelles naturelles à partir des aéronefs étant intermittentes, elles peuvent causer des parasites sur la radio et brouiller les communications et la navigation. On règle ce problème sur les avions modernes en installant des câbles, munis de brosses en fils de fer à leurs extrémités, sur les bords de fuite des ailes. Ces « queues de cochon » évacuent continuellement la charge électrique recueillie par l'aéronef sous la forme d'une décharge rougeoyante silencieuse.

Certains pensent que Moïse a vu un feu Saint-Elme dans le buisson ardent sur le Mont Sinaï; Shakespeare parle d'un tel feu dans The Tempest; les premiers explorateurs du Canada rapportent en avoir vu. Pour les marins, il est un bon présage : il annoncerait la fin imminente du mauvais temps. Il peut cependant aussi précéder la FOUDRE qui peut être « attirée » jusqu'à l'objet pointu d'où la décharge est entretenue. Le nom Saint-Elme et une déformation de saint Érasme, le saint patron des marins méditerranéens. Les marins anglais l'appellent « corposant » ou « cormazant », des noms tirés de l'expression italienne « cormazant », qui signifie « corps sacré » ou « corps de saint ».