Fascisme

Ce terme désigne souvent, dans une acception large, les dictatures militaires et les gouvernements, organisations ou particuliers d'extrême-droite réputés pour leur anticommunisme ou leur antisémitisme violent, ou les deux. Dans le fascisme, ces éléments sont souvent importants (comme la répression sexuelle institutionnalisée et d'ardents préjugés antiféministes, antihomosexuels et pro-familiaux), mais le terme devrait être réservé plus proprement aux mouvements de masse et aux partis politiques qui sont apparus à la fin du XIXe et au début du XXe siècle dans les pays d'Europe à économie capitaliste et ont atteint leur apogée dans l'Italie de Mussolini, l'Allemagne d'Hitler et le Portugal de Salazar. Le fascisme se caractérise par la haine du libéralisme, du socialisme, de la démocratie, de l'internationalisme et du régime parlementaire, par un patriotisme extrême, un nationalisme agressif et une hostilité à l'endroit des autres nations et des autres races, par la glorification du pouvoir, de la violence et de la guerre, par des rêves de conquête et d'expansion, par la nostalgie d'un passé prétendument glorieux, par des associations paramilitaires, par le mythe du chef à qui on attribue des qualités surhumaines et par le choix opportun d'un bouc émissaire (ordinairement les JUIFS) tenu responsable de tous les maux sociaux, nationaux et économiques.

Après la Première Guerre mondiale, les mouvements fascistes deviennent dominants dans les pays qui ont subi des défaites humiliantes, ont perdu de vastes territoires et se sont vu imposer de dures conditions de paix. Un grand thème de tous les mouvements fascistes est la reconquête des colonies et territoires perdus de même que le rétablissement de la situation antérieure à la guerre. Le fascisme n'attire pas que les militaires, mais aussi ceux qui ont perdu leur statut social traditionnel et envisagent l'avenir avec crainte, spécialement dans la petite bourgeoisie. Un facteur essentiel de la montée du fascisme est la crise économique dévastatrice qui fait perdre leur travail à des millions de personnes et menace la sécurité économique de millions d'autres. Différentes conditions sont également importantes : une classe capitaliste qui craint une organisation puissante de la classe ouvrière, des partis socialistes et communistes influents qui semblent sur le point de prendre le pouvoir ainsi que des gouvernements minoritaires faibles et éphémères dans des pays dont les institutions parlementaires et les valeurs socio-démocrates libérales sont chancelantes et dont les dirigeants sont largement discrédités par l'indécision, l'immobilité et la corruption.

Après avoir pris le pouvoir, les partis fascistes suppriment tous les partis d'opposition, interdisent les syndicats indépendants et les grèves, éliminent les médias indépendants, établissent des États à parti unique et réorganisent l'industrie selon un système corporatiste. En pratique, le CORPORATISME réduit grandement les droits des travailleurs tout en renforçant et en protégeant ceux des employeurs. Le fascisme est balayé par la défaite des puissances de l'Axe pendant la Deuxième Guerre mondiale et la longue période de prospérité qui fait suite à la guerre, mais des éléments fascistes sont florissants dans certains pays et survivent dans d'autres.

Au Canada, avant la Deuxième Guerre mondiale, le mouvement fasciste est puissant surtout au Québec avec la montée du Parti de l'unité nationale d'Adrien ARCAND, mais il est pratiquement éteint pendant les années prospères qui suivent immédiatement la fin de la guerre. Beaucoup de nouvelles organisations fascistes apparaissent à la fin des années 60 et au début des années 70. Bien qu'elles comptent très peu de membres, elles continuent d'être très actives pendant les années 80 et 90. Parmi les plus importantes, citons le Heritage Front, le Western Guard, les Aryan Nations, le Parti nationaliste et le KU KLUX KLAN. Ernst Zundel, John Ross Taylor, Paul Fromm et Wolfgang Droege comptent parmi les personnalités marquantes.