Eves, Ernest Larry

 Ernest Larry Eves, « Ernie », homme politique, premier ministre de l'Ontario (Windsor, (Ont), 17 juin 1946). Après de brèves études en sciences politiques à l'Université de Toronto à la fin des années 60, il fréquente la Osgoode Hall Law School et est admis au barreau de l'Ontario en 1972. De retour à Parry Sound (où son père s'est établi quand Eves avait 17 ans), il se marie, exerce le droit et gère l'entreprise de camionnage de sa belle-famille. En 1981, l'emportant par six voix seulement, il fait son entrée à l'assemblée législative provinciale comme député progressiste-conservateur de Parry Sound. Son comté est voisin de Nipissing, le comté d'un autre député nouvellement élu, Mike HARRIS. Déjà amis, les deux hommes en viennent à se considérer comme une petite alliance incarnant les valeurs provinciales et commerciales du nord de l'Ontario, soit l'ardeur au travail, l'épargne et l'indépendance.

Au cours des deux décennies suivantes, les carrières politiques d'E. Eves et de M. Harris sont inextricablement liées. Ils font partie du gouvernement éphémère de Frank Miller en 1985 et E. Eves est un important rouage de la campagne qui conduit Mike Harris à la direction du parti conservateur provincial en 1990. Lorsque ce dernier devient premier ministre en juin 1995, il s'appuie beaucoup sur E. Eves, nommé alors vice-premier ministre et ministre des Finances; exceptionnellement, au cours de la première année du mandat, E. Eves, leader à la chambre dans le parlement provincial de Queen's Park, est aussi responsable des affaires législatives du gouvernement. Le ministre des Finances, aux tenues coûteuses et à la voix râpeuse, est à l'épicentre de la révolution du bon sens du gouvernement Harris, équilibrant le budget tout en réduisant radicalement les impôts, les dépenses et les services. John Ibbitson, correspondant en Ontario du Globe and Mail, écrit en 1997 qu'« il se pourrait bien qu'il n'y ait jamais eu de chef de gouvernement canadien plus intimement lié à un ministre des finances que Mike Harris l'est à Ernie Eves. »

E.Eves démissionne du gouvernement et du parlement de l'Ontario en février 2001 pour devenir vice-président de la banque d'investissement Crédit Suisse First Boston et associé principal dans un important cabinet d'avocats de Toronto. Apparemment à contrecœur, il revient à la vie politique pour se présenter à la direction du parti après l'annonce de M. Harris qu'il se retirera plus tard dans l'année. Au lieu de jouer la carte de son impeccable passé harrissien E. Eves cherche sans y mettre beaucoup de passion ni de conviction, à obtenir l'appui des quelque 100 000 membres du parti et à se distancer de la Révolution du bon sens. «Je suis quelqu'un de responsable sur le plan de la fiscalité et j'ai une forte conscience sociale», se plaît-il à proclamer, en ajoutant qu'il est «un pragmatiste» et non «un idéologue». Élu chef conservateur le 23 mars 2002 avec 54,6 % des voix au deuxième tour, il est assermenté comme 23e premier ministre de la province le 15 avril. Les premières mesures qu'il prend - y compris le budget du 17 juin 2002 qui hausse les dépenses pour les soins de santé et l'éducation et reporte les baisses d'impôts promises aux particuliers et aux entreprises - visent le centre du spectre politique de l'Ontario, regorgeant d'électeurs, et sont largement interprétées dans les médias comme une répudiation de l'héritage de Mike Harris.

Toutefois, aux élections provinciales de 2003, le parti conservateur de monsieur Eves est battu et c'est le parti libéral de Dalton MCGUINTY qui lui succède. E. Eves continue cependant de représenter le comté de Dufferin-Peel-Wellington-Grey.