D'Astous, Roger

Roger D'Astous, architecte (Montréal, 3 mars 1926 - --Montréal, 5 avril 1998). Diplômé de l'École des beaux-arts de Montréal en 1952, il s'inscrit ensuite au Taliesin Fellowship, passant une année dans l'atelier de Frank Lloyd Wright au Wisconsin et en Arizona (août 1952-juillet 1953). Jusqu'à la fin, l'architecture de R. D'Astous s'inspire des principes de Wright, mais progressivement il conçoit des formes originales.

Roger D'Astous entreprend sa carrière à Montréal en 1953. Ses deux premières œuvres sont une maison (maison Laurion, Laval-sur-le-Lac, 1954-55) et une église (Notre-Dame-du-Bel-Amour, Cartierville, 1955-56), deux types d'édifices qui feront sa renommée, car elles jouissent d'un succès immédiat. Les réalisations entre 1955 et 1967 sont deux fois plus nombreuses que durant les 30 autres années de sa carrière. Ses douze églises, caractérisées par une recherche de mystère et de primitivisme, proviennent toutes de cette période. Il construit des maisons luxueuses surtout dans la région montréalaise, mais aussi dans l'est de l'Ontario où il réalise également un nombre de petits édifices commerciaux. Profitant de l'activité fébrile que connaît la construction à Montréal durant les années 60, il construit le Pavillon chrétien à l'Expo 67 (1965-67), la station de métro Beaubien (1962-66) et un grand hôtel, le Château Champlain (1963-67). Durant cette période, il travaille avec Jean-Paul Pothier qui fut son associé de 1965 jusqu'à son décès en 1968.

Le désastre financier dans lequel le Château Champlain plongea Roger D'Astous mit une fin brusque au succès de début de carrière. Entre 1968 et 1976, il ne construit que deux maisons et un immeuble d'habitation (Appartements Saint-Jean, Dollard-des-Ormeaux, 1969-70). Il se consacre alors à certains projets de recherche, dont celui d'un système de construction qu'il appelle « Para-module ». Il s'agit d'un système standardisé de parasols juxtaposés, chacun formant une pyramide inversée posée sur un poteau par lequel s'écoule l'eau. Une maison fut construite selon ce système (maison Larose, Lac Guindon, 1973).

En 1974, R. D'Astous s'associe à Luc Durand, avec qui il travaillera jusqu'à la fin de sa carrière. Leur première commande est celle du Village olympique (1974-76), les deux réalisations les plus ambitieuses de Roger D'Astous, qui, comme le Château Champlain, tourna au cauchemar. Les deux associés furent les victimes innocentes d'un scandale financier qui fit l'objet d'une longue enquête, laquelle paralysa leur activité durant cinq ans.

L'année 1984 marque le début d'une renaissance pour R. D'Astous. Les projets sont relativement peu nombreux et ils concernent presque tous des maisons : cependant cette période est marquée par une nouvelle effervescence de créativité qui durera jusqu'à la fin. Depuis longtemps, il entretenait le projet de concevoir une architecture nordique et canadienne. Le soin est concentré sur le traitement de l'intérieur et celui-ci autant que l'extérieur doit inspirer une idée de protection. Ces maisons sont caractérisées par les grands pans inclinés, les pentes de la toiture descendant souvent jusqu'au niveau du sol. Ces formes originales, déjà apparues dans la maison Lussier (Saint-Bruno, 1963-65), caractérisent toutes ses dernières maisons ainsi que l'immeuble à bureau de l'Institut canadien de recherche en génie forestier (Pointe-Claire, 1993-94).

Durant cette période, l'architecte se voit décerner des prix. La Chambre de Commerce de Montréal lui décerne un certificat d'excellence Habitas pour ses réalisations dans le domaine de l'habitation (1967). L'année suivante, le Conseil canadien du bois lui remet son prix pour la maison Gélinas (Bromont, 1985-87).